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Téléphonie mobile . La publication prochaine du cahier des charges pour la création d’un réseau de téléphonie mobile de nouvelle génération suscite l’appétit des opérateurs présents sur le marché, mais aussi celui d’autres pays.
Les charmes de la 3G

Le marché des télécommunications en Egypte se prépare à un changement majeur avec la création d’un nouveau réseau de téléphonie mobile utilisant la technologie de troisième génération, baptisée 3G. Le ministre des Télécommunications, Tareq Kamel, a affirmé que dans un mois, son cahier des charges sera disponible. « Les sociétés nationales et internationales pourront ainsi participer à la mise en concurrence pour l’acquisition de la licence du troisième réseau début 2006. Le service serait ensuite proposé dans le courant du deuxième trimestre 2007 », a-t-il annoncé. Selon Kamel, le prix de la licence sera de 2,5 milliards de L.E. et devra être payé à l’Etat.

Plusieurs investisseurs locaux et internationaux ont dévoilé leur intention d’investir dans ce troisième réseau. Pour le moment, des sociétés canadienne, indienne et émiratie ont affirmé mener des investigations avant de présenter leurs offres. Un journal indépendant, Al-Fagr, a affirmé qu’Atef Ebeid, l’ex-premier ministre égyptien, chercherait aussi avec Al-Kharafi, le milliardaire koweïtien, à se lancer dans cet investissement.

Alaa Fahmi, président de l’ART (Autorité de Régulation des Télécommunications), ébauche un secteur en épanouissement : « Le marché du portable est énorme et le taux de pénétration dépasse toutes les prévisions. L’augmentation annuelle du nombre des usagers est de 25 % et ils sont 9,5 millions cette année en Egypte. Ces indices encourageront plusieurs investisseurs à participer à l’appel d’offres pour le troisième opérateur ». Il se réjouit également de la concurrence qui découlera de cet appel d’offres sur marché actuellement partagé entre deux opérateurs, Vodafone et MobiNil.

« La concurrence implique de meilleurs services avec une fourchette de prix variés », avance-t-il, laissant ainsi entrevoir que le service de 3G sera beaucoup plus cher que la technologie GSM proposée actuellement.

Vodafone Egypt a organisé plusieurs conférences de presse pour exposer le développement de son réseau et l’amélioration de ses services. Elle fait entendre que la maison mère, Vodafone International, n’exclut pas de participer à la 3G égyptienne. Ola Fahmi, responsable des relations publiques chez Vodafone Egypt, souligne que la société a déjà un atout de taille avec son expertise : « Vodafone a déjà installé des réseaux 3G à l’étranger. On attend seulement le cahier des charges égyptien pour l’étudier et prendre la décision propice », dévoile-t-elle à l’Hebdo.

Des affirmations que MobiNil ne commente pas. Cependant, Naguib Sawirès, son PDG, a souligné que rien ne l’empêchait de se lancer dans la course à la licence de la 3G. MobiNil fait partie d’une société holding, Orascom Telecom, une des plus actives en Bourse, et des plus performantes dans le domaine dans la région du Moyen-Orient et du nord de l’Afrique. Chez Telecom Egypt, unique opérateur de téléphonie fixe, les responsables se disent prêts à participer au nouveau réseau mais disent vouloir procéder d’abord à des études, notant que Telecom Egypt devrait céder sa part dans Vodafone, soit le quart des actions, au cas où elle participerait au nouveau réseau.

Le lancement de ce troisième réseau a été ajourné à maintes reprises depuis 2001 en raison, selon Tareq Kamel, d’une conjoncture politique et économique défavorable. « La baisse des investissements mondiaux et nationaux sur le marché des télécommunications, la guerre en Iraq et son influence sur la stabilité politique dans la région n’a pas rassuré les investisseurs », explique-t-il. « A l’époque, 20 sociétés internationales avaient refusé d’investir dans ce réseau et il était impossible à l’Etat d’assumer seul les coûts qui s’élevaient, d’après les estimations de 2000, à 220 millions de dollars », ajoute Kamel.

Sabah Sabet

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