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C’est la Fondation
Al-Mawred qui dirigera le théâtre Al-Guéneina selon une autorisation
d’exploitation de dix ans accordée par la Fondation Agha Khan,
propriétaire du parc d’Al-Azhar.
Situé
en plein air à proximité du restaurant principal, plutôt du
côté d’Al-Darb Al-Ahmar, le théâtre, qui compte 250 sièges,
attirera sans doute le public du parc, du moins par curiosité.
« Nous cherchons
à faire du théâtre un foyer regroupant tous genres d’arts. De
la musique, du chant, du théâtre, etc. Les groupes indépendants
auront sans doute le droit de présenter leur art sur ces planches
», souligne Samia Jahine, coordinatrice des projets au centre
Al-Mawred, fondé l’an dernier afin de regrouper plusieurs ONG
culturelles arabes, présentant une assistance financière aux
jeunes créateurs indépendants. Le centre avait jusqu’ici des
problèmes quant à installer son propre théâtre annexé à ses
locaux, à Doqqi.
Le théâtre inaugure
ses activités par une série de soirées musicales qui s’étendent
sur quatre jours, présentant des artistes du Liban, de la Palestine,
de l’Egypte et de la Syrie. La soirée de l’ouverture, le 28
avril, sera consacrée à Tewfiq Farroukh, compositeur et saxophoniste
libanais, lequel fait fusionner musique orientale et jazz. Il
donnera quelques morceaux choisis de ses trois CD en vente :
Ali à Broadway, De petits secrets, et Drabzine.
Le 29 avril, la
soirée sera animée par le nouveau groupe Lilac avec le compositeur,
luthiste et joueur de bouzok palestinien Khaled Jubran. Lilac
regroupe Tamer Abou-Ghazala, luthiste palestinien, Rabie Jubran,
chanteur palestinien, Houman Pourmehdi, percussionniste iranien,
et l’Anglaise Shirly au violoncelle. L’ensemble présentera des
arrangements modernes de Sayed Darwich et des frères Rahbani.
Ce, sans oublier le dernier morceau composé par Khaled Jubran
intitulé Psaume de la crucifixion.
Le 30 avril, c’est
au chanteur égyptien Ali Al-Haggar de donner la note avec les
Robaïyat (quatrains) de Salah Jahine, interprétés entièrement
sur scène pour la première fois, à l’occasion du 75e anniversaire
du poète Salah Jahine. Ces quatrains très appréciés du public
ont été mis en musique par Sayed Mekkawi, l’éternel compagnon
de Jahine, qui a réussi à leur préserver l’âme de la sagesse
populaire voulue par l’auteur. Un véritable joyau.
La dernière soirée
sera par contre animée par le jeune groupe syrien Hiwar, lequel
est justement très fidèle à son nom qui signifie Dialogue. Ses
performances visent à faire converser musiques orientale et
occidentale. Il ne manquera pas d’ailleurs d’interpréter un
morceau intitulé Prière, dédié au penseur palestinien Edouard
Saïd. Avec un tel programme et des billets dont les prix varient
entre 10 et 20 L.E., la fondation peut garantir un beau lancement.
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