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L’Egypte et le retrait de la bande de Gaza
Par Ibrahim Nafie

Le retrait israélien de la bande de Gaza a fait l’objet ces derniers jours d’intenses efforts diplomatiques en vue de garantir son exécution en coordination avec l’Autorité palestinienne. Le Caire était le centre de contacts intensifs et de rencontres entre les deux parties palestinienne et israélienne. C’est dans ce contexte que sont intervenues les visites du chef des services de renseignements, Omar Soliman, en Palestine et en Israël, du chef de la diplomatie égyptienne en Israël, de Shimon Pérès en Egypte, ainsi que la tournée de Condoleezza Rice en Palestine, en Israël, en Jordanie, en Egypte et en Arabie saoudite. Dans l’ensemble de ces rencontres, le dossier palestinien était fortement présent étant donné qu’il représente l’essence du conflit arabo-israélien, source de violence et entrave à l’évolution démocratique de la région.

C’est précisément dans ce contexte que l’Egypte a entrepris de faire en sorte que le retrait de la bande de Gaza et le démantèlement de quatre colonies israéliennes au nord de la Cisjordanie soient effectués dans le cadre de la Feuille de route.

Côté palestinien, la diplomatie égyptienne a déployé de grands efforts pour normaliser la situation interne à travers le dialogue entre les différentes factions. Il s’agissait de permettre à l’Autorité de poursuivre dans la sérénité la relance des négociations avec le gouvernement israélien. L’Egypte poursuit actuellement son rôle pour régler les désaccords qui divisent les factions palestiniennes, en particulier le Fatah et le Hamas.

Sur le plan israélien, l’Egypte a intensifié son activité diplomatique en vue d’encourager le gouvernement de Sharon pour qu’il poursuive l’application du plan de retrait, en coordination avec l’Autorité palestinienne.

Concernant les Etats-Unis, l’Egypte tente de convaincre l’Administration américaine de la nécessité d’intervenir en faveur de la relance du processus de paix. La diplomatie égyptienne a entamé des contacts pour inciter l’Administration Bush à faire pression sur le gouvernement Sharon afin qu’il respecte ses engagements pris à Charm Al-Cheikh en février dernier et l’application de la Feuille de route.

A mon avis, les efforts de l’Egypte ont conduit à des résultats concrets qui se sont manifestés par un climat d’apaisement entre les deux parties et par le dialogue entre les factions palestiniennes. L’Administration américaine a témoigné d’une position et d’une vision différentes de celles exprimées à titre d’exemple dans la « Lettre des garanties » présentée par George Bush à Sharon en avril 2004. Le président américain et la secrétaire d’Etat ont déclaré ouvertement leur refus de tout projet prévoyant la construction ou l’élargissement des colonies israéliennes en Cisjordanie. Ils ont indiqué que toute modification dans les frontières palestino-israéliennes doit faire l’objet d’un accord préalable entre les deux parties.

Ce climat nouveau a favorisé la tenue du premier sommet entre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, et le premier ministre israélien Ariel Sharon. Cette rencontre, tenue le 21 juin à Jérusalem-ouest, a abordé les questions-clés et les détails du plan de retrait de la bande de Gaza et de certaines villes en Cisjordanie, conformément à l’accord de Charm Al-Cheikh.

Si l’entrevue des deux responsables représente en soi un pas important, il est toutefois certain que le processus ne sera pas facile, vu le penchant du gouvernement israélien pour les manœuvres. L’Autorité palestinienne et les factions auront à poursuivre les efforts de concertation et de coordination afin d’épargner les mauvaises surprises et d’éviter tout ce qui peut offrir au gouvernement israélien le prétexte de se dérober à ses obligations.

La poursuite du processus de règlement et le passage à l’étape de l’après-retrait présupposent l’existence d’un rôle américain efficace pour le contrôle de ce processus. D’autant plus que le succès des efforts de règlement contribuera à l’élimination d’un obstacle majeur sur la route des réformes dans le monde arabe et à la régression du phénomène du terrorisme et de la violence.

 

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