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Recherche scientifique. Le directeur du Centre national de la recherche, Hani Al-Nazher, évoque les avancées en matière d’agriculture biologique et fait le point sur les activités du centre.

« Notre objectif est de faciliter l’accès à nos recherches pour aider les investisseurs »

 Al-Ahram Hebdo : Quelle importance la conférence « Les Horizons de la recherche scientifique dans l’agriculture moderne », qui vient de se tenir au Caire, a-t-elle accordé à l’agriculture biologique ?

Hani Al-Nazher : Il s’agit de la troisième conférence dans le domaine de l’agriculture. Elle est intitulée : « Les Horizons de la recherche scientifique dans l’agriculture moderne ». C’est une conférence organisée par le département des recherches agricoles et biologiques. Quelques pays arabes y ont participé, dont la Libye et les Emirats arabes unis ainsi que d’autres pays européens comme l’Allemagne et la Bulgarie. Il y a eu également une exposition sur les différentes applications ou méthodes d’agriculture pour diminuer l’utilisation des pesticides. Les points essentiels sur lesquels s’est appuyée cette conférence sont : le développement durable des terrains agricoles et la lutte contre la désertification, les nouvelles technologies pour la promotion de la production, les nouvelles technologies pour les plantes, le recyclage des déchets agricoles et les nouvelles technologies pour lutter contre les fléaux botaniques. Cette conférence intervient une semaine après le sommet du Nepad qui a souligné l’importance de la recherche pour le continent africain. Plusieurs recherches ont été présentées. Elles ont concerné le sol, l’utilisation de l’eau, le contrôle des pesticides et plusieurs autres sujets d’une grande importance pour l’avenir de l’agriculture en Egypte.

— Quel est l’objectif de la première exposition du Centre National de la Recherche (CNR) ?

— Personne ne peut négliger le fait que la recherche scientifique constitue la pierre angulaire de la sécurité nationale. A travers la recherche scientifique, on peut réaliser un développement économique dans les établissements publics et privés. C’est en s’appuyant sur ce principe qu’est venue cette idée de l’exposition. En fait, c’est la première exposition pour les produits et les résultats des recherches de quasiment toutes les recherches des différentes unités du CNR. Elle intervient dans le cadre de la nouvelle politique du centre qui vise à faciliter l’accès des investisseurs et des hommes d’affaires aux recherches afin de résoudre les problèmes de leurs projets qu’ils pourraient rencontrer. Il s’agit là des recherches concernant plusieurs secteurs : industriel, agricole, environnemental, etc. En fait, tous les départements du centre se trouvent dans l’exposition et présentent leurs recherches : cinq concernant le secteur industriel (textile, nutrition, pharmaceutique, chimie organique et inorganique et ressources minérales), deux concernant le secteur agricole (agriculture et système biologique, recherches vétérinaires), trois concernant la santé et l’environnement (sciences environnementales, médecine, recherches sur les gènes et les génomes humains) et enfin des départements concernant les sciences naturelles (physique, biotechnologie et génie génétique).

— Cette exposition est donc une manière d’attirer le secteur privé ...

— Absolument. Les chercheurs du CNR ont mis toute leur expertise scientifique et leurs recherches au service des projets du développement. On a même créé, au sein du centre, un bureau pour les investisseurs et les hommes d’affaire qui a pour objectif de relier les chercheurs au secteur privé. Ce qui faciliterait la tâche au secteur privé.

On présente aux hommes d’affaires des propositions scientifiques et technologiques pour promouvoir leurs productions. Bref, on essaie de tout faire pour faire connaître nos recherches à tous les concernés. L’idée de l’exposition en fait partie.

— L’Egypte souffre de plusieurs problèmes sur le plan environnemental. Comment le centre peut-il lutter contre le smog par exemple ?

— Il faut qu’on soit réaliste. Le smog (ou nuage noir) a plusieurs causes : les tuyaux d’échappement des véhicules et le brûlage de la paille de riz.

Nous avons présenté dans l’exposition des engrais produits par ce genre de paille qui serviront à ne pas utiliser les pesticides.

D’ailleurs, en ce qui concerne les engrais, le centre a plusieurs produits résultant du recyclage de différents types de déchets, notamment les déchets agricoles. Pour ce qui est de la question des véhicules, les chercheurs du CNR ont fait des études sur les filtres spéciaux qui traitent les gaz émanant de la combustion de l’essence des véhicules. Ces filtres sont produits à 80 % à l’aide de matériaux égyptiens. Je pense que la production de ces filtres en Egypte nous aide à diminuer les importations de certains équipements.

— Qu’en est-il des peintures qui ne portent pas atteinte à l’environnement ?

— En fait, en 2005 selon le Gatt, il est interdit d’utiliser les peintures qui polluent l’eau, notamment pour la peinture des bateaux. Les chercheurs du centre ont réussi à produire de nouvelles peintures. L’Egypte est le troisième pays dans le monde à produire ce type de peinture. Le centre a également signé un accord avec l’Organisme public des routes, des ponts et du transport terrestre. L’objectif consiste à équiper une unité de production au sein du siège de l’organisme pour produire ces peintures qui résistent à la rouille. Cette production est à 100 % égyptienne.

— Quelle est la nouvelle stratégie du CNR ?

— Le Centre national de la recherche vise à faire intervenir la recherche scientifique dans tous les secteurs de l’industrie en Egypte. C’est pourquoi nous avons formé un nouveau comité pour les recherches, le développement et le transfert de technologie avec des membres qui sont des hommes d’affaires et des chercheurs. Notre objectif est de faciliter l’accès à nos recherches pour aider les investisseurs qui rencontrent des problèmes dans leurs projets. Nous avons également un autre rêve à réaliser, c’est le projet intitulé « La route vers le prix Nobel », qui a débuté en mars 2005. Il s’agit de regrouper tous les chercheurs du CNR qui ont réussi à poursuivre leurs études à l’étranger en les couronnant par un doctorat, notamment dans la biotechnologie. On les regroupe dans ce projet en leur offrant tous les potentiels et tous les équipements qu’ils avaient à l’étranger pour continuer leurs recherches chacun dans son domaine. Ils sont environ 200 chercheurs qui seront préparés pour le prix Nobel. Pour la coopération régionale et internationale, le CNR coopère avec les Etats-Unis et l’Angleterre en particulier dans ces recherches. Quant aux pays arabes, il existe une coopération avec la Syrie, l’Arabie saoudite et la Jordanie. On a signé une convention avec l’Université de Constantine, en Algérie, pour la production d’un médicament tiré d’une plante qui pousse en Algérie. Bref, nous aspirons à utiliser toutes les recherches déjà entamées par les chercheurs et à les appliquer dans des domaines spécifiques .

Propos recueillis par
Racha Hanafi

 

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