«
C’est votre âme, inconnue, qui est responsable de votre
raisonnement ». Ou encore « Savez-vous que vos idées peuvent
se transformer en sentiments positifs à même de vous orienter
vers une logique d’amour et de tolérance et par la suite
de complémentarité avec l’autre ? ». C’est l’adage d’Ibrahim
Al-Fiqi, lequel se comporte en un vrai érudit. Il a effectivement
mis des années afin de déchiffrer les secrets du corps
et notamment du cerveau humain. Du coup, lorsque ses interlocuteurs
trouvent ses idées absurdes ou ridicules, il s’insurge
en disant : « Mais est-ce que vous avez déjà lu quelque
chose en métaphysique ? Avez-vous essayé d’aller un peu
au-delà de la réalité palpable ? ».
Ayant déjà
inventé deux nouvelles sciences, étudiant les dynamiques
du conditionnement neurologique et la force de l’énergie
humaine, il est en effet en train de jeter les fondements
d’une troisième science : l’hypno-énergie.
« Ces sciences
liées toutes à l’énergie qui émane du corps ainsi que
de son entourage consistent à savoir orienter cette énergie
pour mieux atteindre ses objectifs ». Le spécialiste de
la métaphysique a une réponse à tout, comme s’il connaît
d’avance les interrogations chatouillant l’esprit de son
interlocuteur. Il affirme d’ailleurs que toute découverte
implique d’aller au-delà des sciences. « L’homme respire
automatiquement, pourquoi alors ne pas bien respirer ?
Il mange, pourquoi alors ne pas bien manger ? On ne va
pas vivre jusqu’à l’éternité, alors il vaut mieux mener
une belle vie en apprenant à se découvrir soi-même et
à mieux comprendre son entourage », souligne Al-Fiqi dont
le travail sur le conditionnement neurologique consiste
à apprendre à tout un chacun comment acquérir un comportement
rêvé, en focalisant sur un modèle ou un prototype particulier.
Au Caire et à Alexandrie où il a donné récemment une série
de conférences très médiatisées, ses stages regroupaient
des gens de tous bords. Ils venaient nombreux pour qu’il
leur apprenne les clés de la réussite : comment augmenter
la confiance en soi, atteindre le bonheur conjugal, décrocher
de nouvelles connaissances ... Cela étant, Al-Fiqi n’a
pas manqué de faire salle comble, au Palais des congrès.
Plus encore, il a été l’invité de plusieurs émissions
dont Hadis al-madina (Tout le monde en parle) présentée
par le journaliste Moufid Fawzi.
Plein d’enthousiasme,
le visage souriant, le conférencier est du genre simple,
gai et surtout passionné. Pourtant, il n’a pas eu la vie
facile. Un bond de 30 ans en arrière nous permet de le
découvrir.
Tout jeune,
il a pris la décision de partir pour le Canada, précisément
au Québec. « A l’époque, c’était surtout l’élite francophone
qui se rendait au Québec. En d’autres termes, leur nombre
était beaucoup plus réduit par rapport aux émigrés qui
ciblaient le Canada anglophone. Comme j’ai eu mon bac
dans un lycée gouvernemental, je ne maîtrisais aucune
langue étrangère. J’ai dû poursuivre 18 stages de langue
française au Centre culturel français d’Alexandrie. Et
enfin, je suis parvenu à connaître par cœur les règles
du français. Arrivé au Canada, j’ai fait 12 autres stages
pour apprendre le québécois. J’ai même effectué des stages
à l’Institut d’hôtellerie du Québec. A Montréal, j’ai
également suivi 14 stages de langue anglaise et j’essayais
de me perfectionner en regardant les films en version
anglaise. A l’Institut Goethe d’Alexandrie, j’avais par
ailleurs fait des stages en allemand ». Mais pourquoi
avoir choisi le Québec comme destination ? Ibrahim Al-Fiqi
était attiré par l’importance de la famille au sein de
la société québécoise. Il avait soulevé que les gens là-bas
ressemblent pas mal aux Egyptiens. « C’est un pays où
on se sent à l’aise dès l’arrivée. J’ai senti que mon
énergie s’est stabilisée à Montréal ».
