Celui qui a produit Home alone (Seul
à la maison) et Rocky ajoute : « L’histoire de l’Egypte
est malheureusement ignorée par l’industrie internationale
du film, et je pense qu’il est temps de s’y intéresser
».
Le producteur américain qui insiste
sur son souhait de tourner le film en Egypte, au lieu
du désert maghrébin, a consacré plus de 15 millions
de dollars au tournage.
« Nous allons construire toute une
ville à Louqsor, semblable à la ville de Tell Al-Amarna,
fondée par Akhenaton, et qui a été malheureusement détruite
», ajoute le producteur au cours de sa tournée dans
les plateaux de la Cité des médias à la ville du 6 Octobre.
La Cité des médias avait invité un
nombre de comédiens égyptiens (Yousra, Mona Zaki, Khaled
Al-Nabawi, Hani Salama, Dalia Al-Béheiri et Nihal Anbar)
pour faire la connaissance de l’équipe américaine. Mais
le producteur a préféré remettre le choix des comédiens
égyptiens à la fin de l’année « jusqu’à ce que les personnages
soient bien définis dans le scénario ».
Seul le nom de l’Américaine Halle Berry
a été retenu pour le rôle de la majestueuse Néfertiti.
D’ailleurs, Berry a affirmé sa grande joie de participer
à ce film qui sera réalisé par l’Allemand Marc Foster.
Or, ce choix a suscité de vives polémiques.
« Nous préférons que Néfertiti soit interprétée par
une Egyptienne », souligne le critique Magdi Al-Tayeb.
D’autres ont commencé à restituer l’image
exacte de Néfertiti pour savoir si elle était vraiment
une Ethiopienne à la peau mate ou une brunette à l’égyptienne.
« Les sculptures et les effigies de
Néfertiti ne confirment pas qu’elle était noire, mais
elle était plus ou moins brune, de quoi justifier le
choix », indique Ahmad Osmane, auteur égyptien du film,
vivant depuis les années 1960 à Londres où il a étudié
l’histoire antique de l’Egypte.
Ce problème d’acteurs n’est pas le
seul. D’autres débats ont surgi quant au contenu, notamment
après les déclarations du scénariste, avançant que Akhenaton
est lui-même Moïse et que Néfertiti n’est que Myriam,
la sœur de Moïse et son épouse. « On peut trouver des
versets de l’Ancien Testament prouvant que Moïse et
Néfertiti avaient un rapport direct », affirme Osmane.
Et d’ajouter : « Néfertiti a été peut-être l’épouse
de l’un des premiers monothéistes ; le film mettra en
lumière le retour au culte du dieu Soleil, Athon ».
L’auteur a publié cet avis en 1990
dans un livre intitulé Moïse et Akhenaton : l’histoire
secrète de l’Egypte à l’heure de l’exode. Toutefois,
peu d’égyptologues et d’historiens ont argué que Akhenaton
et Moïse peuvent être la même personne. « Nous refusons
ce genre d’avis non fondés, faisant le lien entre les
sources juives et pharaoniques », conteste l’égyptologue
Ibrahim Sobeih.
Toutefois, ce n’est pas la première
fois que le cinéma occidental s’intéresse à présenter
Néfertiti sur le grand écran. Plus de cinq autres fictions
ont essayé d’aborder sa vie, dont le film italien Néfertiti,
Reine du Nil réalisé en 1961 par Fernando Cerchio, le
documentaire américain Akhenaton et Néfertiti, réalisé
en 2002 par Tilman Remme, et un deuxième documentaire
américain Nefertiti Resurrected (La Résurrection de
Néfertiti) dont le contenu a été rejeté par plusieurs
historiens égyptiens, notamment Zahi Hawas. Par de tels
projets, Hollywood essaye de re-captiver un public avide
de tout ce qui est légendaire et mystérieux, surtout
après le succès de Gladiator et de Troy. Toutefois,
et face à de telles polémiques sourdes, l’expérience
égyptienne de films risque de finir en queue de poisson,
exactement comme celle du film français Astérix et Obélix
: mission Cléopâtre, qui, face à certaines entraves
bureaucratiques bien égyptiennes, a fini par être tourné
au Maroc.