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Le
gouvernement soudanais fait face à une nouvelle crise. Les différents
partis de l’opposition soudanaise ont menacé dimanche dernier
de boycotter le processus de rédaction d’une Constitution intérimaire.
Or, il s’agissait là d’une étape-clé pour la mise en œuvre de
l’accord de paix entre le nord et le sud, signé à Nairobi le
9 janvier dernier et qui était censé mettre fin à 21 années
de guerre civile. « Cet accord est incomplet. Il ne résout pas
les problèmes du Soudan. Le pays a des conflits aussi bien au
nord, à l’est et au Darfour qu’au sud, mais le gouvernement
a choisi de traiter chaque conflit d’une façon bilatérale »,
explique un membre de l’opposition soudanaise qui a requis l’anonymat
et qui a participé à la réunion entre l’opposition et le gouvernement
soudanais tenue au Caire dimanche dernier. Les demandes de l’opposition
sont sans équivoque : elle souhaiterait une constitution qui
ne soit pas « bilatérale » entre le gouvernement et les ex-rebelles
du sud, selon les propos de la source anonyme. Pour ce, il aurait
fallu que la composition de la Commission chargée de la rédaction
de cette Constitution soit représentative du paysage politique.
Or, selon les partis de l’opposition, c’est loin d’être le cas.
Dans un communiqué conjoint de tous les partis d’opposition
publié dimanche dernier, l’opposition s’explique : « La Constitution
est un document qui doit exprimer le consensus de la nation
et de toutes les composantes du peuple soudanais, et qui devrait
garantir les droits de tous les partis, et pas seulement ceux
de partis spécifiques », indique le texte. Et c’est là que se
trouve le principal souci de l’opposition soudanaise, à savoir
la distribution des 60 sièges de la Commission Nationale de
Révision Constitutionnelle (CNRC). « Le gouvernement soudanais
vient de nous confirmer lors de la réunion que la distribution
de la CNRC sera basée sur l’accord de Nairobi », maintient le
membre de l’opposition. Or, cette distribution leur paraît inégale
: 52 % réservés au gouvernement, 28 % aux Sudistes et les 20
% restant aux autres formations politiques. Or, pour le Parti
Unioniste Démocratique (PUD), de Mohamad Osmane Al-Mirghani,
qui fait partie des signataires du communiqué, une nouvelle
négociation sur la formation du CNRC est urgente. « Nous ne
prendrons pas part à la commission constitutionnelle avec sa
composition actuelle et nous demandons que les forces politiques
soient représentées en fonction de leur puissance et de leur
poids », a lancé le vice-président du PUD, Ali Mahmoud Hassanein.
Avis partagé par le parti Oumma, de l’ex-premier ministre Sadeq
Al-Mahdi, un des principaux partis de l’opposition. Il refuse
également que la CNRC soit dominée par le Congrès national du
gouvernement et le SPLM (Mouvement populaire de la libération
du Soudan). Et il voudrait donc voir une représentation égale
de tous les mouvements politiques. Plus encore, que les décisions
soient prises par consensus et non pas à la majorité simple,
sinon elles seraient automatiquement dominées par le gouvernement
et le SPLM. Ce que l’Oumma souhaite est que la Constitution
soit approuvée par une conférence nationale regroupant toutes
les parties soudanaises. « Nos demandes ont été refusées par
les représentants du gouvernement lors de la réunion de dimanche
», explique le membre de l’opposition anonyme.
Or,
la CNCR est une étape obligatoire pour la création d’un gouvernement
d’unité nationale et le début d’une période de six ans au bout
de laquelle les populations du sud s’exprimeront lors d’un référendum
sur leur avenir et indiquerons s’ils souhaitent obtenir l’indépendance.
« On finira donc par avoir un sud indépendant et un Etat islamique
au nord. Nous nous battons donc pour que cette Constitution
soit nationale et implique toutes les forces politiques du pays.
Même si on finit par ne pas faire partie du nouveau gouvernement
soudanais, nous revendiquons toutes les libertés, notamment
les libertés d’expression et la protection des minorités. C’est
ce que nous voulons obtenir », rajoute la source anonyme. Si
le gouvernement campe sur ses positions, il y aura alors une
véritable impasse politique. Ce qui risque de donner lieu à
davantage d’instabilité au Soudan. Khartoum risque alors de
se retrouver dans une situation encore plus critique.
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