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Iraq
. Des différends de
dernière minute concernant la distribution des portefeuilles
ont encore une fois retardé la formation du gouvernement.
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| La
discorde s’éternise |
L’optimisme naissant au lendemain des élections
iraqiennes le 30 janvier dernier, se dissipe de plus en plus
avec le blocage qui perdure depuis trois mois empêchant la
formation du gouvernement. Ce blocage trouve son origine dans
l’incapacité des différentes composantes iraqiennes à s’entendre
sur les portefeuilles. Un facteur de plus qui vient s’ajouter
à la scène politique iraqienne caractérisée par l’incertitude
politique, et ayant comme toile de fond une insécurité persistante
jetant un doute quant au futur pays. En effet, les attentats
ne cessent de s’accroître en Iraq, alors que se multiplient
les signes d’impatience face aux interminables tractations
en vue de former le premier gouvernement après les élections
générales. Ainsi, alors que lundi matin une solution était
présentée comme imminente, un différend de dernière minute
a une fois de plus reporté l’annonce de la formation de l’exécutif.
Les discussions se sont donc poursuivies mardi entre les différents
partis politique. Et selon Jawad Maliki, numéro deux du parti
chiite Dawa, dont le chef, Ibrahim Jaafari a été désigné pour
former le cabinet, l’annonce doit se faire très prochainement.
Plusieurs réunions étaient d’ailleurs prévues mardi avec différents
groupes. Le nouveau gouvernement devrait comprendre au total
33 postes, dix-sept revenant aux chiites, huit aux Kurdes,
six aux sunnites, un aux Turcomans et un aux chrétiens, selon
M. Maliki. Lors des négociations, les Kurdes semblent avoir
perdu un poste et les sunnites en avoir gagné deux, une autre
source proche des négociations ayant indiqué lundi que le
cabinet allait être formé de 32 postes, dont dix-sept pour
les chiites, neuf pour les Kurdes, quatre pour les sunnites,
un pour les Turcomans et un pour les chrétiens.
M. Maliki a fait état de difficultés de dernière
minute liées à des demandes, qu’il a jugées excessives, de
groupes invités à participer au gouvernement, en particulier
la Liste iraqienne du premier ministre sortant Iyad Allaoui,
un chiite laïque, et un groupe de personnalités sunnites.
Selon le responsable chiite, la Liste iraqienne de M. Allaoui
qui a conditionné son entrée au gouvernement à l’obtention
d’un poste de vice-premier ministre et de quatre portefeuilles
ministériels, a « peu de chance » d’y participer. Le chef
des négociateurs de la Liste iraqienne, Rassem Awadi, a confirmé
l’impasse. « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos demandes
jusqu’à maintenant. Si elles ne sont pas satisfaites, nous
ne pouvons pas participer au gouvernement », a-t-il déclaré.
Même fermeté chez les sunnites du Front national. « Si nos
demandes ne sont pas acceptées, nous ne participerons pas
au gouvernement », a prévenu un de ses membres, Khalaf Alyane.
Rien de sûr donc quant à l’imminence d’une
solution, d’autant plus que des rebondissements de dernière
minute ont eu lieu à plusieurs reprises auparavant. En fait
la principale difficulté concernant la formation de l’exécutif
concerne la participation des sunnites, qui se sentent marginalisés
depuis la chute du régime de Saddam. Réunies samedi autour
du vice-président Ghazi Al-Yaouar, des personnalités sunnites
ont réclamé un poste de vice-premier ministre et sept ministères,
et appelé à une réunion d’urgence avec tous les protagonistes
politiques pour accélérer la formation d’un gouvernement.
Ces personnalités ont en outre souligné que le retard dans
la constitution du gouvernement était « devenu insupportable
pour les Iraqiens » et jugé inquiétante la dégradation de
la situation sécuritaire en raison de la « paralysie des services
de sécurité et des organismes étatiques ».
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Les
Etats-Unis s’impatientent |
Ces
interminables tractations et le retard qui s’ensuit ont suscité
l’impatience de l’Administration américaine qui exhorte les
dirigeants iraqiens à trouver un accord. La secrétaire d’Etat
Condoleezza Rice et le vice-président américains Dick Cheney
ont appelé les Iraqiens à faire vite. Selon un haut responsable
du département d’Etat qui a requis l’anonymat, Mme Rice a personnellement
appelé un des principaux dirigeants kurdes d’Iraq, Massoud Barzani,
chef du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK). Elle « a encouragé
(ces responsables iraqiens) à aller de l’avant pour la prochaine
phase », a-t-il ajouté. La poursuite d’un vide politique près
de trois mois après les élections du 30 janvier, attise la violence
et est « devenue insupportable pour les Iraqiens », ont en outre
regretté plusieurs personnalités iraqiennes. |
Inès
Issa |
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