Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Arts

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Cinéma . Qui sont ces jeunes qui écrivent le nouveau cinéma, accumulant des recettes par millions ? Pourquoi dérangent-ils sans manquer de remporter beaucoup de succès ? La réponse à ces questions implique en quelque sorte de redessiner la carte du cinéma, en esquissant les portraits des quatre scénaristes les plus en vue.
Les nouveaux jokers

Il a 10 films à son actif et est considéré comme le pionnier des scénaristes du cinéma jeune, lancé dès 1991.

Avec un scénario médiocre, creux et plein d’exagération dramatique, le film Ismaïliya rayeh gay (Ismaïliya aller retour) a fait l’événement en cette année-là. Il a canonisé ses héros, lancés au devant de la scène. Ce film, qui a fait date, a baptisé l’expression Al-Cinéma al-nazifa (Le cinéma propre, c’est-à-dire conservateur). « J’ai l’honneur d’être le premier à introduire les nouveaux scénaristes sur scène. Celle-ci a été longtemps dominée par deux ou trois noms », dit Al-Beih, non sans fierté. Il continue ensuite, justifiant la réussite inattendue de son premier film. « Le scénario d’Ismaïliya aller retour présentait des

types de jeunes qu’on trouve partout en Egypte. Des prototypes loin de la femme invincible ou du jeune premier traditionnel qui avaient fini par lasser le public ».

Devenu très prisé sur le marché cinématographique, Al-Beih a perdu de son éclat au fil des années. Ses scénarios sont faiblement construits et ses intrigues s’avèrent sans nouveauté. Ayant signé plusieurs films interprétés par les chanteurs Mohamad Fouad et Moustapha Qamar, il entre cet été en compétition avec son film Ahlam omréna (Les rêves de notre vie). « Je tiens aux thèmes simples communs aux différentes classes de la société. C’est ce genre de scénarios proches des sentiments qui fait la réussite de mes œuvres », dit-il.

 

Khalti Faransa (Ma Tante Faransa), Al-Pacha telmize (Son Excellence est un étudiant), Abou-Ali ont porté sa signature. Bilal Fadl a connu, comme le reste de sa génération, l’admiration du public et l’indignation des critiques. Ces derniers trouvent dans les scénarios de Fadl une technique d’écriture qui tient, mais qui est assez creuse, souvent vide de tout contenu. La projection de Khalti Faransa lui a attiré les foudres des spécialistes. Journaliste à l’origine, il conçoit la critique autrement. « Je crois à la parole de Bernard Shaw disant que les critiques sont des gens inactifs, comme les petits oiseaux qui se nourrissent des miettes que laissent tomber les créateurs. Mon travail de journaliste fait que je passe outre la critique et l’avis du public. Je n’écoute que ma voix interne et je n’en fais qu’à ma tête ! ».

Ayant débuté sa carrière en 2002 par le film Haramiya fi KG2 (Voleurs au jardin d’enfant), il n’a pas tardé à se forger la réputation du scénariste le plus productif de sa génération. Il suffit de savoir que quatre films parmi ceux projetés l’an dernier portaient sa griffe, à savoir : Al-Pacha telmize, Sayie bahr (Très débrouillard), Khalti Faransa et Abou-Ali. Durant cet été, deux de ses films sont en projection : Ali Spicy (Ali l’épicé) et Sayed Al-Atefi (Sayed le romantique). Bien qu’il rejette la critique, Fadl se permet quand même de lancer des quolibets aux autres. « J’essaye de faire rire le public sur ses propres problèmes. J’essaye de diversifier pour ne pas tomber dans le même piège que Tamer Habib lequel ne parle que d’une classe qui ne représente que 10 % de la société. Il décrit les personnages qu’on aimerait être et non des gens issus de la réalité ».

 

Al-Lembi est le mot de passe qui lui a ouvert toutes les portes. Ce personnage, qui a fait son apparition à travers Al-Nazer, a prêté ensuite son nom à une comédie, signée Ahmad Abdallah.

