Lloyd
Axworthy : En tant que président de l’Université canadienne
de Winnipeg, je pense qu’il est très important pour nous d’établir
des contacts au niveau global. Ce qui permet de créer des liens
entre différentes parties du monde, et de cette manière nous
pouvons non seulement enseigner et partager nos connaissances,
mais aussi apprendre et mieux comprendre les autres. Une université
canadienne au Caire, ville qui est un pôle important au Moyen-Orient,
nous permet d’enseigner, de mener des recherches et de nous
engager dans un certain nombre de questions. Par exemple, nous
savons qu’au Caire nombreux sont ceux qui partagent nos préoccupations
sur des sujets tels que l’environnement, les droits de l’homme
et certaines questions d’ordre scientifique. Je viens d’un pays
où nous partageons un fleuve avec les Etats-Unis. Et ce fleuve
est en train d’être pollué de manière quasi délibérée. Alors,
une question qui se pose à nous est la gestion des eaux et la
manière de l’accomplir.
—
Cela signifie-t-il que cette université sera plus scientifique
que littéraire ?
—
Je pense que le mot-clé est l’interdiscipline. Il faut faire
en sorte que les scientifiques s’unissent aux philosophes, théologiens,
etc., pour comprendre comment fonctionne le monde. Il est vrai
que du point de vue académique, on tend toujours à définir les
choses de manière très spécifique, mais personnellement, je
pense qu’un scientifique, par exemple, doit pouvoir travailler
sur la pollution des eaux et traiter avec des politiciens. Donc,
l’interdisciplinarité est très importante, et il est aussi très
important de commencer à utiliser le savoir-faire des uns et
des autres, et partager les recherches et expériences.
—
En quoi consistera la participation du Canada à cette université
?
—
Pour ce qui est de ma propre université, celle de Winnipeg,
il s’agira de transmettre certaines de nos compétences dans
les domaines des systèmes d’information et en matière de bibliothèques,
mais également concernant des questions scientifiques et environnementales.
Nous avons passé de nombreuses années à développer des méthodes
de recherche et pour cela, je pense que nous pouvons être utiles.
J’espère que nous pourrons engager une relation beaucoup plus
forte entre les étudiants égyptiens et les académiciens, les
personnes de ma propre université.
—
Justement, les professeurs de cette université seront-ils canadiens
ou égyptiens ?
—
Les deux. Je conçois un modèle de coopération et j’utilise nos
travaux dans le domaine des bibliothèques comme un bon exemple.
Nos bibliothèques ont été les premières à utiliser la technologie
de l’information. Ainsi, au lieu de recourir à des piles de
livres, nous avons recours à des procédés numériques. Nous possédons
également des techniques très avancées d’enseignement à distance.
Nous pouvons donc partager toutes sortes de techniques sur lesquelles
nous avons déjà travaillé. Et même, je pense que si on combine
les talents des Egyptiens et des Canadiens dans certains domaines,
nous pouvons construire quelque chose de nouveau.
—
Quel est le rôle de la fondation Al-Ahram dans la création de
cette université ?
—
La fondation Al-Ahram est l’organisation hôte fondatrice. En
fait, trois ou quatre universités canadiennes aimeraient faire
partie du groupe fondateur. Elles collaboreront au projet en
fournissant des cours et en procédant à des échanges.