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Iran.
Téhéran menace de reprendre l’enrichissement de l’uranium après
l’échec du dernier round de négociations avec l’Union européenne.
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| Blocage
persistant |
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C’est
à nouveau la tension entre la République islamique et l’Union
Européenne (UE). Téhéran a menacé, samedi, qu’il pourrait reprendre,
la semaine prochaine, la conversion d’uranium, cessée l’année
dernière pour gagner la confiance des Européens. Le dirigeant
chargé du nucléaire iranien, Hassan Rohani, a même menacé de
prendre d’autres mesures : « Le processus actuel ne peut pas
continuer comme le veulent les Européens et l’Iran peut prendre
de nouvelles décisions ». Cette déclaration fait suite à l’échec
vendredi dernier du nouveau round de négociations entre l’Iran
et l’UE sur le nucléaire.
Les
deux parties, qui dialoguent depuis décembre 2004, n’ont pas
trouvé d’accord au cours de leurs entretiens à Londres, a déclaré,
samedi, sur un ton pessimiste, le négociateur iranien Cyrus
Nasseri. « L’Iran est mécontent du résultat de cette réunion
en ce qui concerne le calendrier », a déclaré M. Nasseri. De
sa part, Hassan Rohani a expliqué que la proposition iranienne
avait été examinée à Londres mais que les Européens insistent
toujours pour disposer de plus de temps pour examiner le plan
iranien, alors que « pour la République islamique, le plan peut
entrer en application dès à présent, en tout cas sa première
phase, c’est là le point de discorde ». Aux termes de l’accord
de Paris, « on devrait, à ce stade, avoir des avancées concrètes,
l’inverse n’est pas acceptable », a déclaré M. Rohani. Pour
les Iraniens, l’UE s’est laissé influencer par Washington, ce
qui a entraîné l’échec de ce tour de négociations : « La manière
dont les Européens traitent le dossier iranien a été modifiée
sous la pression américaine », a critiqué samedi Akbar Hachémi
Rafsandjani, l’un des plus hauts dirigeants iraniens. Déjà,
à la veille des nouvelles tractations nucléaires avec les Européens,
les principaux négociateurs iraniens se sont déclarés « très
pessimistes ». Téhéran a même prévenu ses interlocuteurs européens
que « le temps pressait » pour parvenir à un accord concernant
son programme nucléaire : « Le temps est plus compté que les
Européens ne le pensent pour parvenir à un accord », a déclaré
Cyrus Nasseri. « Notre position est simplement que nous n’avons
pas beaucoup de temps », a-t-il expliqué, mettant en garde l’UE
de ne pas tenter d’imposer à Téhéran un arrêt de ses activités
d’enrichissement d’uranium, actuellement suspendues. « La nation
iranienne se considère assez forte pour défendre ses droits,
et ne pas vous (les Européens) laisser imposer une suspension
permanente de l’enrichissement d’uranium », a, de sa part, déclaré
l’ayatollah Rafsandjani.
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Sévère
remise en cause de l’accord de Paris
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Bien
que l’Iran ait haussé le ton à la suite de l’échec du dernier
round de pourparlers, le chef du nucléaire iranien a affirmé
que son pays poursuivrait ses négociations avec l’UE, même s’il
reprend en partie l’enrichissement de l’uranium. Cette reprise
de la conversion, après des semaines passées à menacer de reprendre
l’enrichissement, pourrait représenter la plus sévère remise
en cause de l’accord de Paris et attirer une vive réaction américaine.
Par cet accord, l’Iran a accepté, en novembre, auprès des trois
grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) de suspendre
toutes ses activités relatives à l’enrichissement, contre l’ouverture
de négociations en vue d’un accord de coopération technologique,
commerciale et politique avec l’UE. De peur de voir une nouvelle
guerre américaine se déclencher contre Téhéran, le secrétaire
général des Nations-Unies, Kofi Annan, a mis en garde, cette
semaine, contre une action militaire contre l’Iran et a affirmé
que la République islamique « coopérait » bien avec l’Occident.
« Je ne pense pas qu’une frappe visant les infrastructures nucléaires
iraniennes soit prévue », a dit M. Annan. « Je ne pense pas
non plus qu’il y ait besoin d’entreprendre une action physique
contre l’Iran. Cela ne serait pas sage, vraiment pas sage »,
a averti M. Annan. Le blocage entre l’Iran et l’UE n’a pas empêché
la Russie de confirmer la poursuite de sa coopération nucléaire
avec Téhéran. Ainsi, le président russe Vladimir Poutine a annoncé
samedi que son pays allait poursuivre la coopération nucléaire
avec l’Iran, mais uniquement à des fins pacifiques. « Nous ne
sommes pas opposés à ce que l’Iran exploite la technologie nucléaire
à des fins pacifiques, nous estimons que le peuple iranien a
le droit d’acquérir une technologie moderne dans tous les domaines
et nous remplirons nos obligations avec Téhéran à ce sujet »,
a déclaré M. Poutine. Les Européens négocient avec l’Iran pour
obtenir des garanties objectives que la République islamique
ne produise pas de bombe atomique sous le couvert d’activités
nucléaires civiles. Les discussions achoppent sur la question
cruciale de l’enrichissement. L’Iran refuse d’entendre parler
d’un abandon de cette activité .
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| Maha.
Al. Cherbini |
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