Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Soudan. Les partis de l’opposition refusent la composition de la commission chargée de réviser la Constitution intérimaire, condition nécessaire pour appliquer l’accord entre le nord et le sud. Ils revendiquent une représentation égale de tous les partis.

Khartoum : nouvelle impasse

Le gouvernement soudanais fait face à une nouvelle crise. Les différents partis de l’opposition soudanaise ont menacé dimanche dernier de boycotter le processus de rédaction d’une Constitution intérimaire. Or, il s’agissait là d’une étape-clé pour la mise en œuvre de l’accord de paix entre le nord et le sud, signé à Nairobi le 9 janvier dernier et qui était censé mettre fin à 21 années de guerre civile. « Cet accord est incomplet. Il ne résout pas les problèmes du Soudan. Le pays a des conflits aussi bien au nord, à l’est et au Darfour qu’au sud, mais le gouvernement a choisi de traiter chaque conflit d’une façon bilatérale », explique un membre de l’opposition soudanaise qui a requis l’anonymat et qui a participé à la réunion entre l’opposition et le gouvernement soudanais tenue au Caire dimanche dernier. Les demandes de l’opposition sont sans équivoque : elle souhaiterait une constitution qui ne soit pas « bilatérale » entre le gouvernement et les ex-rebelles du sud, selon les propos de la source anonyme. Pour ce, il aurait fallu que la composition de la Commission chargée de la rédaction de cette Constitution soit représentative du paysage politique. Or, selon les partis de l’opposition, c’est loin d’être le cas. Dans un communiqué conjoint de tous les partis d’opposition publié dimanche dernier, l’opposition s’explique : « La Constitution est un document qui doit exprimer le consensus de la nation et de toutes les composantes du peuple soudanais, et qui devrait garantir les droits de tous les partis, et pas seulement ceux de partis spécifiques », indique le texte. Et c’est là que se trouve le principal souci de l’opposition soudanaise, à savoir la distribution des 60 sièges de la Commission Nationale de Révision Constitutionnelle (CNRC). « Le gouvernement soudanais vient de nous confirmer lors de la réunion que la distribution de la CNRC sera basée sur l’accord de Nairobi », maintient le membre de l’opposition. Or, cette distribution leur paraît inégale : 52 % réservés au gouvernement, 28 % aux Sudistes et les 20 % restant aux autres formations politiques. Or, pour le Parti Unioniste Démocratique (PUD), de Mohamad Osmane Al-Mirghani, qui fait partie des signataires du communiqué, une nouvelle négociation sur la formation du CNRC est urgente. « Nous ne prendrons pas part à la commission constitutionnelle avec sa composition actuelle et nous demandons que les forces politiques soient représentées en fonction de leur puissance et de leur poids », a lancé le vice-président du PUD, Ali Mahmoud Hassanein. Avis partagé par le parti Oumma, de l’ex-premier ministre Sadeq Al-Mahdi, un des principaux partis de l’opposition. Il refuse également que la CNRC soit dominée par le Congrès national du gouvernement et le SPLM (Mouvement populaire de la libération du Soudan). Et il voudrait donc voir une représentation égale de tous les mouvements politiques. Plus encore, que les décisions soient prises par consensus et non pas à la majorité simple, sinon elles seraient automatiquement dominées par le gouvernement et le SPLM. Ce que l’Oumma souhaite est que la Constitution soit approuvée par une conférence nationale regroupant toutes les parties soudanaises. « Nos demandes ont été refusées par les représentants du gouvernement lors de la réunion de dimanche », explique le membre de l’opposition anonyme.

Or, la CNCR est une étape obligatoire pour la création d’un gouvernement d’unité nationale et le début d’une période de six ans au bout de laquelle les populations du sud s’exprimeront lors d’un référendum sur leur avenir et indiquerons s’ils souhaitent obtenir l’indépendance. « On finira donc par avoir un sud indépendant et un Etat islamique au nord. Nous nous battons donc pour que cette Constitution soit nationale et implique toutes les forces politiques du pays. Même si on finit par ne pas faire partie du nouveau gouvernement soudanais, nous revendiquons toutes les libertés, notamment les libertés d’expression et la protection des minorités. C’est ce que nous voulons obtenir », rajoute la source anonyme. Si le gouvernement campe sur ses positions, il y aura alors une véritable impasse politique. Ce qui risque de donner lieu à davantage d’instabilité au Soudan. Khartoum risque alors de se retrouver dans une situation encore plus critique.

Heba Zaghloul
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631