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La
voix douce et le visage éclatant, Imane Sultan évoque les souvenirs
de son aventure aux Championnats du monde qui se sont achevés
le 17 avril dernier à Madrid, et au cours desquels elle a réalisé
un exploit inattendu en remportant la médaille de bronze dans
la catégorie Bantam (-55 kg). « Je me suis retrouvée sur le
podium, recevant la médaille. Des moments inoubliables et riches
en émotions. Toutes les personnes qui ont contribué à assurer
mon exploit, notamment ma famille, ont défilé devant mes yeux
à cet instant précis », se souvient la jeune fille.
Imane
Sultan est alors devenue la deuxième femme égyptienne à décrocher
une médaille aux Championnats du monde, derrière Inès Anis qui
avait, elle, obtenu la médaille de bronze en 1990. Personne
n’aurait imaginé que cette jeune de 17 ans disputant ses premiers
Championnats du monde allait être capable de réaliser un tel
exploit. Car la sélection égyptienne, en concurrence avec 120
pays durant ces championnats, avait parié sur Tamer Salah, médaillé
de bronze en catégorie Fly (-58 kg) aux Jeux Olympiques (JO)
d’Athènes 2004. Mais Imane a créé la surprise en remportant
cette médaille très précieuse pour son pays, la première il
y a 4 ans avec la médaille d’argent obtenue par Mahmoud Napoléon
dans la catégorie Welter (-78 kg) au cours des Championnats
du monde 2001 en Corée du Sud.
Si
Napoléon avait surpris les responsables du taekwondo égyptien
en 2001, aujourd’hui, c’est au tour d’Imane qui n’arrive toujours
pas à croire qu’elle a réalisé un tel exploit. « Bien sûr, je
rêvais sans cesse de cette médaille mais je n’aurais jamais
cru que j’étais capable de la remporter », déclare la belle
championne. Encore jeune et en manque d’expérience, Imane a
surpris l’ensemble de ses adversaires durant cette édition des
Championnats du monde. Avec cette même voix douce, Imane se
souvient de ses matchs lors des Championnats du monde. « Le
tournoi le plus difficile était celui du second tour face à
la championne d’Israël que j’ai battue 7-5. Alors que le second
match, celui des huitièmes de finale, m’opposait à la championne
d’Allemagne », dit-elle. Puis en accédant aux quarts de finale,
elle a été certaine de remporter une médaille puisque les quatre
premiers taekwondoïstes en reçoivent ipso facto une.
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Dès
ses débuts, à l’âge de 4 ans au club Al-Chams d’Héliopolis,
Imane a impressionné. Elle n’a jamais raté les Championnats
d’Egypte de sa catégorie d’âge. « J’ai imité mes deux grands
frères en pratiquant ce sport. Mon niveau a beaucoup évolué
grâce à eux, car j’ai passé beaucoup de temps à pratiquer le
combat à la maison », raconte-t-elle fièrement avant d’avouer
: « Ma mère et mon père ont fait beaucoup de sacrifices pour
m’offrir un climat d’entraînement serein ».
A
13 ans, elle intègre la sélection juniors. En 2001, elle remporte
une médaille de bronze aux Championnats arabes juniors et une
médaille d’or au Tournoi international d’Allemagne juniors en
2002. Après avoir passé un an en sélection juniors, Imane intègre
en 2001 la sélection nationale avec laquelle elle remporte de
nombreuses médailles lors de différents tournois internationaux.
Si
cette médaille est une source de prestige extraordinaire, elle
représente en même temps un lourd fardeau. Imane, qui était
jusqu’à présent hors des calculs de la Fédération égyptienne,
est aujourd’hui la vedette de l’équipe nationale. En devenant
célèbre sur la scène internationale, elle se doit désormais
de modifier son style de jeu. « Il est clair que mon point faible
est que je n’ai jamais recours à l’attaque, car mon style se
base uniquement sur la contre-attaque. Je dois donc remédier
à cela », souligne Imane. Cette médaille a donné un grand espoir
à la jeune athlète pour remporter une médaille aux JO de Pékin
2008. Pour atteindre cet objectif, elle devra entre-temps passer
les épreuves des Championnats d’Afrique en septembre prochain
et les Championnats du monde 2007, qualificatifs pour les JO
2008.
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