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Salama A. Salama

L’entretien du président Moubarak avec le présentateur Emadeddine Adib, dont la diffusion s’est étendue sur trois jours, a soulevé plus de questions qu’il n’a apporté de réponses. D’aucuns s’attendaient à ce que l’entretien aborde directement les soucis et préoccupations actuels et réponde à de nombreuses questions qui restent encore sans réponse.

Malgré l’insistance du présentateur d’obtenir des réponses claires, l’entretien a tourné autour d’un aspect important sur lequel Moubarak a insisté à mettre l’accent. Il a tenu à confirmer qu’il ne prenait aucune décision sous l’effet de l’émotion ou sans écouter les diverses opinions des spécialistes, et qu’il tenait compte des éventualités de l’avenir. C’est, à mon avis, ce que doit faire tout chef d’Etat, surtout quand son poste lui octroie ces énormes pouvoirs et prérogatives garantis par une constitution floue. Un fait qui confirme la nécessité d’amender la Constitution pour limiter ce phénomène.

Il est évident que cette entrevue de six heures a inauguré la campagne électorale présidentielle, bien que Moubarak ait confirmé qu’il refusait d’annoncer sa candidature avant l’amendement de la Constitution. C’est une position qui répond à la décision précipitée du parti du Rassemblement qui a présenté la candidature de Khaled Mohieddine avant que ne soient révélés les aspects de l’amendement et ses conditions. Quoi qu’il en soit, l’entretien a démontré le rôle historique honorable du président Moubarak et a dévoilé des aspects de sa pensée politique. Premièrement, que la réforme politique est impossible sans une réforme économique. Deuxièmement, que l’amendement de la Constitution ouvrira la voie à d’autres amendements qu’il n’a pas dévoilés. Ils pourraient aboutir, à l’avenir, à ce qu’un parti autre que le Parti National Démocrate (PND) obtienne la majorité. Moubarak pense, en effet, que la situation modèle réside en l’existence d’un parti majoritaire capable de diriger un pays comme l’Egypte car les gouvernements de coalition ouvrent la voie à l’instabilité. C’est une opinion irréprochable si l’atmosphère politique permet la croissance d’autres partis politiques forts capables de concurrencer le PND, car ce dernier continuera à détenir les rênes tant que le président Moubarak sera à sa tête.

Le président Moubarak n’a pas écarté l’éventualité de revenir à la liste proportionnelle. Mais, il a entièrement écarté l’éventualité d’annuler l’état d’urgence pour le remplacer par une loi de lutte contre le terrorisme. En effet, il a catégoriquement refusé la création d’un parti religieux. Cependant, il a laissé la porte ouverte aux Frères musulmans en tant qu’indépendants ou en tant que membres d’un parti politique civil. Ceci oblige ces courants à revoir leurs positions s’ils veulent s’intégrer dans la vie politique.

Une question importante s’impose : Ce Mot pour l’Histoire sera-t-il le dernier ? Ou ouvrira-t-il la porte à d’autres mots ? .

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