C’est pour ces raisons que le ministre marocain
de la Communication, M. Mohamed Nabil Benabdellah, a réitéré
la pleine disposition de son pays à dégager une solution politique
globale et définitive à la question du Sahara dans le cadre
des Nations-Unies, jeudi soir à Monaco, à l’ouverture de la
16e session du Forum Crans Montana. Cette conférence de trois
jours a réuni des centaines de chefs d’Etat et de gouvernement,
de ministres, de représentants d’organisations internationales
et de décideurs du monde des affaires et de la finance. L’homme
politique tentait ainsi d’adoucir un climat actuellement bouillonnant.
Il est vrai que depuis plus d’un mois, les événements sur
le thème du Sahara ponctuent l’actualité. Des milliers de
Marocains se sont rassemblés dernièrement à Paris, Ottawa,
Francfort, Madrid, Barcelone et Gibraltar pour exprimer leur
attachement à l’intégrité territoriale en pointant du doigt
le régime algérien qui, selon eux, est responsable d’une mascarade
séparatiste et de la misère de plusieurs centaines de séquestrés
sahraouis dans les camps de Tindouf au sud-est algérien.
La chape de plomb du Maroc sur le Sahara
occidental n’a jamais cessé d’être maintenue, en témoignent
les récents événements à Al-Ayoun, où pour la quatrième fois
depuis les soulèvements sahraouis de mai dernier, une délégation
espagnole s’est vu refuser l’accès par les autorités marocaines
au territoire. « Quelque chose de très grave a dû se passer
sur place », estimait l’un des membres de la délégation andalouse
refoulée, pour expliquer ce refus d’accès, ajoutant que le
gouvernement de José Luis Zapatero doit « réviser ses relations
avec le Maroc, parce qu’il y a des motifs pour avoir des doutes
très sérieux » sur l’attitude marocaine.
Autre fait marquant, le premier ministre
algérien, Ahmed Ouyahia, s’apprêtait à effectuer une visite
au Maroc le 21 juin dernier, mais elle a été annulée, qualifiée
« d’inopportune » par Rabat. « Les prises de position affichées
ces dernières semaines par les autorités algériennes sont
en nette contradiction avec les objectifs de normalisation
bilatérale, de rapprochement entre les deux peuples frères
et de relance effective de l’UMA », justifiait un communiqué
du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération.
Réagissant aux évolutions des relations entre
les deux pays, Mohamed Bedjaoui, nouveau ministre algérien
des Affaires étrangères, a quant à lui tenté de prôner l’apaisement
en déclarant jeudi : « L’Algérie, peuple et gouvernement,
ne nourrit que des sentiments de fraternel respect pour le
Maroc, elle espère bâtir avec ce pays frère des relations
fécondes et à l’abri d’une gestion étroitement conjoncturelle
». En aparté avec la presse, Mohamed Bedjaoui a précisé :
« dans leur sagesse », Bouteflika et Mohamed VI ont décidé
de laisser la question du Sahara occidental aux compétences
de l’Onu.
La situation actuelle semble donc encore
plus qu’hier définitivement floue et incertaine, la preuve
en est que même les Nations-Unies n’ont jamais semblé en mesure
d’être un arbitre de taille. D’autant plus que Kofi Annan,
secrétaire général de l’Onu, semble avoir du mal à trouver
un diplomate capable d’assumer la responsabilité du dossier
du Sahara depuis la démission de James Baker .