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Education . L’université canadienne Al-Ahram ouvrira ses portes en octobre prochain et comportera 12 facultés. Lloyd Axworthy, ancien ministre canadien des Affaires étrangères, président de l’Université de Winnipeg et membre du Conseil des curateurs, évoque le rôle de cette institution.
« En combinant les talents, nous construirons quelque chose de nouveau »
Al-Ahram Hebdo : Pourquoi le Canada a-t-il décidé de participer à la création d’un établissement universitaire en Egypte ?  

Lloyd Axworthy : En tant que président de l’Université canadienne de Winnipeg, je pense qu’il est très important pour nous d’établir des contacts au niveau global. Ce qui permet de créer des liens entre différentes parties du monde, et de cette manière nous pouvons non seulement enseigner et partager nos connaissances, mais aussi apprendre et mieux comprendre les autres. Une université canadienne au Caire, ville qui est un pôle important au Moyen-Orient, nous permet d’enseigner, de mener des recherches et de nous engager dans un certain nombre de questions. Par exemple, nous savons qu’au Caire nombreux sont ceux qui partagent nos préoccupations sur des sujets tels que l’environnement, les droits de l’homme et certaines questions d’ordre scientifique. Je viens d’un pays où nous partageons un fleuve avec les Etats-Unis. Et ce fleuve est en train d’être pollué de manière quasi délibérée. Alors, une question qui se pose à nous est la gestion des eaux et la manière de l’accomplir.

— Cela signifie-t-il que cette université sera plus scientifique que littéraire ?

— Je pense que le mot-clé est l’interdiscipline. Il faut faire en sorte que les scientifiques s’unissent aux philosophes, théologiens, etc., pour comprendre comment fonctionne le monde. Il est vrai que du point de vue académique, on tend toujours à définir les choses de manière très spécifique, mais personnellement, je pense qu’un scientifique, par exemple, doit pouvoir travailler sur la pollution des eaux et traiter avec des politiciens. Donc, l’interdisciplinarité est très importante, et il est aussi très important de commencer à utiliser le savoir-faire des uns et des autres, et partager les recherches et expériences.

— En quoi consistera la participation du Canada à cette université ?

— Pour ce qui est de ma propre université, celle de Winnipeg, il s’agira de transmettre certaines de nos compétences dans les domaines des systèmes d’information et en matière de bibliothèques, mais également concernant des questions scientifiques et environnementales. Nous avons passé de nombreuses années à développer des méthodes de recherche et pour cela, je pense que nous pouvons être utiles. J’espère que nous pourrons engager une relation beaucoup plus forte entre les étudiants égyptiens et les académiciens, les personnes de ma propre université.

— Justement, les professeurs de cette université seront-ils canadiens ou égyptiens ?

— Les deux. Je conçois un modèle de coopération et j’utilise nos travaux dans le domaine des bibliothèques comme un bon exemple. Nos bibliothèques ont été les premières à utiliser la technologie de l’information. Ainsi, au lieu de recourir à des piles de livres, nous avons recours à des procédés numériques. Nous possédons également des techniques très avancées d’enseignement à distance. Nous pouvons donc partager toutes sortes de techniques sur lesquelles nous avons déjà travaillé. Et même, je pense que si on combine les talents des Egyptiens et des Canadiens dans certains domaines, nous pouvons construire quelque chose de nouveau.

— Quel est le rôle de la fondation Al-Ahram dans la création de cette université ?

— La fondation Al-Ahram est l’organisation hôte fondatrice. En fait, trois ou quatre universités canadiennes aimeraient faire partie du groupe fondateur. Elles collaboreront au projet en fournissant des cours et en procédant à des échanges.

Propos recueillis par
Randa Achmawi

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