Plusieurs
investisseurs locaux et internationaux ont dévoilé leur intention
d’investir dans ce troisième réseau. Pour le moment, des sociétés
canadienne, indienne et émiratie ont affirmé mener des investigations
avant de présenter leurs offres. Un journal indépendant, Al-Fagr,
a affirmé qu’Atef Ebeid, l’ex-premier ministre égyptien, chercherait
aussi avec Al-Kharafi, le milliardaire koweïtien, à se lancer
dans cet investissement.
Alaa Fahmi, président de l’ART (Autorité de
Régulation des Télécommunications), ébauche un secteur en épanouissement
: « Le marché du portable est énorme et le taux de pénétration
dépasse toutes les prévisions. L’augmentation annuelle du nombre
des usagers est de 25 % et ils sont 9,5 millions cette année
en Egypte. Ces indices encourageront plusieurs investisseurs
à participer à l’appel d’offres pour le troisième opérateur
». Il se réjouit également de la concurrence qui découlera de
cet appel d’offres sur marché actuellement partagé entre deux
opérateurs, Vodafone et MobiNil.
« La concurrence implique de meilleurs services
avec une fourchette de prix variés », avance-t-il, laissant
ainsi entrevoir que le service de 3G sera beaucoup plus cher
que la technologie GSM proposée actuellement.
Vodafone Egypt a organisé plusieurs conférences
de presse pour exposer le développement de son réseau et l’amélioration
de ses services. Elle fait entendre que la maison mère, Vodafone
International, n’exclut pas de participer à la 3G égyptienne.
Ola Fahmi, responsable des relations publiques chez Vodafone
Egypt, souligne que la société a déjà un atout de taille avec
son expertise : « Vodafone a déjà installé des réseaux 3G à
l’étranger. On attend seulement le cahier des charges égyptien
pour l’étudier et prendre la décision propice », dévoile-t-elle
à l’Hebdo.
Des affirmations que MobiNil ne commente pas.
Cependant, Naguib Sawirès, son PDG, a souligné que rien ne l’empêchait
de se lancer dans la course à la licence de la 3G. MobiNil fait
partie d’une société holding, Orascom Telecom, une des plus
actives en Bourse, et des plus performantes dans le domaine
dans la région du Moyen-Orient et du nord de l’Afrique. Chez
Telecom Egypt, unique opérateur de téléphonie fixe, les responsables
se disent prêts à participer au nouveau réseau mais disent vouloir
procéder d’abord à des études, notant que Telecom Egypt devrait
céder sa part dans Vodafone, soit le quart des actions, au cas
où elle participerait au nouveau réseau.
Le lancement de ce troisième réseau a été ajourné
à maintes reprises depuis 2001 en raison, selon Tareq Kamel,
d’une conjoncture politique et économique défavorable. « La
baisse des investissements mondiaux et nationaux sur le marché
des télécommunications, la guerre en Iraq et son influence sur
la stabilité politique dans la région n’a pas rassuré les investisseurs
», explique-t-il. « A l’époque, 20 sociétés internationales
avaient refusé d’investir dans ce réseau et il était impossible
à l’Etat d’assumer seul les coûts qui s’élevaient, d’après les
estimations de 2000, à 220 millions de dollars », ajoute Kamel.