| |
|
Textile
. La ville Al-Mahalla Al-Kobra
se plaint d’être exclue des Zones industrielles qualifiées (QIZ).
Le ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur y a effectué
une visite pour apaiser les inquiétudes. |
| Des
promesses à tenir |
|
La
visite, le 17 avril dernier à Al-Mahalla Al-Kobra, du ministre
de l’Industrie et du Commerce extérieur, Rachid Mohamad Rachid,
n’a pas réussi à calmer les esprits échauffés dans cette ville
exclue des Zones industrielles qualifiées (QIZ). L’accord instituant
les QIZ, conclu entre l’Egypte, les Etats-Unis et Israël en
décembre 2004, permet en effet aux usines égyptiennes d’exporter
leurs produits vers les Etats-Unis en bénéficiant d’une exemption
totale de tarifs douaniers, à condition que le composant industriel
israélien ne soit pas inférieur à 11,7 %. Le QIZ a remplacé
le système des quotas adopté par les Etats-Unis pour l’entrée
sur leur territoire des exportations de textile.
Lors
de la signature de l’accord, Rachid avait été surpris par la
colère des dirigeants de ces usines, publiques et privées, exclues
de l’accord QIZ. Des promesses avaient alors été faites pour
leur verser des indemnités et même des subventions afin de rendre
leurs articles aussi compétitifs que les entreprises faisant
partie de l’accord.
Al-Mahalla
Al-Kobra comprend à elle seule 37 usines menacées de perdre
l’avantage d’exporter vers les Etats-Unis à tarifs douaniers
préférentiels. « Nous aurons à payer les taxes douanières pour
nos exportations de textile vers les Etats-Unis, ce qui rendra
nos produits plus chers que ceux des sociétés égyptiennes incluses
dans l’accord », s’indigne Ihab Al-Meissiri, propriétaire de
l’usine Al-Sayad, qui oriente plus de 70 % de sa production
totale vers le marché américain. Al-Sayad exporte pour une valeur
de 250 millions de L.E. vers les Etats-Unis, soit 0,16 % du
total des exportations égyptiennes non pétrolières.
Il
n’est donc pas fortuit que Rachid ait décidé de rendre cette
visite à Al-Mahalla Al-Kobra afin de tenter de calmer les inquiétudes.
La ville est une pionnière de l’industrie textile, et ce depuis
les années 1920. Sur place, le ministre a répété des promesses
déjà annoncées, sans pour autant révéler les modalités de leur
exécution. D’une part, il a déclaré que le gouvernement allait
payer aux exportateurs vers le marché américain 80 % de la valeur
des taxes douanières, et d’autre part il a évoqué la création
d’un fonds à hauteur de 100 millions de L.E. de soutien à ces
usines. Le hic, c’est qu’il s’est abstenu de dire où il allait
trouver l’argent pour financer ce fonds, ni quand cela se ferait,
ce qui jette quelques doutes sur la crédibilité de telles promesses.
|
Calculs
politiques |
|
En
signant l’accord QIZ, le gouvernement avait choisi d’inclure
sept zones industrielles qualifiées. Ces sept zones en question
ne concernent exclusivement que des entreprises privées, dont
les propriétaires ont été les seuls négociateurs de la partie
égyptienne avec les Israéliens. Parmi les heureuses élues du
QIZ, la zone de libre-échange de Madinet Nasr, la ville industrielle
du 10 de Ramadan et Port-Saïd. Un responsable du gouvernement
ayant requis l’anonymat explique : « L’exclusion de zones comme
celles d’Al-Mahalla Al-Kobra rentre dans le cadre de calculs
politiques ». Selon lui, le gouvernement a préféré Port-Saïd
à Al-Mahalla Al-Kobra parce que la première souffre déjà de
la décision présidentielle consistant à la priver des avantages
dont bénéficient les zones de libre-échange. Avant cette décision,
a-t-il tenu à préciser, Port-Saïd faisait partie des villes
les plus riches d’Egypte.
Lors
de sa visite à Al-Mahalla Al-Kobra, le ministre de l’Industrie
s’est aussi montré aussi inquiet pour l’avenir de cette région
qui, à elle seule, fait travailler 10 % du total des employés
du secteur du textile, à savoir 750 000 personnes. A elle seule,
l’usine d’Al-Mahalla Al-Kobra emploie 50 000 personnes et exporte
pour une valeur de 500 millions de L.E., dont 42 millions vers
les Etats-Unis. Ce géant du textile, né en 1927, souffre de
bien d’autres problèmes qui entravent l’extension de sa production.
« Cette usine, pour la restructurer, aurait besoin d’une aide
gouvernementale de 200 millions de L.E. Une somme qui devrait
être consacrée au renouvellement des vieilles machines et à
l’introduction des systèmes technologiques les plus récents.
Le financement à travers les crédits bancaires, qui alourdit
l’endettement de l’entreprise, a prouvé ses limites, notamment
à cause du poids des taux d’intérêt cumulés qui atteignent aujourd’hui
850 millions de L.E. », souligne Ibrahim Abou-Seada, membre
du conseil d’administration d’Al-Mahalla. Sceptique, il ajoute
que bien que le montant estimé pour la restructuration ne soit
pas énorme, le gouvernement ne s’est jamais montré disposé à
entreprendre une telle démarche.
|
| Dahlia
Réda |
|
Retour
au Sommaire |
|
|