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Kiosque. La présence en Egypte, la semaine dernière, de la secrétaire d'Etat américain, Condoleezza Rice, continue à occuper la presse égyptienne. Passage en revue des principaux éditoriaux sur le sujet.
Une visite source d'inspiration

Les éditorialistes égyptiens ont publié cette semaine différentes analyses sur la récente visite de la secrétaire d'Etat américain, Condoleezza Rice, au Caire. Tout le monde était critique. Chacun suivant son point de vue et sa tendance politique. Par exemple, pour Ahmad Al-Berri, écrivain du quotidien national Al-Ahram, cette visite a suscité diverses réactions. « Certains estiment qu'il s'agit d'une simple visite d'une personnalité importante de l'unique superpuissance au monde. D'autres voient plutôt qu'il s'agit d'une visite ayant des objectifs bien précis, à savoir imposer des modèles de réformes que les Etats-Unis jugent adéquats pour les pays qui ne connaissent toujours pas la démocratie », différencie Al-Berri. Le journaliste d'Al-Ahram qui, visiblement, fait partie de la deuxième catégorie, a mis l'accent sur les rencontres qu'a eues Mme Rice avec des personnalités égyptiennes en marge de sa visite. Mettant ainsi ces personnalités sur la liste des gens non dignes de confiance. « Les Etats-Unis ont déjà accordé leur soutien à des parties dirigées par des personnalités sur lesquelles pèsent des soupçons. Et, à chaque rencontre de ce genre, ces gens sautent sur l'occasion afin d'obtenir des aides américaines au nom du développement, de la réforme et du soutien de leurs centres qui soi-disant servent la société », critique Al-Berri. Il met finalement en garde contre les contacts que mènent « des individus avec des parties étrangères » et qui n'ont rien à voir avec la liberté et la démocratie et qui ont déjà eu des effets négatifs sur plusieurs pays dans la région.

Quant à Abdallah Al-Sennawi, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Al-Arabi, organe du Parti nassérien (gauche), il a jugé cette visite d'« éprouvante » et « humiliante » pour le régime égyptien. « La visite de Mlle Condi en Egypte ressemblait à une pièce de théâtre avec un seul acteur présentant un long monologue à travers lequel il ordonne à ses spectateurs ce qu'ils doivent faire. En fait, elle était la seule à décider le volume des pressions à exercer sur le régime égyptien et des critiques qui lui sont adressées », écrit Al-Sennawi. Et de poursuivre : « Ce qui prête à rire dans cette situation est que ceux qui sont restés comme des élèves face à la secrétaire d'Etat, pour écouter dans le calme et le respect ses prescriptions politiques, nous ont fatigués avec leurs slogans sur le refus de l'ingérence étrangère dans les affaires internes ». Le rédacteur en chef a clôturé son article par un conseil qu'il a adressé au gouvernement : « Si nous n'avons pas confiance en soi et en nos droits en tant que peuple qui mérite la liberté, il ne faut pas croire que les droits démocratiques seront largués sur nous à partir de la Maison blanche ».

Pour sa part, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire indépendant Al-Osboue, Moustapha Bakri, a critiqué la visite de Rice, y trouvant la cause d'un changement dans la politique sécuritaire. « Deux jours après la visite bénie de Mlle Condi, la couleur de la vie au Caire a complètement changé. En fait, la scène traditionnelle à laquelle nous nous sommes habitués a disparu des rues de la capitale. Les blindés de la sécurité centrale et les membres des forces de sécurité couverts d'armes ont complètement disparu. Ce n'est que maintenant qu'ils ont eu confiance dans le peuple égyptien et l'ont laissé manifester librement ! », lâche Bakri. Selon lui, le seul commentaire possible sur cette situation est de dire : « Barakatek ya sett (Que tu sois bénie ô dame patronnesse) » .

Yolande Youssef
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Défis

L’élection d’un nouveau Parlement dominé par une coalition anti-syrienne met pratiquement fin à dix mois de crise au Liban, mais les défis économiques et politiques que doit affronter le pays du Cèdre pour sortir de l’ornière restent immenses.

Débarrassés de la tutelle syrienne, les responsables libanais ne prendront pas cette fois le chemin de Damas pour recevoir les directives sur la conduite des affaires du pays, comme il était coutume depuis trois décennies lors de chaque échéance importante. Mais s’il a gagné en souveraineté, le Liban n’est toujours pas à l’abri de violences visant à le déstabiliser ainsi que l’a montré l’assassinat, le 21 juin à Beyrouth, de l’ancien dirigeant du Parti communiste libanais, Georges Hawi.

Ce nouvel acte de violence intervient alors que les Etats-Unis et l’Union européenne ont annoncé la semaine dernière qu’ils envisageaient de convoquer une conférence internationale pour aider économiquement le Liban, une fois que le gouvernement issu des élections aura présenté son plan de réformes. Le Liban est confronté à une dette publique de 35,5 milliards de dollars qu’alourdit une administration pléthorique, alors que la croissance est en chute en raison de la crise qui sévit depuis septembre et qui a connu son point culminant avec l’assassinat en février de l’ex-premier ministre Rafiq Al-Hariri. La crise économique touche surtout les jeunes, forcés à émigrer.

Sur le plan politique, l’application de la résolution 1 559 du Conseil de sécurité de l’Onu, et surtout l’adoption d’un nouveau système électoral réclamée par un grand nombre de députés, devraient constituer les principaux casse-tête du nouveau gouvernement et de cette législature. Mais le poids du Hezbollah à l’assemblée et son alliance électorale avec le mouvement chiite Amal, dirigé par le président du Parlement, Nabih Berri, rendent difficile la mise en œuvre de la clause de la 1 559 relative au désarmement de ses combattants. Washington veut que l’application de cette résolution figure dans le programme du nouveau gouvernement, une demande qui risque de poser problème.

Les suites de l’enquête de la commission de l’Onu sur l’assassinat de Rafiq Al-Hariri sont également de nature à influer sur la stabilité du pays. Une partie de l’opposition anti-syrienne, notamment le leader et député druze Walid Joumblatt, réclame la démission du président Emile Lahoud. Mais celle-ci ne semble pas de mise actuellement. D’autant plus qu’il n’existe pas au Parlement une majorité des deux tiers pour lancer un processus de destitution .

 

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