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Les
autorités togolaises ont accentué leur pression sur l’opposition
après les violences qui ont secoué Lomé, à la suite de la présidentielle
de la semaine dernière, remportée par Faure Gnassingbé et dont
les résultats sont contestés par l’opposition, alors les appels
se multiplient pour le retour au calme et la nécessité de trouver
une solution à la crise politique dans le pays.
Après
plusieurs jours d’attentisme, la communauté internationale semble
commencer à s’impliquer ouvertement en envoyant samedi une délégation
conjointe de l’Union Africaine (UA) et de la Communauté Economique
Des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur place pour tenter
de trouver une issue à la crise provoquée par l’élection présidentielle
contestée du 24 avril dernier. Cette initiative intervient six
jours après le début des émeutes menées par les opposants togolais
qui crient « à la fraude massive » dans la présidentielle et
disent ne pas vouloir de Faure Gnassingbé, le fils du général
Gnassingbé Eyadéma, qui a exercé un pouvoir sans partage pendant
38 ans.
Du
côté de l’opposition, l’avocat Yawovi Agboyibo, coordinateur
de la coalition de l’opposition, estime que le rôle de la médiation
africaine doit être de « mettre en place un système d’arbitrage
des contestations sur le scrutin afin de pacifier le pays ».
Il faut faire la lumière sur la vérité du scrutin du 24 avril
», a expliqué Me Agboyibo. « La répression a entraîné entre
les 24 et 29 avril une centaine de morts, et plus de 300 blessés
», a affirmé Agboyibo, sans donner plus de précision. Il n’existe
à ce jour aucun bilan de source indépendante.
Le
Togo connaît de graves troubles depuis l’annonce mardi 26 avril
de la victoire de Faure Gnassingbé, candidat du Rassemblement
du Peuple Togolais (RPT, ancien parti unique, au pouvoir) avec
60,22 % des voix. Ces résultats provisoires, qui doivent être
encore confirmés par la Cour constitutionnelle, sont violemment
contestés par les partisans d’Emmanuel Bob Akitani, le candidat
de la coalition de l’opposition. Celui-ci s’est autoproclamé
vainqueur de l’élection mercredi 27 avril avant d’en demander
l’invalidation.
Un
autre dirigeant de l’opposition, le chef de l’Etat par intérim
Abass Bonfoh, avait ordonné mercredi aux forces de sécurité
« d’interpeller toute personne qui se mettra en travers de l’Etat
de droit, de la loi républicaine », laissant ainsi planer la
menace d’une arrestation des dirigeants de l’opposition.
En
effet, la CEDEAO a avalisé l’élection, estimant que les « anomalies
et les incidents » enregistrés lors des opérations de vote ne
remettaient pas en cause la « crédibilité » du scrutin. La CEDEAO,
dont 162 observateurs ont assisté à l’élection, a également
jugé que « l’autoproclamation » du candidat Bob Akitani, avait
été « faite en violation de la Constitution et des lois de la
République ».
Outre
les efforts de médiation africaine déployés à Lomé, le président
de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, s’est rendu vendredi
à Abuja pour s’entretenir de la situation au Togo avec le président
de l’UA, le président nigérian Olusegun Obasanjo.
Les
pays ne sont pas les seuls à s’y intervenir. A Bruxelles, la
présidence de l’Union européenne a pour sa part exprimé vendredi
sa grave préoccupation sur la situation actuelle au Togo, condamnant
résolument la vague de violence et appelant toutes les parties
à rétablir le calme. De leur côté, les Etats-Unis ont condamné
les appels de l’opposition à l’organisation de manifestations,
et réclamé la formation d’un gouvernement d’union nationale.
De même, l’Allemagne et la France qui a exercé un mandat sur
le Togo jusqu’à l’indépendance de 1960 n’ont pas proposé de
solution à une crise qui a déjà fait officiellement plus de
20 tués, entraîné l’exode de milliers de Togolais, et qui menace
de déstabiliser la région . |