M.
Abbass, qui a été élu en janvier dernier à la tête de l’Autorité
palestinienne, a fait de la réforme des services de sécurité
l’une de ses priorités. Il a reçu sur ce point l’appui de la
communauté internationale lors de la conférence d’aide aux réformes
qui s’est tenue à Londres début mars.
Pour
lui, l’enjeu est double : il s’agit de mettre un terme aux agissements
des hommes armés qui, profitant du déclin des services de sécurité
depuis le début de l’Intifada, en septembre 2000, sévissent
en toute impunité dans les villes de Cisjordanie et de la bande
de Gaza, mais aussi d’empêcher les groupes radicaux de commettre
des attaques anti-israéliennes qui risqueraient de torpiller
la fragile accalmie qui règne depuis fin janvier.
Toutefois,
si les Palestiniens tentent à tout prix de saisir toute opportunité
de paix, le premier ministre israélien Ariel Sharon a minimisé
la valeur des mesures entreprises par les Palestiniens et a
laissé entendre qu’il accepterait un report de trois semaines
du plan de désengagement, compte tenu des sensibilités religieuses
des colons, la date initialement prévue coïncidant avec une
période de deuil du calendrier hébraïque. Les engagements de
l’Etat hébreu ne semblent donc pas influencer les décisions
de M. Sharon.
Le
report du retrait de la bande de Gaza lui sert à préparer la
construction de nouvelles colonies en Cisjordanie, a affirmé
samedi à Jakarta le vice-premier ministre palestinien, Nabil
Chaath.
«
Israël affirme qu’il a besoin d’un accord international afin
de surmonter l’opposition de l’extrême droite qui est opposée
au retrait de Gaza, mais en fait Israël est en train de retarder
son retrait de Gaza afin de s’accorder davantage de temps pour
lancer des nouvelles colonies en Cisjordanie », a déclaré le
responsable palestinien.
Nabil
Chaath a indiqué avoir fait part aux organisateurs du sommet
de Jakarta de sa « grande inquiétude » sur le retrait limité
d’Israël des territoires occupés.
«
Personne ne peut accepter l’échange de 5 %, ce que représente
Gaza — 5 % de la totalité du territoire palestinien — contre
95 %, soit la Cisjordanie, complètement terrorisée par l’occupation
inqualifiable, à travers les colonies et la construction de
murs », a déclaré le responsable palestinien.
Outre
le report du retrait de la bande de Gaza, le premier ministre
israélien Ariel Sharon a exigé jeudi un arrêt total de ce qu’il
a appelé le « terrorisme palestinien » avant qu’Israël ne s’engage
dans une négociation de paix. Il a maintenu son intention de
poursuivre la construction d’une centaine de nouveaux logements
dans des implantations de Cisjordanie. Ainsi, M. Sharon attend
des Palestiniens qu’ils luttent contre les factions armées,
alors qu’il agit unilatéralement, faisant fi des obligations
de l’Etat hébreu .
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