Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Arts

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Festival national du cinéma égyptien . La onzième édition a été marquée par une absence de prise directe avec le vécu dans les documentaires. Ce qui est contraire à leur vocation.

La marginalité du réel

Revoir les films de fiction diffusés l’an dernier pendant ce Festival national du cinéma égyptien qui s’achève aujourd’hui est important. Mais d’habitude, le cinéma dont on attend le plus d’horizons à découvrir et à interroger à travers le festival est celui du documentaire, qui passe rarement sur les écrans pendant l’année. Ce cinéma-là n’est pas un monde figé, mais un univers en perpétuelle transformation. Or, le cas des documentaires mis en compétition ne nous éclaire pas sur notre situation en faisant écho à nos inquiétudes et nos problèmes, qui se multiplient sans jamais s’éteindre.

Un seul scénario s’est joué dans les documentaires de cette édition : une thématique tournée vers le passé contre l’approche du présent. A titre d’exemple, deux films, Honak mazala hayane (Là-bas est toujours vivant) de Ihab Radi et Wahat mansiya (Oasis oubliées) de Farouq Abdel-Khaleq partent sur les traces de vestiges de vies passées ou primitives dans des oasis confinées à l’oubli à l’est et à l’ouest du désert, sans s’appuyer sur des documentations scientifiques expliquant ces détails de vie, se contentant de relever quelques dessins incrustés sur les rochers des montagnes. Le premier de ces deux films, loin d’être une perle rare et qui a coûté près de 60 000 livres, met en échec le rôle moteur du Centre national du cinéma dans la mise en place de productions nationales intéressantes. Quand on sait que le budget moyen d’un documentaire est de 5 000 livres, la somme investie dans ce film futile aurait servi à financer 12 documentaires en prise directe avec la réalité. Le retour aux origines est certes source d’éblouissement, mais il arrache l’œuvre du cinéaste de l’exploration du présent qu’il importe de consulter et d’interroger. Or, le parti pris du Centre national de cinéma semble être d’en découdre avec l’approche du réel, d’étouffer la mauvaise odeur des inégalités outrancières et des affres dont il faut témoigner, résultant d’une économie non planifiée.

Pareille démarche se trouve dans des documentaires sur la biographie de l’érudit islamique Moustapha Mahmoud et du leader Hafez Donia, qui a bataillé dans les rangs de Saad Zaghloul. Lesquels ne réussissent pas à nous faire couler dans leurs images ou partager les préoccupations de leurs cinéastes. Parce que la préférence du public va pour les films fournissant de qmodèles, donnant forme à nos expériences pour les interpréter.

Cependant, un seul film se démarque de cet investissement manqué du réel, Al-Ketaba ala al-alwah (L’Ecriture sur les ardoises) de Bassam Ismaïl. Il raconte l’apprentissage élémentaire du Coran par de jeunes enfants dans un kottab (école coranique) sur la pente d’une montagne yéménite. Avec brio, le cinéaste montre les élèves enveloppés par la voix chaleureuse et vigoureuse de leur vieux maître et la brume environnante, leur ville perchée sur la montagne, les fleurs et les plantes de son jardin édénique, l’histoire d’un monde qui s’écrit au jour le jour. La réussite de ce film, produit par la chaîne satellite Al-Fagr saoudite, démontre que la mise en place de coproductions où un réalisateur égyptien et des finances arabes peuvent se combiner pour des projets d’emblée conçus pour un immense marché mondial est peut-être le véritable déáui déclenchera l’essor du documentaire national, le libérant de l’emprise de secteurs institutionnels ou académiques repliés sur des sujets de peu d’intérêt.

Amina Hassan

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631