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Football
. Ismaïli n’a pas résisté
à l’offensive d’Ahli, au sommet de
son art cette saison. Encaissant six buts à domicile,
la défense du club a fait naufrage, plongeant ses dirigeants
et ses supporters dans la crise.
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| La
tornade rouge |
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L’humiliante
défaite 6-0 concédée par Ismaïli à domicile face à Ahli
vendredi dernier, dans le cadre de la 25e journée du championnat,
est la plus grande de l’histoire du club (ndlr : les Rouges
avaient déjà réalisé cette même performance en 1996/97).
Les Derviches ont résisté pendant 17
minutes avant qu’Ahli ne prenne les commandes et les plonge
dans le désastre : deux buts en 19 minutes, une énorme
occasion de remonter le score manqué et une expulsion
à la 37e minute. Par la suite, les joueurs d’Ahli ont
déroulé. Ils ont fait parler leur indiscutable suprématie
par quatre buts de toute beauté. Il faut dire que les
Jaunes ont fait les frais des erreurs de leur directeur
technique turc, Muhsin Ertugral. Ce dernier a voulu gêner
l’attaque d’Ahli en jouant le piège du hors-jeu avec une
arrière-garde de trois joueurs sur la même ligne. Une
décision qui s’est avérée fatale, surtout face à une équipe
qui possède des éléments rapides et de bons passeurs.
A la 17e minute, les Rouges ont su trouver
la faille. Islam Al-Chater fait une longue passe à Mohamad
Barakat, qui prend les défenseurs de vitesse, élimine
le gardien et marque dans le but vide. Le 2 000e but de
l’histoire du club en championnat. Dix-neuf minutes plus
tard, Barakat, toujours lui, perce la défense de la même
manière, sur une passe de Hassan Moustapha, et double
la mise. Le défenseur, Chérif Abdel-Fadil, entérine les
espoirs de son équipe de revenir dans le match en provoquant
une faute sur Emad Metaab, qui allait se présenter seul
devant le gardien de but. Conséquence : carton rouge.
Les hôtes se retrouvent à 10 joueurs seulement avec plus
de 53 minutes à jouer.
En infériorité numérique et avec deux
buts de retard, la seule issue possible pour Ismaïli était
alors l’attaque. Ce qui a ouvert encore plus d’espaces
et permis à Ahli d’aggraver le score. Ce fut cauchemardesque
pour les fans des Jaunes. Barakat (50e min), Metaab (64e),
Abou-Treika (77e) et Ossama Hosni (84e) ont fait le spectacle.
Et ils auraient pu marquer plus de buts. « Nous avons
fait un bon match et avons raté la chance d’enregistrer
un nouveau record. Mais je tiens à saluer les joueurs
d’Ismaïli qui ont toujours essayé de revenir dans la partie,
ce n’était pas leur jour », a déclaré le technicien portugais
d’Ahli, Manuel José Da Silva.
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Chaos total |
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Après ce naufrage, la situation a explosé
à Ismaïliya. Le conseil d’administration du club a présenté
sa démission au gouverneur de la ville. « Nous sommes
extrêmement déçus de cette humiliante défaite. Dans de
telles circonstances, il n’y a pas lieu de présenter d’excuses
ni d’essayer d’expliquer pourquoi l’équipe a perdu. Ainsi,
nous avons décidé de quitter nos postes et de laisser
nos responsabilités à d’autres personnes qui pourront
répondre aux attentes des supporters. Nous apporterons
tout le soutien moral et financier possible au nouveau
conseil d’administration », avait annoncé le président
du club, Ismaïl Osmane, dans une déclaration officielle
présentée au gouverneur et à la presse juste après le
match. Mais cette démission a été rejetée par le gouverneur
sous prétexte que l’équipe est toujours en course en Ligue
arabe des champions et en Ligue des champions d’Afrique.
Il est important, selon lui, de préserver la stabilité
du club tout en ouvrant une enquête qui désignera les
principaux responsables.
De son côté, Muhsin Ertugral a sévèrement
critiqué ses joueurs. « C’est la pire des défaites que
j’ai jamais encaissée de toute ma carrière. C’est comme
si les joueurs n’avaient jamais pratiqué le football,
c’était le chaos total. A titre d’exemple, j’avais demandé
à Hosni Abd-Rabbo (international) de jouer en libero mais
il a refusé et est resté en milieu de terrain. Tous les
joueurs ont refusé de m’écouter, alors que je leur avais
demandé de défendre après le troisième but. Ils ont fait
comme s’ils ne m’entendaient pas », a déclaré le technicien
turc. « J’ai dit ce que je pensais à l’administration
concernant ces joueurs. Beaucoup d’entre eux se sentent
supérieurs et pensent qu’ils méritent mieux qu’Ismaïli,
et ceux-là, je n’en veux pas car nous avons besoin de
joueurs qui mouillent le maillot. A présent, je pense
sérieusement à quitter cette équipe », a-t-il ajouté.
Mais il est fort probable que l’entraîneur
soit limogé quel que soit son souhait. Et ce, afin d’apaiser
la colère du public, humilié par une défaite subie contre
son pire ennemi.
Mais, Ertugral est-il le seul coupable
de cette défaite ? Est-il responsable de l’effectif réduit
d’Ismaïli et de sa médiocre performance tout au long de
la saison ? Si les dirigeants du club veulent éviter une
déroute de ce genre à l’avenir, ils devraient peut-être
tenir compte des propos de l’entraîneur et se remettre
en question.
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| Karim Farouk |
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