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Libye. Profitant de la vague réformiste, l’opposition libyenne a organisé à Londres une réunion réclamant le départ de Kadhafi. Une manière de réaffirmer sa présence sur la scène politique.

L’opposition veut faire entendre sa voix

L’opposition libyenne en exil a affiché lundi sa détermination à se débarrasser du colonel Kadhafi par des moyens pacifiques, refusant l’idée de revenir à Tripoli « sur des chars américains », à l’issue de sa première rencontre organisée à Londres. Concluant deux jours de débats samedi et dimanche, Achour Ben-Khaial, le président de la conférence, a souligné la nécessité d’établir la démocratie en Libye « via des moyens pacifiques », en « encourageant le peuple à descendre dans la rue ». En effet, l’opposition libyenne ne veut pas d’intervention étrangère. Ali Tarhouni, l’un des 300 délégués venus à Londres, a déclaré : « Nous ne voulons pas d’une solution comme en Afghanistan ou en Iraq, nous ne voulons pas revenir dans notre pays sur des chars américains ».

L’opposition organise son programme autour de trois objectifs principaux, à savoir : la fin du régime Kadhafi, la formation d’un gouvernement de transition et l’installation d’un gouvernement constitutionnel démocratiquement élu. « Bien sûr, nous n’avons aucun contrôle en ce qui concerne notre demande de mettre fin au règne de Kadhafi, mais une fois que ce régime aura pris fin, le gouvernement de transition devrait rester en place deux ans, au maximum », a déterminé le chargé de communication pour le Front National pour le Salut de la Libye (FNSL). La première tâche de ce gouvernement serait de réviser la Constitution de 1951, abandonnée par le colonel Kadhafi, et de la soumettre à référendum. Puis, il lui faudra assurer un système de transfert pacifique du pouvoir, au sein d’un régime respectant le pluralisme politique.

Pour Mohamad Bachir Salah, l’un des organisateurs de cette réunion, l’intérêt du congrès est aussi de réunir « toutes les tendances de l’opposition libyenne pour faire pression sur le colonel Kadhafi ». Toutefois, la réunion a été marquée par l’absence d’une tranche importante de l’opposition libyenne, à savoir les Frères musulmans. Ces derniers, qui étaient l’un des principaux acteurs de la préparation de cette réunion, ont boycotté in extremis la conférence, sous prétexte que le projet de déclaration finale n’était pas assez ambitieux. Ils ont déclaré qu’ils s’attendaient à des solutions plus radicales couvrant les réformes politiques, économiques et sociales. De son côté, Gomaa Al-Qoumati, membre du Forum libyen de développement humain et politique, a critiqué la faiblesse du projet de réforme « qui ne traite pas la racine du problème en Libye ». Selon lui, il s’agit d’un projet purement théorique, émotionnel et résumant la solution de la crise libyenne dans la simple élimination du symbole du pouvoir.

Inès Eissa

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