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La vie mondaine

Société . Décadence du langage, tabous brisés, changement de mœurs ... Une de nos lectrices dénonce les attitudes des jeunes d’aujourd’hui.

Les chaînes satellites seules responsables ?

Les libertés acquises ces dernières années ont permis aux gens de dépasser certaines limites. Les frontières du bon goût et les tabous ont été transgressés. Etrangement, peu de plaintes sont émises à ce sujet et nous nous sommes habitués à une façon très rude de parler. Le changement qui touche la société est flagrant. Il n’existe presque plus de tabous dans le langage, qui devient impudique. Ceci est également valable pour la télévision, le cinéma et surtout dans les vidéoclips. N’importe quel film ou feuilleton égyptien actuel montre que notre dialecte n’est plus ce qu’il était. Est-ce pour choquer ou pour se démarquer ?

Il y avait une période où les phrases « cela ne se fait pas » ou « cela ne se dit pas » faisaient partie intégrante de l’éducation. Mais, actuellement, ce n’est plus le cas. Les enfants ne s’intéressent plus à ce que disent leurs parents. Dans la rue, à l’école, ou au club, ils sont influencés par ce qu’ils entendent, sans compter les images qu’ils voient à la télévision. Les vidéoclips qui envahissent soit les chaînes locales, soit les chaînes satellites empoisonnent l’esprit des adultes, des adolescents et des enfants.

Et c’est ainsi que les enfants et les adolescents grandissent, avec le langage de la rue. Ils ne vivent plus leur âge et deviennent des adultes miniatures. Si vous observez les enfants et les jeunes, vous serez choqués par leur comportement, leur mentalité et leurs vêtements. Ils imitent la façon de parler et d’agir de leurs idoles. La plupart du temps, ils ne réalisent pas à quel point ils disent des choses méchantes ou agissent indécemment. Et lorsque finalement ils s’en rendent compte, ils adorent continuer puisque c’est interdit. Ils affichent ainsi leur liberté. Nous sommes tellement habitués à ces comportements insolents que cela ne dérange plus personne. Où sont donc passées les mœurs et les coutumes d’autrefois ? Où est notre identité ?

Il est à noter que la décadence du langage et de la langue est le symbole de la perte de nos traditions et de nos principes. Le langage n’est pas seulement un moyen de communication, mais plutôt une forme de comportement dans la société. S’habituer aux gros mots et aux images indécentes prouve que nous perdons notre identité. Nous ne sommes pas contre le changement qui touche la société, mais à force de mutations, de nombreuses valeurs se perdront et laisseront place à de nouvelles habitudes provenant d’autres cultures. Il faut que nous gardions notre identité, car les changements ne sont pas toujours synonymes de progrès.

 
Salma Mohsein, Le Caire.



Point de vue !!

« Les malheurs particuliers font le bien général, de sorte que plus il y a de malheurs particuliers, et tout va de mieux en mieux », Voltaire, homme de littérature français du XVIIIe siècle.

« A distance, les maux divertissent leur homme », Homère, philosophe de la Grèce ancienne.

En lisant ces deux citations pour la première fois, il était difficile de comprendre leur morale et ce qu’elles voulaient dire. Mais, en faisant défiler les événements terribles qui se passent dans notre monde, elles m’ont fait comprendre ce que les malheurs sont dans l’esprit de l’homme.

Par exemple, en une année, le monde a souffert de la mort de grands hommes comme Ahmad Zaki, Rafiq Al-Hariri, le pape du Vatican, la catastrophe du tsunami, les attaques des Américains en Iraq, les Palestiniens qui sont tués chaque jour, la pauvreté dans notre pays, et plus récemment l’explosion du quartier d’Al-Azhar.

Après tout cela, nous sentons une paix intérieure et lorsqu’on entend chaque jour une mauvaise nouvelle, on ne se sent plus si malheureux ou gênés.

Peut-être que cela crée en nous un trait vicieux, mais la romancière tchèque du XIXe siècle Bouena Nimcov a tout simplement dit : « Par le malheur et par la douleur, l’homme se purifie de tout vice comme l’or par le feu ».

Fayrouz Kaddal, Alexandrie.



Une Barbie pas comme les autres

C’est en offrant la « poupée du mouled » que nous célébrons tous les ans l’anniversaire de la naissance du prophète de l’islam, Mohamad.

Partout, dans tous les quartiers du Caire, des dizaines d’étalages aux couleurs vives font leur apparition. Ils exposent, au milieu de pyramides de friandises, les « poupées du mouled » que les jeunes se doivent d’offrir à leur promise en même temps que les sucreries traditionnelles.

Avec ce genre de fête, les gens ne font pas attention et se jettent dans les sucreries, prenant des kilos pas possible ! La santé vient alors en deuxième position ...

Je voudrais faire un petit rappel historique. L’Egypte est le seul pays musulman à observer cette coutume. D’ailleurs, certains historiens la font remonter à la fondation du Caire par les Fatimides, venus du Maghreb, il y a plus de mille ans (en 969). Les Fatimides auraient eux-mêmes hérité cette coutume des Byzantins.

Ahmad Khalil, Le Caire.



