Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Soudan. Les affrontements entre le gouvernement et les groupes rebelles qui lancent une offensive majeure contre l’armée régulière dans la région de la mer Rouge font naître des craintes d’un nouveau conflit dans l’est du Soudan.
Nouveau front

Juste au moment où l’ouest soudanais a commencé à connaître un calme relatif avec l’ouverture il y a deux semaines des pourparlers de paix d’Abuja sur le Darfour, une nouvelle crise a surgi mais cette fois-ci à l’est. Des rebelles de l’est du Soudan ont une nouvelle fois, samedi, accusé le gouvernement de Khartoum d’avoir mené des bombardements aériens sur des populations civiles près de la localité de Tokar (est).

« Ces bombardements sont une punition infligée à la population par le gouvernement de Khartoum car ils ont échoué sur le terrain », a affirmé à Asmara Salah Barqueen, l’un des dirigeants de la rébellion du Front de l’est. « Ils bombardent des civils car ils n’ont pas réussi à faire face à nos troupes, ils ne bombardent pas nos troupes car ils ont peur de se faire descendre par notre défense », a encore déclaré M. Barqueen, tout en précisant que les forces rebelles n’ont pas encore réussi à prendre Tokar. Celle-ci, où les rebelles affrontent les forces gouvernementales depuis plus d’une semaine, se trouve à 120 kilomètres au sud de Port-Soudan, le principal port du pays, situé sur la mer Rouge. Les rebelles avaient attaqué, le 19 juin, des positions gouvernementales au sud de Port-Soudan et affirment avoir fait des avancées significatives depuis.

M. Barqueen a également accusé Khartoum d’avoir acheminé dans l’est des forces spéciales, les mêmes qui avaient tué des manifestants à Port-Soudan en janvier. Les rebelles accusent Khartoum de poursuivre une stratégie similaire à celle adoptée dans la région troublée du Darfour.

Selon les analystes, la rébellion de l’est, latente depuis des années, essaye de tirer profit des négociations en cours sur le Darfour. Elle a trouvé que seules l’escalade et l’action militaire pourraient faire pression sur le régime et attirer l’attention de la communauté internationale sur leurs revendications.

La rébellion du Front de l’est est née de la fusion, en février, de deux mouvements rebelles, le Congrès Beja et les Lions Libres, qui accusent Khartoum de marginaliser leur région et de ne pas chercher à développer ses infrastructures. Le Congrès Beja, qui représente la majorité du Front de l’est, a pris les armes contre Khartoum dès 1994 et contrôle aujourd’hui une région au nord de Kassala près de la frontière érythréenne. Depuis 1994, des heurts sporadiques ont lieu dans la région. En février, le Congrès Beja et les Rashaidas du mouvement Lions Libres ont fusionné pour former le Front de l’est.

Néanmoins, Khartoum a qualifié d’« infondées » ces accusations, affirmant que « le gouvernement s’est engagé à protéger la propriété et la vie des citoyens ». Le gouvernement « n’a pas utilisé d’avions et n’a pas lancé d’attaque aérienne contre aucune région de l’est du Soudan », a souligné le porte-parole du gouvernement.

Un porte-parole militaire soudanais a admis que les troupes gouvernementales étaient actives dans la région, tout en insistant sur le fait qu’il s’agissait d’opérations de recherche « des restes des forces rebelles qui ont attaqué Tokar ».

Le Soudan est allé même jusqu’à déposer plainte lundi au Conseil de sécurité de l’Onu contre l’Erythrée, l’accusant de chercher à le déstabiliser en encourageant cette rébellion. La plainte concerne « le régime érythréen et ses pratiques irresponsables visant à déstabiliser le Soudan et à miner le processus de paix en cours », souligne l’agence soudanaise.

Le Soudan accuse l’Erythrée voisine, où est basé le Front de l’est, de soutenir l’offensive lancée à l’aide d’un armement lourd et d’engins motorisés. « L’attaque a eu lieu à environ 70 km de la frontière (avec l’Erythrée). Une force d’opposition ne peut aller aussi loin à l’intérieur du territoire soudanais sans avoir un soutien logistique qui peut être fourni par l’Erythrée ».

Plusieurs milliers de réfugiés érythréens vivent au Soudan, et Asmara a accusé à plusieurs reprises Khartoum de les persécuter. Le gouvernement soudanais a imputé en retour à son voisin un soutien aux rebelles. Asmara rejette régulièrement ces accusations, et affirme ne leur offrir qu’un soutien politique .

Rania Adel

Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631