En parlant de l’ex-président Sadate, de son
rôle dans les projets d’évolution et de réforme, Moubarak
présente aux générations futures un modèle d’objectivité et
de reconnaissance. Il reconnaît d’ailleurs qu’il poursuit
la trajectoire dessinée par le président Sadate à qui revient
l’initiative et les projets d’évolution et de réforme.
Les propos présidentiels concernant la politique
adoptée par l’Egypte — à l’issue des moments de crise ou d’événements
orageux traversant la région — nous donnent une leçon sur
la politique étrangère adoptée par l’Egypte, en tant que plus
grand pays arabe.
Le président Moubarak s’attache en fait à
un principe essentiel, à savoir le refus de recourir à la
force pour régler un désaccord, en particulier quand il s’agit
de territoires arabes. Il a également signalé un certain nombre
de détails concernant les principes de la politique étrangère
égyptienne, à l’égard des pays arabes en particulier. Notons
dans ce contexte que le président a révélé les raisons de
son refus de consentir à la riposte militaire à la tentative
d’assassinat manquée qui l’a visé à Addis-Abeba. Moubarak
a préféré y remédier avec calme, faisant prévaloir les considérations
nationales et régionales à toute autre considération.
Le président a pris soin lors de son entretien
historique de présenter l’image de la réalité égyptienne actuelle,
de ses espoirs et ses ambitions pour l’avenir de l’Egypte.
Après avoir discuté du processus de réforme et de changement
en cours dans les domaines politiques et économiques, il a
pris soin de présenter l’essence de sa vision à cet égard.
L’une des questions les plus importantes qu’il a pris soin
de préciser est le refus total de l’établissement d’un parti
religieux en Egypte, confirmant en même temps le droit du
citoyen égyptien à l’exercice de son activité politique au
sein de n’importe quel parti légitime existant de fait. Il
a surtout souligné le principe qu’il a toujours soutenu et
pris soin d’affirmer en toute occasion, celui de l’égalité
entre tous les citoyens égyptiens sans distinction de religion.
Tous les Egyptiens sont égaux en droits et en devoirs. La
priorité étant la compétence et la capacité d’exécution. Le
président n’a pas manqué d’évoquer dans ce contexte les relations
fraternelles qui l’ont lié pendant son enfance et sa jeunesse
à des collègues et des amis coptes.
Le président a tenu également à mettre l’accent
sur la poursuite des opérations de développement et de réforme,
affirmant que la décision d’amender l’article 76 de la Constitution
représente le point de départ d’un processus qui sera poursuivi.
L’objectif consiste à réaliser une réforme globale, non un
simple changement du mode de scrutin présidentiel. Au terme
de la dernière partie, le président a clairement précisé que
l’objectif de sa décision était l’avenir, et non le présent.
Le président a tenu à confirmer que cet entretien
était « Pour l’Histoire ». Il a pris soin de présenter aux
nouvelles générations l’essence de sa vision d’une Egypte
qui a survécu à tous ces événements. Il place les intérêts
de l’Egypte, sa sécurité et sa stabilité en tête de ses priorités.
Preuve en est sa décision d’attendre que l’amendement de l’article
76 soit officiellement défini pour décider s’il se présente
ou non aux élections pour un nouveau mandat .