Merci

A chaque lever du soleil

Quand j’ouvre mes yeux

A ce premier rayon vermeil

Qui éclaire tous les cieux

Quand toutes mes sensations s’éveillent

Je ne cesse de remercier Mon Dieu

A chaque coucher du soleil

A une journée on dit Adieu

Quand on est plus sommeil

Et l’univers sombre, ténébreux

Quand je rêve ou je veille

Je ne cesse de remercier Mon Dieu

Je remercie ce Grand Créateur

En admirant la beauté de cette nature

Ayant toujours l’honneur

D’être une de ces créatures

Je le remercie de toutes ces faveurs

Qu’il nous offre et nous procure

Malgré toutes ces peines et ces malheurs

Il y a tant de dons

Il nous offre avec usure ...

Mais c’est toujours l’égoïsme de cet être humain

Qui ne pense qu’à son intérêt

Et comment gagner son pain

Sans le donner ou le partager

A celui qui en a besoin

Il hurle, il crie, il se plaint

De ces manques qui l’accablent

Et parfois même d’un « rien »

Il prétend toujours être un misérable

Un patient qui manque de soins

Il ne cesse de faire des blâmes

De plaindre son destin, son sort,

D’être la proie des ces êtres infâmes

Ayant toujours peur de la fin et la mort

Il attend quelqu’un pour le sauver de ses flammes

Pour le mener à son éternel port

pour changer l’atrocité de ces âmes

Et lui ouvrir ces portes closes …

Dalia Elkony, Alexandrie.



Al-Ahram Hebdo : un outil indispensable

Je suis un fidèle lecteur de votre journal depuis longtemps. Lorsque j’étais en Egypte, Al-Ahram Hebdo m’a beaucoup aidé dans mes études en langue française, c’était un instrument efficace pour apprendre la langue.

Lorsque je suis arrivé en France pour poursuivre ma thèse de doctorat en droit, j’ai constaté que tous mes collègues français, notamment de la faculté de journalisme de l’Université de Lyon 2, connaissaient très bien Al-Ahram Hebdo. Ce journal est un outil indispensable pour tous les Français qui veulent connaître l’Egypte. Je tire mon chapeau à toute l’équipe.

Yassin el Shazly, France.



Un homme professionnel

Il y a maintenant une concurrence concernant les élections présidentielles en Egypte après la modification de la Constitution. Certains refusent que le président Hosni Moubarak se représente aux prochaines élections. Je pense qu’il est pourtant l’homme approprié pour ce poste car il a une très grande expérience de plus de 20 ans. Et puis, il saura conduire la politique de l’Egypte en cette conjoncture régionale et internationale très difficile. C’est vrai qu’il faut donner la chance aux autres pour obtenir ce poste, mais encore faut-il qu’ils soient capables d’assumer une telle charge ! Je pense que la situation actuelle ne supporte pas de risques.

Fatma El Zahraa El Damaty, Alexandrie.



L’immigration est-elle la solution ?

La plupart des jeunes considèrent l’émigration comme un moyen pour aboutir à leur but. De leur point de vue, nous ne vivons pas et la vie réelle existe à l’extérieur. Ce problème se trouve en Egypte autant que dans d’autres pays. Je suis l’une des jeunes qui voit que l’émigration nous offre beaucoup de possibilités : Une vie plus stable du côté financier (un bon travail, un bon salaire …). Mais il ne faut pas oublier que c’est très cher payé aussi.

Ces pauvres jeunes payent de leur dignité, ils sont traités comme des citoyens de deuxième catégorie même s’ils ont la nationalité. Ils ne jouissent pas de leur vie personnelle et familiale parce qu’ils travaillent tout le temps comme des machines pour amener l’argent sans aucun bonheur. De plus, fréquemment ils se sentent dépaysés et déracinés. Ils s’efforcent pour rencontrer une fidèle compagne dont ils sont habitués dans leur pays natal. Ces gens rasent les murs. En effet , il y a des pays qui favorisent l’émigration des jeunes pour profiter de leur capacité. Parmi ces pays, à mon avis, il y a les Etats-Unis qui s’attachent à accomplir leur objectif, celui de diriger tout le monde comme des marionnettes selon leur désir. Ces Etats ne visent que leur propre intérêt, et sont responsables de l’agression et de la violation de l’indépendance des peuples palestinien, iraqien et d’autres pays. Ces jeunes payent plus qu’ils ne gagnent. L’argent n’est pas toute la vie, c’est un moyen et pas un but.

Enfin, je pense que l’émigration n’est pas la solution la plus parfaite. Il faut qu’on soit une seule main pour mieux se développer avant d’être dévoré par ce monstre qui s’appelle l’émigration.

Christine Magdy, Le Caire.



Merci à l’Hebdo

Bonjour ! Je vous remercie de tous les efforts que vous déployez pour nous rapprocher de vos lecteurs. Ce en échangeant nos idées et nos points de vue à travers cette rubrique Courrier. J’aime cette rubrique car elle permet aux fidèles lecteurs de s’exprimer et d’échanger des points de vue.

Je profite de l’occasion pour vous féliciter pour votre dixième anniversaire.

De plus, Al-Ahram Hebdo m’aide beaucoup dans mes études de français à la faculté de pédagogie de Port-Saïd.

Imane Heibichi, Port-Saïd.
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