L’axe
le plus important discuté à la conférence fut les manuscrits
iraqiens et leur sort après l’invasion américaine.
«
Avant l’invasion américaine de l’Iraq, depuis 1996, nous
avons pu faire l’inventaire d’une partie de nos manuscrits
que possédaient les universités de Bassora, de Mossoul
et de Salaheddine », avance Zamia Al-Samerraï, chercheur
iraqienne. Mais avec l’atrocité de l’invasion des Américains,
la Bibliothèque des Waqfs, la Bibliothèque Nationale et
d’autres ont été incendiées par les bombardements et d’importants
manuscrits dans tous les domaines : géographie, histoire
islamique et des manuscrits du temps du prophète Mohamad,
ont été détruits. Dans la foulée, l’Académie scientifique
de l’Iraq, considérée comme le grand dépôt et le plus
important centre scientifique de manuscrits, a été attaquée
et pillée.
Elle
ajoute que certains ont profité de cette catastrophe et
ont volé cette fortune mais aussi de grandes personnalités
dans le monde arabe ont pu acheter clandestinement une
grande partie de ce patrimoine.
«
Cette académie possédait plus de 225 manuscrits originaux
et 2 500 copies. Maintenant, il ne reste que 150 manuscrits
originaux et 1 500 copies », indique Nahida Matar, chercheur.
Les
chiffres sont frappants surtout si l’on sait que l’Iraq
possédait plus de 55 000 manuscrits, dans les bibliothèques
publiques et privées. précise Zamia Al-Samarraï.
Parmi
cette richesse disparue, affirme-t-elle, « des pages du
Coran écrites par Al-Imam Ali, datant de la première année
de l’hégire. Son écriture est marquée par une calligraphie
particulière qui tient à identifier la première lettre
de la première ligne à la dernière lettre dans la dernière
ligne de la même page ». Sans compter les correspondances
des célébrités iraqiennes dont 84 manuscrits du savant
Mahmoud Al-Allousi.
Aucune
action n’a encore été menée par les organismes internationaux,
ni par des initiatives arabes pour retrouver ces manuscrits.
«
Nous avons demandé l’aide de l’Unesco afin de récupérer
notre patrimoine mais en vain », s’insurge Nahida. Elle
revendique un plan d’action sérieux de la part des pays
du monde pour pouvoir retrouver l’héritage historique
de l’Iraq. Youssef Zidane, reconnaissant la valeur des
manuscrits disparus et la gravité de cette perte, affirme
que les spécialistes vont étudier les possibilités de
les récupérer à la suite de la conférence. L’affaire est
loin d’être close . |