Pour lui,
l’immigration n’était pas un moyen de rompre avec l’Egypte
ou d’échapper à une réalité qui lui déplaît mais un aboutissement,
une quête. « Je n’avais aucun problème à trouver un travail,
au Caire comme à Alexandrie, après avoir terminé mes études
en hôtellerie. J’ai travaillé dans des hôtels cinq étoiles
et des restaurants branchés. J’avais des rêves qui dépassaient
mon âge », dit-il en ajoutant que progressivement il n’avait
qu’un seul objectif en vue : être directeur général du
plus grand hôtel du monde. « Quand Omar Al-Chérif a quitté
l’Egypte, ce n’était pas parce qu’il n’a pas réussi ici,
mais parce qu’il cherchait à acquérir une renommée internationale
».
A Montréal,
un autre monde s’ouvrait à lui. Le rythme de la vie est
beaucoup plus haletant. Et le plus dur, c’était de ne
plus être parmi les siens. Car au Caire comme à Alexandrie,
cet ancien champion de l’Egypte en ping-pong était entouré
d’amis. « La solitude m’a poussé à me pencher sur mon
travail et ma petite famille. Je me suis rapproché de
Dieu et j’ai développé mon autre aspect spirituel ».
Mais Al-Fiqi
n’avait pas l’impression de courir un risque. La raison
en est simple : il avait les idées très claires. De toute
façon, il n’est pas de ceux qui ont l’esprit brouillé.
« Je me suis dit, je vais essayer de concrétiser tous
mes rêves dans cette terre inconnue. Au pire des cas,
je rentre chez moi. Mais pourquoi ne pas être parmi les
personnes qui réussissent leur vie ? J’ai réussi en Egypte
pourquoi ne pas le faire ailleurs ? ». Et d’ajouter :
« J’ai commencé par faire la vaisselle le matin dans les
restaurants, et le soir, j’étudiais », se rappelle-t-il,
faisant souligner le rôle primordial de son épouse Amal
qui l’a beaucoup soutenu durant ces premières années canadiennes.
Au bout de
6 ans, Ibrahim Al-Fiqi devient le premier directeur général
arabe de l’un des hôtels de luxe : le High Regency. «
J’avais 2 000 employés. Et j’ai accumulé les bénéfices
de l’hôtel, soit quelque 26 millions de dollars en 3 ans.
Il faut saisir la langue des gens, leurs valeurs, leurs
coutumes pour parvenir à communiquer avec eux ».
Toutefois,
des obstacles intervenaient de temps à autre. Etre chassé
de son travail, être privé du prix de l’employé modèle
dont il a été candidat à maintes reprises. « Par racisme,
on a placé un verre cassé parmi la vaisselle pour me blesser.
En outre, plusieurs machinations visaient à me chasser
du travail ».
Aujourd’hui,
l’enchaînement des succès lui fait oublier toute l’amertume
de l’échec. « J’ai obtenu le prix du meilleur directeur
général en Amérique du nord en 1990-91. Mais quelque chose
en moi m’éloignait de l’hôtellerie ». PDG adjoint de Ramada
International, il a investi dans un hôtel et a fait banqueroute.
« J’ai perdu mon argent. Une campagne acerbe a été menée
contre moi par la presse. L’un des journaux avançait que
mon succès était fallacieux, un autre disait que je ne
méritais pas toute la publicité qui m’était faite ».
Cet ancien
champion sportif n’a jamais baissé les bras. Il a auparavant
rêvé d’être champion d’Egypte en ping-pong et il est parvenu
à l’être de 1964 à 1969. Il a par ailleurs représenté
l’Egypte durant la Coupe du monde tenue en Allemagne de
l’ouest.
« Tout ce
que je faisais pendant les moments durs était de m’enfermer
et de me retourner vers Dieu. Je me remettais en question,
prenais soin de ma santé et accordais une plus grande
attention à ma femme Amal et mes deux jumelles Nancy et
Nermine. De plus, je courais un mile par jour ».
