Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Palestine. Tandis que les Israéliens poursuivent leur politique de tergiversation, les Palestiniens procèdent à des réformes sécuritaires.

Une détermination à sens unique

Les Palestiniens sont déterminés à entreprendre toutes les mesures capables de mettre au pas les atermoiements israéliens, et n’épargnent aucun effort à même d’établir l’ordre et la sécurité. C’est ainsi que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, a imposé son autorité sur les services de sécurité, en écartant des responsables proches du défunt leader Yasser Arafat, quelques semaines avant sa visite aux Etats-Unis. Samedi, il a décidé d’importants changements à la tête des services, éloignant ainsi les responsables sur lesquels pesaient des soupçons de corruption.

Ainsi, le général Moussa Arafat, chef de la Sécurité nationale dans la bande de Gaza, a été nommé conseiller pour les affaires militaires auprès de Mahmoud Abbass, avec rang de ministre. Il a été remplacé par le général Souleimane Helef, tandis que le général Ahmed Abdelkarim prendra la tête des services de renseignements militaires dans l’ensemble des territoires palestiniens, et le général Hosni Rabaya a été désigné à la tête de la police.

M. Abbass a également appelé auprès de lui comme conseiller spécial avec rang de ministre le général Amine Al-Hindi, jusque-là chef des renseignements généraux pour la bande de Gaza et la Cisjordanie. Son successeur à la tête de ces services est le général Tareq Abou-Rajab.

Jibril Rajoub, conseiller pour la sécurité nationale à la présidence de l’Autorité palestinienne, a déclaré que ces nouvelles nominations seraient accompagnées par une législation visant à réformer les services de sécurité.

Bien avant ces nominations, M. Abbass avait décrété, le 14 avril, une réorganisation des forces de sécurité, les plaçant toutes, à l’exception des renseignements, sous la tutelle du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité nationale, le général Nasr Youssef.

Selon les analystes politiques, la pression des Américains pour des réformes sécuritaires avaient notamment motivé la décision de M. Abbass qui doit se rendre en mai à la Maison Blanche.

« Cela va aider Abou-Mazen (Mahmoud Abbass) dans ses discussions avec Bush. Il sera en mesure de dire à Bush : j’ai fait mon devoir et j’ai maintenant besoin de montrer à mon peuple que je peux obtenir des résultats sur les plans politique et économique », a souligné M. Mamdouh Nawfal, ancien conseiller de Yasser Arafat.


Un double enjeu

M. Abbass, qui a été élu en janvier dernier à la tête de l’Autorité palestinienne, a fait de la réforme des services de sécurité l’une de ses priorités. Il a reçu sur ce point l’appui de la communauté internationale lors de la conférence d’aide aux réformes qui s’est tenue à Londres début mars.

Pour lui, l’enjeu est double : il s’agit de mettre un terme aux agissements des hommes armés qui, profitant du déclin des services de sécurité depuis le début de l’Intifada, en septembre 2000, sévissent en toute impunité dans les villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi d’empêcher les groupes radicaux de commettre des attaques anti-israéliennes qui risqueraient de torpiller la fragile accalmie qui règne depuis fin janvier.

Toutefois, si les Palestiniens tentent à tout prix de saisir toute opportunité de paix, le premier ministre israélien Ariel Sharon a minimisé la valeur des mesures entreprises par les Palestiniens et a laissé entendre qu’il accepterait un report de trois semaines du plan de désengagement, compte tenu des sensibilités religieuses des colons, la date initialement prévue coïncidant avec une période de deuil du calendrier hébraïque. Les engagements de l’Etat hébreu ne semblent donc pas influencer les décisions de M. Sharon.

Le report du retrait de la bande de Gaza lui sert à préparer la construction de nouvelles colonies en Cisjordanie, a affirmé samedi à Jakarta le vice-premier ministre palestinien, Nabil Chaath.

« Israël affirme qu’il a besoin d’un accord international afin de surmonter l’opposition de l’extrême droite qui est opposée au retrait de Gaza, mais en fait Israël est en train de retarder son retrait de Gaza afin de s’accorder davantage de temps pour lancer des nouvelles colonies en Cisjordanie », a déclaré le responsable palestinien.

Nabil Chaath a indiqué avoir fait part aux organisateurs du sommet de Jakarta de sa « grande inquiétude » sur le retrait limité d’Israël des territoires occupés.

« Personne ne peut accepter l’échange de 5 %, ce que représente Gaza — 5 % de la totalité du territoire palestinien — contre 95 %, soit la Cisjordanie, complètement terrorisée par l’occupation inqualifiable, à travers les colonies et la construction de murs », a déclaré le responsable palestinien.

Outre le report du retrait de la bande de Gaza, le premier ministre israélien Ariel Sharon a exigé jeudi un arrêt total de ce qu’il a appelé le « terrorisme palestinien » avant qu’Israël ne s’engage dans une négociation de paix. Il a maintenu son intention de poursuivre la construction d’une centaine de nouveaux logements dans des implantations de Cisjordanie. Ainsi, M. Sharon attend des Palestiniens qu’ils luttent contre les factions armées, alors qu’il agit unilatéralement, faisant fi des obligations de l’Etat hébreu .

Rania Adel
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631