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Le printemps prendra-t-il fin ?
Par Mohamed Sid-Ahmed
Des mouvements de protestation réclamant le changement dans notre société se sont récemment fait entendre : Médecins pour le changement, Journalistes pour le changement, Hommes de lettres pour le changement, Femmes pour le changement. Bref, toute notre société appelle au changement !

L’interprétation logique de ce phénomène réside dans l’idée que nous nous trouvons au seuil d’une phase de fluidité sociale. Le gel a enfin fondu après avoir pour de longues années empêché n’importe quel développement réel. Et au moment où nous avons continué à souffrir de cette inertie, le monde se développait à une vitesse vertigineuse avec la chute du rideau de fer, la fin de la guerre froide, la libération de l’Europe de l’Est de l’emprise du règne totalitaire et l’orientation de ses peuples vers la liberté et la démocratie parlementaire.

Cependant, ces vagues de changement qui ont envahi le monde, balayant beaucoup de contraintes avec la révolution de la communication et le phénomène de mondialisation, n’ont pu nous toucher qu’après le 11 septembre. Plus encore, les forteresses de la réaction ne se sont hélas écroulées qu’après ces événements. Evènements ayant ébranlé les bases mêmes de l’Occident par ces actes désespérés commis par des groupes religieux prohibés et pourchassés dans leurs propres sociétés. C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les explosions terrifiantes de New York et de Washington organisées par ces mêmes groupes que les Etats-Unis avaient abrités. Même cas pour les Talibans, partisans puis ennemis des Etats-Unis. N’oublions pas que ces derniers se sont retournés contre leurs alliés traditionnels dans le monde arabe, pensant que le sous-développement de ces sociétés était la raison de l’émergence des forces terroristes. Il paraît donc que le changement était latent, attendant le moment propice pour surgir. C’est pourquoi les appels au changement ont émané de forces non-tradionnelles et non pas des partis politiques. Plus encore, les vraies forces de changement ont jailli de sources différentes que certains considèrent comme difficiles à comprendre, voire inacceptables, comme le mouvement Kéfaya. Nul ne peut prédire si ces appels seront violemment réprimés ou s’ils seront renforcés par les conjonctures externes et internes. D’aucuns s’attendent à ce que le printemps de la liberté prenne soudainement fin exactement comme il a pris naissance. Surtout qu’il s’agit d’un stade de maturité démocratique qui a tardé à venir conformément aux critères du monde qui nous entoure et qui s’est libéré depuis les années 1990 de ses chaînes politiques. Le monde arabe est donc le dernier à joindre ce train qui se lance à une vitesse vertigineuse. Toutefois, il se peut que cette tentative soit le véritable début d’une phase qui cache beaucoup de surprises.

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