Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Idées

L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Religion. Brillant et fin théologien, le nouveau souverain pontife dirigeait la congrégation pour la doctrine de la foi, l’héritière de la sainte inquisition tristement célèbre pour ses bûchers et ses autodafés de la fin du Moyen-Age. Son conservatisme soulève des questions.

Un pape de l’intransigeance

Agé de 78 ans, Benoît XVI, élu pape mardi 19 avril, est considéré comme le chef du camp conservateur. Ses partisans l’ont d’ailleurs fièrement surnommé « le grand inquisiteur » et saluent son action pour « écraser les hérésies ». Doyen du Collège des cardinaux, il a fustigé lundi « la dictature du relativisme », fait le procès de ceux qui, dans l’Eglise, se sont laissés séduire par des « courants de mode ».

Chargé par Jean-Paul II de rédiger les textes de méditation du chemin de la Croix pour la semaine sainte, il avait livré un véritable réquisitoire dans lequel il avait fustigé « les souillures » et « l’orgueil » au sein de l’Eglise. « Souvent, Seigneur, ton Eglise nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toutes parts », avait-il déploré.

Le ton de ce prince de l’Eglise intransigeant n’a pas surpris. Né le 16 avril 1927 en Bavière, Joseph Ratzinger a été ordonné prêtre en 1951, fait archevêque de Munich en 1977 et cardinal quatre mois plus tard, le 27 juin 1977, par Paul VI. Il était l’un des trois cardinaux électeurs à ne pas devoir sa pourpre à Jean-Paul II.

Ratzinger n’a pas les faveurs de nombreux catholiques progressistes. De 1981 à aujourd’hui, ses interdits ne se comptent plus : non à l’ordination des femmes, non au mariage des prêtres, non à l’homosexualité, non au communisme, non aux « abus » dans la pratique du sacrement eucharistique. Ses prises de position sont tranchantes, comme son regard bleu métal et son sourire pincé. Elles ont souvent menacé de provoquer des crises politiques.

Face à une Eglise en crise, il préconise le repli et le rapprochement avec les mouvements catholiques les plus radicaux, voire « fondamentalistes ». « Le Seigneur sait agir avec des instruments insuffisants ». Benoît XVI avait de l’émotion dans la voix en se plaçant sous les auspices de Dieu. De l’émotion aussi dans la foule massée sur la place Saint-Pierre qui acclamait tout à la fois le nouveau pape et le nouvel évêque de Rome. De l’émotion, oui. Mais pas de frisson semblable à celui ressenti par les fidèles, il y a 26 ans, lorsque Jean-Paul II lança son fameux « N’ayez pas peur ! ». C’est que le cardinal Joseph Ratzinger n’a jamais laissé indifférent.

Aujourd’hui, c’est Benoît XVI qui est à la barre. Sera-t-il un pape de transition comme le laisse supposer son grand âge ? Ou au contraire imprimera-t-il sa marque ? Son premier grand rendez-vous est connu : Cologne, chez lui en Allemagne, face aux jeunes venus du monde entier pour les Journées mondiales de la jeunesse. Ce pape à la main de fer dans un gant de velours pourrait étonner. Pourfendeur de la théologie de la libération ou de ses contestataires, il est aussi l’ami de beaucoup qui ne pensent pas vraiment comme lui.

Mais les défis à relever sont, eux, nombreux et bien là : la chute du nombre des vocations religieuses, la concurrence entre les religions, le dialogue œcuménique, l’évolution des mœurs, la place de la femme dans l’Eglise, la violence, etc.

Retour au sommaire

 

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631