Des mouvements de
protestation réclamant le changement dans notre
société se sont récemment fait entendre : Médecins
pour le changement, Journalistes pour le changement,
Hommes de lettres pour le changement, Femmes pour
le changement. Bref, toute notre société appelle
au changement !
L’interprétation
logique de ce phénomène réside dans l’idée que
nous nous trouvons au seuil d’une phase de fluidité
sociale. Le gel a enfin fondu après avoir pour
de longues années empêché n’importe quel développement
réel. Et au moment où nous avons continué à
souffrir de cette inertie, le monde se développait
à une vitesse vertigineuse avec la chute du
rideau de fer, la fin de la guerre froide, la
libération de l’Europe de l’Est de l’emprise
du règne totalitaire et l’orientation de ses
peuples vers la liberté et la démocratie parlementaire.
Cependant,
ces vagues de changement qui ont envahi le monde,
balayant beaucoup de contraintes avec la révolution
de la communication et le phénomène de mondialisation,
n’ont pu nous toucher qu’après le 11 septembre.
Plus encore, les forteresses de la réaction
ne se sont hélas écroulées qu’après ces événements.
Evènements ayant ébranlé les bases mêmes de
l’Occident par ces actes désespérés commis par
des groupes religieux prohibés et pourchassés
dans leurs propres sociétés. C’est dans ce contexte
qu’ont eu lieu les explosions terrifiantes de
New York et de Washington organisées par ces
mêmes groupes que les Etats-Unis avaient abrités.
Même cas pour les Talibans, partisans puis ennemis
des Etats-Unis. N’oublions pas que ces derniers
se sont retournés contre leurs alliés traditionnels
dans le monde arabe, pensant que le sous-développement
de ces sociétés était la raison de l’émergence
des forces terroristes. Il paraît donc que le
changement était latent, attendant le moment
propice pour surgir. C’est pourquoi les appels
au changement ont émané de forces non-tradionnelles
et non pas des partis politiques. Plus encore,
les vraies forces de changement ont jailli de
sources différentes que certains considèrent
comme difficiles à comprendre, voire inacceptables,
comme le mouvement Kéfaya. Nul ne peut prédire
si ces appels seront violemment réprimés ou
s’ils seront renforcés par les conjonctures
externes et internes. D’aucuns s’attendent à
ce que le printemps de la liberté prenne soudainement
fin exactement comme il a pris naissance. Surtout
qu’il s’agit d’un stade de maturité démocratique
qui a tardé à venir conformément aux critères
du monde qui nous entoure et qui s’est libéré
depuis les années 1990 de ses chaînes politiques.
Le monde arabe est donc le dernier à joindre
ce train qui se lance à une vitesse vertigineuse.
Toutefois, il se peut que cette tentative soit
le véritable début d’une phase qui cache beaucoup
de surprises.