Le
retrait israélien de la bande de Gaza a fait l’objet ces derniers
jours d’intenses efforts diplomatiques en vue de garantir
son exécution en coordination avec l’Autorité palestinienne.
Le Caire était le centre de contacts intensifs et de rencontres
entre les deux parties palestinienne et israélienne. C’est
dans ce contexte que sont intervenues les visites du chef
des services de renseignements, Omar Soliman, en Palestine
et en Israël, du chef de la diplomatie égyptienne en Israël,
de Shimon Pérès en Egypte, ainsi que la tournée de Condoleezza
Rice en Palestine, en Israël, en Jordanie, en Egypte et en
Arabie saoudite. Dans l’ensemble de ces rencontres, le dossier
palestinien était fortement présent étant donné qu’il représente
l’essence du conflit arabo-israélien, source de violence et
entrave à l’évolution démocratique de la région.
C’est précisément
dans ce contexte que l’Egypte a entrepris de faire en sorte
que le retrait de la bande de Gaza et le démantèlement de
quatre colonies israéliennes au nord de la Cisjordanie soient
effectués dans le cadre de la Feuille de route.
Côté palestinien,
la diplomatie égyptienne a déployé de grands efforts pour
normaliser la situation interne à travers le dialogue entre
les différentes factions. Il s’agissait de permettre à l’Autorité
de poursuivre dans la sérénité la relance des négociations
avec le gouvernement israélien. L’Egypte poursuit actuellement
son rôle pour régler les désaccords qui divisent les factions
palestiniennes, en particulier le Fatah et le Hamas.
Sur le plan israélien,
l’Egypte a intensifié son activité diplomatique en vue d’encourager
le gouvernement de Sharon pour qu’il poursuive l’application
du plan de retrait, en coordination avec l’Autorité palestinienne.
Concernant les
Etats-Unis, l’Egypte tente de convaincre l’Administration
américaine de la nécessité d’intervenir en faveur de la relance
du processus de paix. La diplomatie égyptienne a entamé des
contacts pour inciter l’Administration Bush à faire pression
sur le gouvernement Sharon afin qu’il respecte ses engagements
pris à Charm Al-Cheikh en février dernier et l’application
de la Feuille de route.
A mon avis, les
efforts de l’Egypte ont conduit à des résultats concrets qui
se sont manifestés par un climat d’apaisement entre les deux
parties et par le dialogue entre les factions palestiniennes.
L’Administration américaine a témoigné d’une position et d’une
vision différentes de celles exprimées à titre d’exemple dans
la « Lettre des garanties » présentée par George Bush à Sharon
en avril 2004. Le président américain et la secrétaire d’Etat
ont déclaré ouvertement leur refus de tout projet prévoyant
la construction ou l’élargissement des colonies israéliennes
en Cisjordanie. Ils ont indiqué que toute modification dans
les frontières palestino-israéliennes doit faire l’objet d’un
accord préalable entre les deux parties.
Ce climat nouveau
a favorisé la tenue du premier sommet entre le président de
l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, et le premier ministre
israélien Ariel Sharon. Cette rencontre, tenue le 21 juin
à Jérusalem-ouest, a abordé les questions-clés et les détails
du plan de retrait de la bande de Gaza et de certaines villes
en Cisjordanie, conformément à l’accord de Charm Al-Cheikh.
Si l’entrevue
des deux responsables représente en soi un pas important,
il est toutefois certain que le processus ne sera pas facile,
vu le penchant du gouvernement israélien pour les manœuvres.
L’Autorité palestinienne et les factions auront à poursuivre
les efforts de concertation et de coordination afin d’épargner
les mauvaises surprises et d’éviter tout ce qui peut offrir
au gouvernement israélien le prétexte de se dérober à ses
obligations.
La poursuite
du processus de règlement et le passage à l’étape de l’après-retrait
présupposent l’existence d’un rôle américain efficace pour
le contrôle de ce processus. D’autant plus que le succès des
efforts de règlement contribuera à l’élimination d’un obstacle
majeur sur la route des réformes dans le monde arabe et à
la régression du phénomène du terrorisme et de la violence.