Il
y a de la légèreté dans l’air dans le monde des investissements.
Finies les folles courses d’un bureau à un autre, d’une institution
à une autre, avec à la main des piles de papiers et de signatures.
Les éventuels investisseurs ont de quoi se réjouir de la création
du Complexe des investissements inauguré cette semaine par le
premier ministre Ahmad Nazif.
Ce
n’est pas encore Doubaï, où a été initié le système du One Stop
Shop (bureau où toutes les procédures sont effectuées d’un seul
coup), mais l’établissement du Complexe des investissements
est une tentative dans ce sens.
Le
complexe, situé au nouveau siège du ministère de l’Investissement,
rue Salah Salem, emploie 240 personnes dans 32 directions qui
offrent leurs services de 9h à 15h.
Les
employés des différentes institutions de l’Etat sont délégués
pour accomplir la tâche sans avoir à recourir à leur ministère,
sauf en cas de problème. « Ces bureaux vont jouer un rôle important
dans l’encouragement de l’investissement en Egypte, et les problèmes
d’investissement en Egypte liés à la difficulté et à la lenteur
des procédures seront réglés. Ces bureaux facilitent aux hommes
d’affaires l’obtention des certificats nécessaires pour leurs
activités », souligne Amr Abdel-Azim, vice-président de l’Autorité
générale pour l’investissement et les zones franches (GAFI).
Des propos confirmés par Gamal Abdel-Kérim, investisseur. «
Avant la création de ce complexe, il était bien plus fatigant
de venir à bout de toutes les procédures ».
Tout
a été fait dans un esprit d’apaisement. « C’est une expérience
que nous sommes en train d’évaluer et nous comblerons les lacunes
qui apparaîtront pendant la mise en œuvre », a ajouté Abdel-Azim.
Dès l’entrée au siège du ministère de l’Investissement, des
panneaux signalent les bâtiments du Complexe des investissements.
Les trois étages de cette institution représentent les trois
étapes chronologiques par lesquelles doit passer chaque investisseur.
A l’entrée, le rez-de-chaussée est le lieu de réception et d’accueil
des investisseurs. Cet étage est réservé à la consultation des
informations nécessaires à l’établissement d’une nouvelle entreprise.
Des brochures dans toutes les langues y sont disponibles, mais
aussi les employés de ce département dispensent les informations
dans plusieurs langues : arabe, anglais, français, allemand,
japonais et italien. Cet étage est divisé entre réception et
consultation. Les employés accueillent les investisseurs et
leur brossent un schéma général des différentes procédures par
lesquelles ils doivent passer. Des panneaux de signalisation
pour informer les investisseurs des procédures couvrent les
murs du département et des écrans de télévision indiquent les
différentes étapes à suivre. La première phase terminée, l’investisseur
s’étant informé de tous les détails liés au secteur dans lequel
il compte opérer, il monte au premier étage ou se trouvent les
services administratifs proprement dits. C’est un système de
guichets où sont représentées les différentes directions gouvernementales.
Il suffit de passer une demi-heure avec l’employé en charge
pour que le contrat de la nouvelle entreprise soit prêt. L’investisseur
sera donc informé à ce moment des frais nécessaires pour la
création de sa société qui doivent être payés à la banque qui
se trouve dans ce même bâtiment. Moetaz Ali Ibrahim, avocat
rencontré dans ces bâtiments, venu régler les dernières questions
nécessaires à l’établissement d’une société en joint-venture,
est comblé : « Cet établissement facilite la tâche aux investisseurs
car les responsables et le personnel font leur possible pour
résoudre tous les problèmes sur place ». Au deuxième étage,
on avance sur les questions liées aux services d’après création
de l’entreprise. C’est ainsi que la création d’une entreprise
et les services qui s’ensuivent sont devenus de plus en plus
faciles. « Lorsqu’il débutait ses activités, le nouvel investisseur
se trouvait devant une gamme de problèmes de toutes sortes :
nécessité de certificat de démarrage de l’activité, importation
des équipements avec des taxes douanières réduites, nécessité
de divers permis. Pour cela, il devait se rendre dans toutes
sortes d’endroits puisqu’il avait affaire à pas moins de 32
directions gouvernementales différentes. Maintenant, des antennes
de ces services administratifs sont regroupées dans un seul
bâtiment », explique Hassan Fahmi Mohamad, directeur du complexe.
En fait, non seulement les informations nécessaires à l’établissement
d’une nouvelle société sont disponibles sur place et pour chaque
secteur, mais en plus, des études faites par chaque ministère
sont présentées aux investisseurs. Ainsi, l’investisseur est
informé de la loi concernant la création de son entreprise,
des garanties, des exemptions et des procédures et dossiers
nécessaires. Et pour rendre les choses plus faciles et agréables,
un bureau est mis à la disposition des hommes d’affaires pour
les besoins de photocopies et fax. Côté chiffres, les effets
bénéfiques du complexe se font déjà sentir : le nombre des entreprises
établies au cours du premier trimestre de 2005 a augmenté, passant
à 1 673 entreprises, alors qu’on n’en comptait que 896 au cours
de la même période en 2004.