Al-Fiqi profitait
également de ses moments d’oisiveté pour lire, approfondissant
ses connaissances dans des domaines qui peuvent éventuellement
lui servir comme la psychologie. Et le fruit de cette
longue méditation a été l’écriture d’un premier livre,
Top vendeur, lequel a remporté beaucoup de succès. « Petit
à petit, on me demandait d’enseigner mes préceptes et
c’est alors que je me suis retrouvé dans l’enseignement
et la formation des cadres. Ce sont d’abord des hôtels
comme l’Intercontinental Canada qui ont fait appel à moi,
ensuite c’était le tour de l’Université Concordia de Montréal
». Assez fier,Al-Fiqi rappelle une question qui le harcelait
à l’époque : Qu’est-ce que je veux exactement ?
En essayant
de porter une réponse à cette interrogation, il a changé
le cours de sa vie. « J’ai commencé à réaliser que l’homme
faible cherche à être fort et que l’homme fort cherche
encore à être plus fort. L’homme de par sa nature veut
être meilleur. Comment alors se sentir bien dans sa peau
physiquement et psychologiquement afin de mieux servir
son travail ? » Seule la métaphysique possédait la réponse
magique.
Selon Al-Fiqi,
les 5 sens sont limités par les connaissances déjà acquises.
Par contre, le spiritualisme représente plus de 80 % du
cosmos et est donc plus influent sur notre vie. Les sentiments
constituent une énergie à même de renforcer le corps ou
de l’affaiblir. Il souligne même que dans certains cas,
il faut aller au-delà de la maladie pour la soigner. «
Berni Siegal, le neurologue de renom, a traité dans l’un
de ses livres des miracles de l’énergie. Il raconte qu’une
petite fille s’est approchée de son frère moribond. En
lui tenant la main, elle lui a chuchoté à l’oreille :
je t’aime beaucoup, ne me quitte pas, tu te rappelles
lorsqu’on s’amusait bien ensemble et que tu me racontais
de belles histoires ... Trois heures plus tard, l’enfant
marchait dans la chambre ». Al-Fiqi passe ainsi d’un cas
à l’autre, ses histoires se succèdent : le médecin avait
déclaré à un cancéreux qu’il vivrait juste un an. Mais
le malade a survécu 20 ans après ; il est mort suite à
un accident de voiture. « Je ne nie pas l’importance de
la médecine, mais je considère que le médecin n’a qu’à
faire son diagnostic sans préciser la date ou la raison
directe de la mort. Car ceci relève uniquement de Dieu
». Ensuite, il dresse un autre exemple, celui d’une femme
qui avait des maux de tête chroniques, la poussant à vomir.
Elle est venue le voir un jour. « J’ai essayé d’apaiser
sa douleur, mais à chaque fois elle revenait me voir avec
sa migraine. J’ai dû étudier son cas pendant 3 ans pour
enfin parvenir à une justification. J’ai découvert qu’elle
vivait un revers psychologique. C’est-à-dire qu’autrefois,
elle menait une vie sans foi ni loi, et là elle était
en train de s’auto-purifier par la souffrance ».
En effet,
ces cas précis qu’il tient à mentionner sont la seule
riposte contre ceux qui peuvent l’accuser de charlatanisme.
Il s’agit de drôles de cas peut-être, mais aussi de preuves
tangibles quant au succès de ses préceptes. Al-Fiqi s’empresse
alors de raconter d’autres histoires, montrant qu’il n’a
pas de solutions magiques. Parfois, il reste les bras
croisés, ne sachant pas trop quoi faire. Par exemple,
un homme souffrant de constipation est venu le voir, croyant
absolument que le PHE (Power Human Energy) est le remède
approprié dans son cas. Un autre pensait qu’il pouvait
guérir la scoliose de sa femme. « Il y a des gens qui
croient que je suis un magicien. D’autres me menacent
par téléphone, et moi et ma famille, considérant que j’enseigne
l’illusion ». |