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La vie mondaine
Réflexion. Anouar Abdel-Malek tente d’analyser les multiples sens d’une notion qui est au cœur des débats et des affrontements actuels dans le monde.
La problématique de la civilisation

Conflit des civilisations, dialogue des civilisations, jamais ce mot n’a été autant utilisé, jamais il n’a paru aussi ambigu et chargé de sens contraires. Désigne-t-il un état auquel l’humanité a accédé à une étape donnée ? Désigne-t-il un type de culture, de mode de vie, de connaissances où les hommes dits civilisés peuvent se reconnaître ? S’il en est ainsi, cela ne veut-il pas dire exclure l’autre ou d’autres ? Qualifie-t-il uniquement des ordres anciens qui ont pu nous léguer un patrimoine s’insérant dans une dynamique continue, à l’exemple des civilisations pharaonique et grecque ? De telles interrogations surgissent d’emblée à la lecture du livre du sociologue et penseur égyptien Anouar Abdel-Malek paru aux éditions Dar Al-Hilal et intitulé Fi Ossoul al-masaala al-hadariya (A l’origine de la question de la civilisation).

L’auteur souligne que la question s’impose de plus en plus dans le monde contemporain avec une tendance nouvelle, qui même si elle peut remonter à l’Antiquité gréco-romaine, vise à assimiler, voire à réduire la civilisation à celle de l’Occident, à partir de l’Europe jusqu’à la centralisation américaine actuelle. La dynamique de la civilisation occidentale, son universalité quasiment inévitable s’est faite à l’aide de nombreux moyens, nous explique l’auteur dans l’introduction de l’ouvrage : la découverte des lignes maritimes, les caravanes de l’invasion, du commerce, de l’évangélisation qui a déraciné les restes des civilisations amérindiennes, et pour le Moyen-Orient, ce furent les croisades. A cette action correspondra par la suite la colonisation avec tous ses méfaits.

A l’heure de la mondialisation, la question se pose de plus en plus. Qui est l’autre ? Cette civilisation d’autrui, de l’Oriental notamment serait ainsi les restes d’anciennes entités que les penseurs occidentaux ont convenu d’appeler « les peuples anciens » ou, à partir du XVIIIe siècle, les vieilles civilisations. Une notion qui réfère plus à l’altérité sans avoir conscience que cet autre puisse avoir une place et un statut dans le monde moderne. L’éveil des peuples et la résurgence des nationalismes de Mohamad Ali jusqu’à la deuxième guerre mondiale ont fait que certains penseurs occidentaux ont pu jusqu’à concevoir ou imaginer l’idée d’un crépuscule de la civilisation occidentale, on peut dire plutôt sa relativisation. Le livre d’Abdel-Malek est fait de chapitres qui constituent chacun une vision ou l’analyse de faits en rapport avec cette question et surtout sa méthodologie. Mais l’ouvrage est aussi un regard lancé sur l’état actuel des choses où la notion de civilisation est au cœur de relations problématiques entre les Etats et les groupes d’Etats. L’auteur n’ignore pas un événement central qui a servi de catalyseur à cet état actuel des choses : les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, qu’il situe dans un contexte où ils ont pu servir de détonateur d’une arme déjà chargée attendant celui qui la déclenche.

Outre l’affrontement de l’autre par la violence qui est celui de Washington, il y a ce dénigrement des civilisations anciennes qui n’auraient le moindre lien ou efficacité concernant la vie moderne, le reste d’un passé rayonnant aujourd’hui devenu obsolète.

L’ouvrage tend à infirmer nombreuses de ces thèses, mais il reste qu’il développe peu les facteurs de la chute ou du déclin de l’autre civilisation, dans notre cas celle arabo-musulmane, même après la période de la Nahda (Renaissance). Au-delà des conquêtes militaires occidentales et autres aspects, n’est-il pas évident qu’en perdant sur le terrain de l’innovation et de la conquête du monde, y compris par l’esprit, la civilisation arabo-musulmane se prive des outils assurant sa survie ? L’auteur nous invite de toute façon à examiner des projets nationaux de manière précise et objective, « alliant une profonde orientation civilisationnelle au nouveau et au différent. Une chose possible, voire nécessaire si l’on veut s’écarter de l’immobilisme et du retour aux idées ancestrales (salafisme) » .

Ahmed Loutfi
 

Repenser les siècles turcs au pays des pyramides ...

La sortie du livre La Culture turque en Egypte aux éditions du Centre des recherches de l’histoire, des arts et de la culture islamique à Istanbul est due principalement aux efforts déployés par l’Egyptien Akmaleddine Ihsane Oghli, le secrétaire général actuel de l’Organisme de la conférence islamique, et professeur de langue turque aux universités égyptiennes. Avec la contribution de Saleh Sadaoui, ex-professeur au département des langues orientales à la faculté des lettres de l’Université Aïn-Chams.

Il s’agit d’une tentative préliminaire de projeter la lumière sur les différents aspects de la culture turque en Egypte, mais surtout de forger une nouvelle voie aux chercheurs pour explorer les influences culturelles mutuelles entre Egyptiens et Turcs, en matière de langue, littérature, art, pensée, traditions et coutumes, etc. L’ouvrage aborde l’interaction en matière de civilisation entre Egyptiens et Turcs, et comporte également un lexique des termes turcs inclus dans le dialectal égyptien. En plus du lexique, le livre compte 600 pages, avec 5 chapitres : le premier sur les Turcs en Egypte, le second sur l’architecture et les arts turcs en Egypte, le troisième sur l’impact des Turcs sur la vie économique et sociale en Egypte, le quatrième aborde l’échange culturel entre Egyptiens et Turcs, et enfin le cinquième se consacre à la langue turque .

Zeinab Saad Zaghloul
 

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