Le
premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré
que les entretiens qu’il avait eus avec le président
américain George W. Bush au cours d’une rencontre
chaleureuse et amicale dans son ranch du Texas
ont été une réussite.
Au
cours de la conférence de presse conjointe,
Bush a réaffirmé qu’un retour aux frontières
de 1949 dans le cadre des négociations sur le
statut final n’était pratiquement pas possible.
Le
chef de l’exécutif américain a tenté ensuite
d’atténuer l’impact de ses paroles en ajoutant
qu’il a fait connaître à Sharon qu’il s’opposait
à tous mouvements israéliens pouvant contrevenir
à la Feuille de route ou porter préjudice aux
obligations du statut final. Partant, Israël
devrait démanteler toutes les colonies illégales
et arrêter l’expansion des autres. En effet,
Bush de cette manière, n’a fait que conférer
davantage d’opacité à la position américaine.
Et
à Sharon de susciter à son tour l’équivoque
en affirmant qu’il n’y avait aucun désaccord
entre les deux pays et qu’il tenait à son tour
à la Feuille de route. Il a semblé qu’il y avait
presque un accord entre les deux parties d’être
en désaccord. Ce que les sources diplomatiques
ont qualifié d’« opacité constructive ». Elle
permet à Sharon de continuer à saboter le processus
de paix et à poignarder Abou-Mazen dans le dos.
Rien n’est étrange en tout ceci. Toutes les
colonies illégales ont été installées sous ce
climat d’obscurité délibérée qui caractérise
la position américaine. Il était donc normal
que Bush garde le silence sur le projet d’expansion
de la colonie Maaleh Adoumim et la construction
de 3 500 logements supplémentaires sur son sol.
Washington
s’était contenté de demander à Israël des éclaircissements.
Mais pour combien de temps continuerait-il à
demander des éclaircissements sur des questions
qu’il sait bien qu’elles sont tranchées d’avance
dans le cadre d’une politique israélienne de
violation qui cherche à imposer le fait accompli
sur le terrain d’une manière systématique et
régulière ? Personne ne se pose la question.
Personne ne se demande non plus pourquoi Israël
a arrêté la mise en application des ententes
de Charm Al-Cheikh ? Comment le ministre des
Affaires étrangères israélien a-t-il pu venir
en Egypte pour demander qu’elle aide son pays
à établir des relations avec sept pays arabes
au moment où les troupes israéliennes continuent
à envahir les villes de la Cisjordanie, à assassiner
des cadres palestiniens ?
Lorsque
Sharon était arrivé à Charm Al-Cheikh, nous
avons rappelé que ses promesses étaient mensongères
et qu’il ne fallait pas compter sur les accords
conclus avec lui. Nous avons dit que son passé
en était la preuve. Pas besoin de dire que l’opacité
de la position américaine est délibérée. Son
objectif est de couvrir les violations israéliennes.
Bush ne prendra jamais le risque de faire des
pressions réelles sur Sharon qui a menacé tout
le monde que la tension en Israël était telle
qu’on se croirait à la veille d’une guerre civile.
Et ce, à cause du plan de retrait de Gaza et
l’évacuation des colonies. Espérons que ceci
sera vrai.