Alexandrie,
De notre envoyée spéciale —
«
Un rêve enfin devenu réalité ». C’est le sentiment partagé par
l’ensemble des personnalités présentes à l’inauguration de la
Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindt (du nom de l’ancienne
ministre des Affaires étrangères suédoise, assassinée il y a
deux ans) pour le dialogue entre les cultures, inaugurée le
20 avril à Alexandrie. Des représentants de 35 pays euro-méditerranéens
ont assisté à l’inauguration dont le ministre de la Culture,
Farouk Hosni.
L’idée
de fonder au Proche-Orient une institution prônant le dialogue
entre les cultures est née il y a trois ans lors de la réunion
des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne
à Valence. Son objectif ? Donner un élan au partenariat euro-méditerranéen.
« Notre rôle consiste à créer une coopération entre les organisations
de la société civile de part et d’autre de la Méditerranée dans
les domaines de l’éducation, de la femme et de la jeunesse.
Il s’agit de rapprocher les deux rives de la Méditerranée sur
le plan social et culturel », explique le directeur exécutif
de la fondation, Traugott Schoefthaler.
Le
partenariat euro-méditerranéen a été créé il y a dix ans par
la déclaration de Barcelone et comprend 35 pays. « Les 35 pays
membres de l’Euromed recevront tous les deux mois un rapport
sur nos activités », ajoute le directeur. « La création de cette
fondation nous réconforte. De cette manière, les valeurs de
paix et de dialogue que Anna Lindt a toujours prônées au cours
de sa vie, resteront vivantes », a déclaré à Al-Ahram Hebdo
la ministre suédoise des Affaires étrangères, Leila Freivalds.
« La création de cet institut est une manière de prouver qu’après
tout, les gens en Europe, en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient
ne sont pas très différents les uns des autres. L’essentiel,
c’est d’améliorer notre connaissance mutuelle. Nous devons communiquer
et apprendre un peu plus les uns sur les autres. Réunir et faire
travailler ensemble des jeunes de tous les pays euro-méditerranéens
est une chose formidable », poursuit Freivalds. Et de conclure
: « La priorité pour nous est de promouvoir le rôle de la femme,
de l’impliquer davantage dans la vie professionnelle ». Mais
le rôle de la femme, surtout au sud de la Méditerranée, est
également souligné par Assia Ben Alaoui, co-présidente du groupe
d’experts de haut niveau de la Commission européenne, le « groupe
des sages ». « Les femmes ne doivent pas jouer le rôle de figurantes
dans la constitution de notre propre histoire », souligne-t-elle.
« Une réévaluation du rôle de la femme est nécessaire pour la
sortir de l’ombre. Ceci en mettant l’accent sur l’éducation
non seulement pendant l’enfance, mais aussi tout le long de
sa vie ».
La
Fondation Anna Lindt est financée par les 35 pays membres du
partenariat euro-méditerranéen et son budget est de 11 millions
d’euros. Des pays comme l’Italie et l’Espagne s’y sont fortement
engagés. « L’Espagne a présenté une contribution d’un million
d’euros, ce qui reflète l’importance que nous accordons à ce
projet. Notre premier ministre, José Luis Zapatero, a lancé
lors de son discours aux Nations-Unies le fameux discours sur
l’alliance des civilisations, idée qu’il a également lancée
lors du sommet arabe, et qui vise à faire face au concept du
choc des civilisations », explique Juan Prat y Col, un diplomate
espagnol présent à l’inauguration.