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Paroles Elim Dutra, ambassadeur du Brésil au Caire, appelle les Egyptiens à favoriser une coopération économique et culturelle plus riche avec son pays.

« Je pense que le moment est opportun »

L’ambassadeur du Brésil au Caire, S.E. M. Elim Dutra, est aussi un sculpteur de renommée mondiale. Pour lui, ces deux aspects de sa vie (diplomatie et art) sont aussi indissociables que les deux faces d’une monnaie. « Ce sont mes deux amours, mes deux passions auxquelles je me consacre pleinement, parfois je pense qu’il faut même créer, trouver le temps nécessaire pour les entretenir. Je travaille souvent jour et nuit, mais le résultat de mes efforts m’apporte toujours une très grande satisfaction, et soulage ma fatigue », explique l’ambassadeur. Et de poursuivre : « Très jeune, lorsque j’étais encore étudiant à l’Académie diplomatique, je suivais en parallèle des études à l’école de sculpture à Rio de Janeiro. Lorsque j’ai terminé mes études, il était évident que j’allais poursuivre deux carrières ».

Diplomate, ses postes à l’étranger ont été assez diversifiés et n’ont pas manqué de lui rapporter une expérience précieuse. « Pour moi, le travail diplomatique est une vocation. De plus, j’ai toujours eu la chance de travailler dans des pays culturellement très enrichissants, des pays avec lesquels j’ai établi des liens particuliers ». Ainsi, Dutra a été deuxième secrétaire à l’ambassade du Brésil à Rome et à Buenos Aires, conseiller à Washington et à Bogota et ministre conseiller à Bonn. De retour au Brésil, il a exercé les fonctions de directeur général de l’Agence gouvernementale de coopération, puis nommé ambassadeur en Suède, avant de débarquer au Caire, en septembre dernier.

Dutra n’arrive pas à cacher son éblouissement face à la richesse du patrimoine égyptien. « Je pense que le moment est opportun pour promouvoir les cultures égyptienne au Brésil et brésilienne au Caire », estime-t-il, faisant allusion aux événements culturels prévus cette année, dont l’organisation d’une « semaine égyptienne » à Sao Paulo, en octobre prochain.

Dutra a saisi l’occasion pour inviter les ministres de la Culture égyptien et brésilien, Farouk Hosni et Gilberto Gil, tous deux artistes de renom, à organiser des manifestations culturelles dans leurs pays respectifs. « En tant que peintre, le ministre égyptien pourrait organiser une exposition au Brésil. De son côté, Gilberto Gil, qui est un célèbre chanteur, pourrait également venir ici animer un concert », explique-t-il. Selon lui, le rapprochement culturel est le meilleur moyen d’envisager des relations bilatérales sur plusieurs plans comme la coopération économique. Mais Dutra regrette que les Egyptiens connaissent si peu le Brésil. « Parfois je pense que le déséquilibre de la balance commerciale entre les deux pays, qui penche fortement en faveur du Brésil, s’explique en quelque sorte par le fait que les hommes d’affaires brésiliens ont plus cherché à connaître l’Egypte que ne l’ont fait les Egyptiens vis-à-vis du Brésil », explique-t-il. Cette année, les exportations brésiliennes vers l’Egypte ont atteint 650 millions de dollars, alors que les exportations égyptiennes vers ce pays n’ont pas dépassé 33 millions de dollars, c’est peut-être cet écart que M. l’ambassadeur a voulu dénoncer. « Le Brésil est un marché géant composé de 180 millions d’habitants. Ici en Egypte, il faut exploiter ce marché et les opportunités qu’il offre », propose-t-il. Et d’ajouter : « Je me suis toujours posé la question : Pourquoi ne pas tenter d’introduire au Brésil les produits pharmaceutiques égyptiens qui sont de très bonne qualité et offrent des prix compétitifs ? ».

Dutra espère que les relations entre les deux pays feront l’objet d’un élan très important à l’occasion du Sommet Amérique du Sud-monde arabe, prévu les 10 et 11 mai à Brasilia. « Cet événement ne va pas seulement favoriser le rapprochement entre nos deux pays, il fera plus : il établira des ponts politiques, économiques et culturels entre deux mondes », conclut Dutra .

Randa Achmawi

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