Kiosque.Cette
semaine, la presse a abondamment commenté l’entretien
télévisé de 7 heures du
président Moubarak avec le journaliste Emadeddine Adib.
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Un
rappel historique |
La presse
égyptienne a commenté l’entretien télévisé du président
Moubarak. D’ailleurs, les titres sont très révélateurs
: « Pour l’histoire ... et l’avenir », « Parcours
d’un pays, histoire d’un président », « L’entretien
a ignoré de nombreuses réalisations du président Moubarak
», « L’entretien était intime, loin des discours officiels
» ... Se déplaçant entre différents décors — derrière
le bureau présidentiel, devant un bureau du quartier
général opérationnel des forces aériennes et dans
le jardin de sa résidence privée —, l’entretien a
été diffusé en trois épisodes à une heure de très
grande écoute. Partant, beaucoup ont constaté que
c’était probablement la première fois que les Egyptiens
se sentent aussi proches de leur leader. De cet avis,
Mohamad Hassan Al-Alfi, dans le quotidien indépendant
Nahdet Misr, a salué « la transparence, la simplicité
et la modestie de cet homme qui conduit le pays avec
calme et tranquillité sans se laisser provoquer »
et d’ajouter que « le peuple égyptien a senti pour
la première fois qu’il était très proche de la manière
de penser de son président ainsi que de ses sentiments
». L’hebdomadaire Akhbar Al-Yom a consacré deux pages
à cet événement, où de nombreux intellectuels se sont
exprimés. « La sincérité du président Moubarak a mis
fin à la règle du manque de confiance qu’éprouvent
les citoyens à l’égard des grands responsables »,
a écrit l’historien Younane Labib Rizq. Pour le dramaturge
Yousri Al-Guindi, « cet entretien a été une chance
en or qui n’a pas été bien exploitée. Des millions
de citoyens cherchaient des réponses à de nombreuses
questions qui les préoccupaient comme la relation
entre musulmans et coptes, les pressions étrangères
sur l’Egypte, la réforme économique et l’amélioration
des conditions de vie ». Le magazine Rose Al-Youssef
a joint Akhbar Al-Yom et a consacré un dossier de
19 pages à l’événement, intitulé : « Parcours d’un
pays, histoire d’un président ». Des surprises ...
tout le monde s’attendait à des surprises, comme l’a
précisé Omayma Tammam dans Akhbar Al-Yom. « D’aucuns
pensaient qu’il y aurait un changement de la Constitution
ou une annulation de la loi d’urgence, ou la nomination
d’un vice-président, mais les déclarations contre
toute attente ont été contraires à toutes les prévisions.
La surprise était ce grand changement dans le discours
médiatique égyptien plus encore dans le discours présidentiel
».
Certains sujets ont suscité la controverse.
Dans l’hebdomadaire Octobar, Ragab Al-Banna a tenu
à préciser : « L’entretien nous a dévoilé que le président
Moubarak est prêt à réfléchir à toutes les nouvelles
propositions et idées. Soit en ce qui concerne d’autres
amendements de la Constitution, ou encore une éventuelle
loi de lutte antiterroriste remplaçant la loi d’urgence
(...) Certains ont cru que Moubarak, lorsqu’il parle
de la guerre d’Octobre, il parle d’Histoire. Ces derniers
n’ont pas compris que lorsqu’il évoquait le passé,
le président Moubarak parlait aussi de l’avenir, car
les leçons de la guerre d’Octobre ne sont pas insignifiantes
». En ce qui concerne la loi d’urgence, certains commentateurs
ont exprimé leur différend avec le président sur ce
point précis. « Dire que l’Egypte allait subir un
état de désordre total en l’absence d’une loi d’urgence
est contraire à la raison, à la logique, à la politique,
à la culture et à l’avenir (....) ce qui peut protéger
la stabilité du pays et tout régime au pouvoir qui
cherche une légitimité, c’est d’accélérer le rythme
des réformes politiques et économiques et non pas
la reconduction de la loi d’urgence », souligne Magdi
Mehanna dans son éditorial dans Al-Masri Al-Yom (indépendant).
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| Le
pari russe |
| Avec
la tournée sans précédent du président Vladimir Poutine
en Egypte, en Israël et dans les territoires palestiniens
autonomes, Moscou tente de se réinsérer sur la carte
politique du Proche-Orient. Les moyens utilisés : renforcer
les liens traditionnels avec les pays arabes et rassurer
Israël à qui une branche d’olivier a été tendue. Cette
visite de cinq jours a constitué une grande première
: il s’agissait de la première visite depuis 40 ans
d’un chef du Kremlin en Egypte, et la première jamais
effectuée en Israël et dans les territoires palestiniens.
Considérant que l’opposition d’Israël était à l’origine
de sa mise à l’écart ces dernières années de la scène
régionale, Poutine a multiplié les assurances à l’Etat
hébreu tant sur les ventes de missiles à la Syrie que
sur la coopération nucléaire avec l’Iran. Concernant
la vente de missiles sol-air à la Syrie, le président
russe s’est engagé à ce que ces armes « ne parviennent
pas à des organisations terroristes » et promis que
la Russie y veillera. S’agissant du programme nucléaire
iranien, Poutine s’est dit opposé au développement d’une
arme atomique par la République islamique, affirmant
que la coopération entre Moscou et Téhéran dans ce domaine
se limitait à l’utilisation de l’atome à des fins civiles.
En outre, le président russe a déclaré que la Russie
est un « allié stratégique » d’Israël, lors de trois
heures d’entretien avec le premier ministre israélien
Ariel Sharon. Il s’est mis d’accord avec ce dernier
sur la mise en place d’un système de coopération dans
la lutte antiterroriste prévoyant un partage d’informations
en temps réel sur d’éventuelles menaces terroristes.
Reste à savoir si ce flirt avec Israël réussira à permettre
un retour de la Russie dans la région et à démontrer
qu’elle restait un acteur avec lequel il fallait compter
au Proche-Orient. On est en droit d’en douter : l’idée
lancée au Caire par Poutine — saluée par l’Egypte et
l’Autorité palestinienne — de tenir cet automne à Moscou
une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient
a été fort mal accueillie par l’Etat hébreu (et les
Etats-Unis), à tel point que Moscou semblait l’avoir
abandonnée, le ministre russe des Affaires étrangères
Sergei Lavrov préférant parler de « réunion d’experts
de haut rang », sans plus. |
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