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Alors
que les relations entre la Chine et le Japon sont au plus bas
depuis des décennies, les deux géants asiatiques tentent tant
bien que mal d’éviter le pire. C’est donc dans un contexte de
crise aiguë que le premier ministre japonais, Junichiro Koizumi,
et le président chinois Hu Jintao se sont retrouvés en marge
du sommet afro-asiatique commémorant le cinquantenaire de la
Conférence de Bandung. Une rencontre qualifiée de positive par
le premier ministre japonais, qui avait lâché du lest en présentant
vendredi à Jakarta des « excuses sincères » pour les « souffrances
» infligées par le Japon sous l’Empire.
Le
président chinois a pour sa part déclaré que Pékin souhaitait
de bonnes relations entre les deux voisins asiatiques, mais
a ajouté qu’il avait dit à Koizumi que Tokyo devait réfléchir
sur son passé militariste. Hu a précisé vouloir que les divergences
entre les deux grandes puissances de l’Asie se règlent par la
voie du dialogue et a enjoint Koizumi de ne pas soutenir l’indépendance
de Taiwan. « Nous espérons que les dirigeants des deux pays
pourront (...) éliminer les impacts négatifs causés par les
erreurs du Japon afin que les relations sino-japonaises puissent
progresser en douceur sur des bases saines », a de son côté
affirmé Kong Quan, porte-parole du ministère chinois des Affaires
étrangères.
Si
Tokyo et Pékin sont conscients du danger d’une aggravation de
la crise et désirent la contenir, les divergences restent profondes
entre les deux parties et sont loin de concerner le nouveau
manuel scolaire dont la Chine estime qu’il occulte les abus
de l’armée japonaise. La Chine et le Japon sont en effet engagés
dans une lutte d’influence sur la scène régionale et internationale.
Pour la Chine, il s’agit de se réapproprier son espace (comme
Taiwan). Le Japon veut prouver qu’il est aujourd’hui le meilleur
défenseur de la coopération et de son corollaire, l’aide au
développement. En effet, le pays du Soleil Levant est l’une
des principales sources de financement de l’Onu et un généreux
donateur en Asie et en Afrique.
La
Chine, de son côté, voulait faire une démonstration de prestige
et de force à Jakarta. Pékin insiste sur le fait que sa politique
étrangère est inspirée par « l’esprit de Bandung », notamment
la coexistence pacifique et la non-ingérence dans les affaires
intérieures des autres pays. Membre fondateur des non-alignés,
ayant soutenu divers mouvements d’indépendance en Afrique et
en Asie, ce pays se veut aujourd’hui le leader du tiers-monde
dans les grandes instances internationales et une superpuissance
sur la scène mondiale. Pékin est largement disposé à payer la
note de ce leadership : ses relations commerciales avec les
pays asiatiques et africains sont en train d’exploser.
Outre
ces questions de leadership, la campagne de Tokyo pour un siège
permanent au Conseil de sécurité de l’Onu est un autre motif
de discorde, et pas des moindres. Pékin avait en effet déclaré,
par la voix du premier ministre Wen Jiabao, que le Japon devrait
mener une réflexion profonde sur sa campagne pour obtenir un
siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Des
propos qui constituent l’indication la plus directe aux réserves
de Pékin sur l’entrée du Japon parmi les membres permanents
du Conseil de sécurité . |