« Al-Lembi n’est-il pas un personnage que l’on rencontre dans les rues égyptiennes ?, s’interroge le scénariste. Ceux qui m’ont critiqué, dénonçant ce personnage comme vicieux, pourquoi n’ont-ils guère décrié les fétéwas (Gueux) du cinéma égyptien des années 1950 et 60, ou encore des personnages comme Abou-Lamëa, (l’imposteur) ? Au moins, Al-Lembi évoquait des sujets réalistes ! ». Il paraît que le comédien Mohamad Héneidi a été le dénominateur commun entre tous ces nouveaux scénaristes. Pour ce qui est d’Ahmad Abdallah, il lui a donné la chance de sa vie en persuadant son producteur de lui céder le scénario des films Askar fil moaskar (Askar au camp) puis Foul al-Sine al-azim. Cette saison, l’on retrouve le même duo, à travers Yana ya khalti (Ou Moi ou ma tante) en concurrence avec un autre film écrit également par Abdallah, Eyal habbiba (Des jeunes Valentins). « Je connais Héneidi depuis fort longtemps. Encore étudiant, il m’avait demandé d’écrire un poème d’amour à sa copine. On était de la même promotion à l’Institut du cinéma, avec les comédiens Alaa Walieddine et Achraf Abdel-Baqi ». Malgré la banalité des thèmes abordés, Ahmad Abdallah, qui a étudié la mise en scène à l’Institut du cinéma, n’arrive pas à dissimuler sa colère face aux critiques. II semble croire en ce qu’il fait.

« Nous sommes une génération chanceuse et victime. Nous avons eu la chance de réaliser des films qui ont remporté des millions, mais nous sommes victimes de critiques acerbes. Nous avons le droit de nous exprimer à travers un langage qui nous est propre ». Il en est persuadé.

 

Tamer Habib a fait un tabac avec la sortie de deux films en 2002-2003, Sahar al-layali (Nuits blanches) et Hob al-banat (L’amour des filles). Deux scénarios qui ont été au box-office, avec des trames bien tissées. Basé sur l’idée des couples et du Happy End, Sahar al-layali se distinguait des autres productions. Contrairement à Bilal Fadl, Habib refuse de faire plonger le public dans la comédie.

« Je crois toujours que la qualité peut résister. Je tiens à présenter des scénarios sérieux mais simples, sans verser dans les effets comiques ». Il se démarque du reste de sa génération. Du coup, il met plus de temps à écrire ses films et ne présente rien actuellement dans les salles. Fin la trentaine, il semble connaître son chemin.

Yasser Moheb

Retour au Sommaire

Sous le thème
de la jeunesse
Afin de promouvoir les films réalisés ou interprétés par les jeunes, la deuxième édition du Festival de Fayoum présente 60 films de 7 pays différents, du 25 juin au 1er juillet.

Les films réalisés ou joués par des jeunes sont aujourd’hui à la mode. Pourtant, ils sont loin de faire l’unanimité. C’est pourquoi une dizaine d’écrivains et de cinéastes organisent un festival destiné à revigorer l’image de cette nouvelle tendance dans le cinéma égyptien. « Ce festival vise à combler le fossé entre les diverses cultures internationales à travers les œuvres signées par la jeune génération qui est la force motrice de tous les genres artistiques », raconte Dessouqi Saïd, président du Festival international de Fayoum pour le cinéma des jeunes. Il poursuit : « Le cinéma en Egypte, comme partout dans le monde, témoigne d’une période de renouvellement, soit à travers les idées qui sont présentées à l’écran, soit à travers l’usage de la haute technologie de production. Cela étant, il est indispensable d’encourager cette jeune force créatrice. Il faut essayer de la guider au lieu de l’attaquer ou de la critiquer ».

Première manifestation du genre dans la région, le Festival de Fayoum a donc pour but de promouvoir les films de la jeunesse. Pendant six jours, du 25 juin au 1er juillet, 60 films signés ou interprétés par des jeunes du monde entier seront projetés. La sélection regroupe sept pays : la France, le Canada, l’Autriche, l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal et l’Egypte.

« Cette édition rend hommage au jeune comédien récemment décédé Abdallah Mahmoud. Le trophée du festival ira à sa famille. Son dernier film Wahed Capuccino (Un Capuccino) de Samih Mansi sera projeté, ainsi que le film Al-Embrator (L’Empereur) où il a joué devant Ahmad Zaki », indique Dessouqi Saïd.

Le festival rendra également hommage à un grand nombre de personnalités qui ont contribué à enrichir la scène cinématographique au cours de ces dernières années. Madkour Sabet, président de l’Académie des arts, les réalisateurs Samir Seif, Tareq Al-Eriane, Mohamad Al-Naggar et Hachem Al-Nahhas, le distributeur Antoine Zend et les comédiens Ahmad Al-Saqqa, Safaa Aboul-Séoud, Ahmad Rizq et Magued Al-Masri en font partie. Aussi, des débats seront organisés afin d’évoquer le thème de cette manifestation.

Au-delà des productions de jeunes, le festival reviendra sur des œuvres ayant marqué le cinéma en général. Des films européens tels le film canadien Invasions barbares et le film français Bon voyage seront lancés lors de cette édition. Enfin, beaucoup d’artistes seront présents et pourront dialoguer avec le public en exposant leur travail.

Yasser Moheb
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631