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Outre les représentations théâtrales, que propose Ashtar ?
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Ashtar présente un programme de formation théâtrale en Palestine.
Nous avons voulu transmettre notre expérience pratique aux nouvelles
générations. Le programme a été introduit dans des écoles non
gouvernementales et offre une formation de 3 ans à des élèves
âgés de 10 à 17 ans. Ceux-ci décrochent un diplôme au bout de
ces 3 ans et un certificat leur permettant de poursuivre des
études théâtrales à l’étranger, ou de joindre la troupe Ashtar.
Dans ce cas, les diplômés suivent ensuite deux ans de formation
supplémentaire pour devenir acteurs professionnels, travaillant
en Palestine ou en Cisjordanie. Et forment à leur tour d’autres
jeunes. Ainsi, nous avons actuellement quelque 22 formateurs
et plus de 500 étudiants.
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Vous donnez actuellement à Ramallah L’Histoire de Mona, qui
fait partie du théâtre dit « législatif ». En quoi consiste
ce genre ?
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Je présente ce qu’on appelle le « théâtre législatif », une
forme de théâtre qui s’inspire du théâtre des opprimés, lancé
par Augusto Boal à partir des années 1970. C’est un genre que
l’on présente pour la première fois en Palestine. Les lois injustes
abondent dans notre société, on cherche alors à provoquer le
public. Celui-ci est invité à réagir, à entrer en interaction
avec les événements de la pièce, afin de lancer ses propres
lois ou modifier d’autres déjà existantes. On rassemble toutes
les propositions, on vote dessus, afin de les soumettre au Conseil
législatif. En fait trois étapes ont lieu : le jeu théâtral,
l’interaction et enfin la législation. Le spectacle se donne
à Ramallah jusqu’en octobre prochain. Il est basé sur l’improvisation.
Les idées du public incitent au changement, jaillissent durant
le spectacle et sont débattues sur scène. Le public joue parfois
à la place des acteurs pour changer les événements de la pièce,
à sa guise. On essaye de procurer aux récepteurs une vision
plus globale des problèmes et en même temps de faire parvenir
aux responsables les propositions du peuple. Ashtar se transforme
ainsi en un centre spécialisé pour le théâtre des opprimés au
Moyen-Orient.
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La cause palestinienne et la résistance dominent-elles toujours
le théâtre palestinien ?
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Cela dépend de ce qu’on entend par résistance. Certes, notre
théâtre est un théâtre de résistance. Mais pour moi, la résistance
ne consiste pas à se mettre d’un côté ou d’un autre. La résistance
ne signifie pas raconter notre lutte contre l’ennemi ou évoquer
inlassablement l’occupation. La résistance veut dire survivre,
maintenir le sourire et célébrer la vie. C’est pourquoi notre
théâtre est très diversifié, abordant des questions aussi bien
politiques que sociales.
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Parlons de la Palestine, nous ne pouvons pas dissocier la vie
culturelle de la donne géopolitique. Où se situe le théâtre
dans le contexte actuel ?
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Ramallah est une ville très animée du point de vue culturel,
il y a toujours des spectacles et soirées artistiques. Un esprit
de concurrence règne s’agissant des diverses activités. Avant
les accords d’Oslo, Jérusalem était le centre de toutes ces
activités mais aujourd’hui, elle régresse progressivement. L’occupation
tente de judaïser la ville et de la dénuder de tous ses symboles.
A Bethléem, on trouve quand même peu d’activités théâtrales.
En Galilée, il y a surtout des troupes qui font des spectacles
pour enfants et pour adultes. Dans des villes comme Tulkarem
et Naplouse, la situation est tout autre. Les conditions du
théâtre sont plus contraignantes, alors que le centre est plus
libéral et dynamique. A Ramallah, à titre d’exemple, l’activité
culturelle se poursuit même à l’ombre de la 2e Intifada, durant
laquelle la production industrielle et agricole a été suspendue.
La culture est assez omniprésente non seulement au niveau du
théâtre, mais aussi au niveau de la musique, de la poésie et
de la littérature. Cela nous donne un sentiment d’espoir parce
que la culture constitue notre principale arme contre l’occupation.
La guerre contre l’occupation sioniste est essentiellement une
guerre culturelle. Les sionistes s’intéressent à déformer notre
histoire en leur faveur. Ils empruntent nos symboles culturels
: costumes, textes, etc. Nous devons absolument tenir compte
de l’importance de la culture quant à notre lutte .