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Ebook. Un nouveau site va être lancé le 12 mai prochain, offrant une large panoplie de livres arabes sur le Net.

Kotobarabia.com

Le ebook s’avère être l’ultime recours lorsqu’on souffre d’une faible diffusion du livre entre les pays arabes et d’un lectorat très limité au niveau de chaque pays.

Le dernier site en date s’appelle kotobarabia.com, un projet gigantesque chargé de présenter et vendre le livre arabe sous forme électronique. Il est lancé par trois partenaires, dont deux Egyptiens, Hicham Auf, directeur de l’édition, Rami Habib, l’auteur du projet bénéficiant d’une expérience dans le monde de l’écriture et de l’édition aux Etats-Unis, et un intellectuel saoudien, Jihad Al-Bawardi. Le site sera inauguré le mois prochain, avec 1 000 livres et 480 auteurs qui ont signé des contrats. « Il existe de nombreux sites culturels gratuits qui présentent des parties ou des échantillons de livres arabes qui sont pour la plupart des écrivains débutants, indique Hicham Auf. Tandis que le fait de répertorier les livres arabes intégralement, de toutes les tendances et de toutes les générations d’écrivains, sans a priori (il suffit que l’auteur ait déjà publié un livre) est une première dans le monde arabe ».

Visant à toucher les disciplines les plus variées, cette maison d’édition électronique coopère avec des centres de recherches prestigieux tels que le Centre des études sociologiques, le Centre des études de l’unité arabe, le Centre des études arabes et africaines, etc. De même qu’une importante section, à accès gratuit, sera consacrée aux livres concernant la société civile qui comprendra toutes les publications des ONG et des centres tels que le centre Hicham Moubarak pour les droits de l’homme, ou Al-Maraa wal zakira (La Femme et la mémoire).

Quant aux livres littéraires, et malgré la présence de grands noms tels Edouard Al-Kharrat, Alfred Farag, Khaïri Chalabi, Mohamad Barrada, Nawal Al-Saadawi, etc., l’inventaire abonde de jeunes noms tels Ahmad Al-Aydi, Montasser Al-Qaffache, Ibrahim Farghali, etc., qui sont plus familiers avec la « mentalité électronique ». « N’oublions pas que les jeunes écrivains trouvent dans notre site une opportunité unique d’édition gratuite, tandis qu’ils vacillent normalement entre une édition publique contrariante et une édition privée payante, explique Hicham Auf. De plus, le contrat que tout écrivain signe avec notre maison lui garantit 15 % du taux d’entrées sur son livre électronique. Quant aux grandes générations d’écrivains, même s’ils sont parfois réticents ou plus conservateurs à l’égard du monde électronique, ils seront plus rassurés quand le site sera lancé ».

Youssef Abou-Raya, écrivain des années 1970, est déjà très enthousiaste : « Je ne veux pas être en reste ». Aucun risque à courir, mais au contraire de tels sites lui offrent une opportunité exceptionnelle de communiquer avec son lectorat ; il tire ainsi un grand plaisir lorsqu’un jour l’écrivain découvre, sur un site consacré à la nouvelle arabe, les opinions de lecteurs sur son œuvre. « Je pense que le système électronique offre une certaine transparence de l’information ; je pourrai facilement savoir combien de livres on a distribué, combien d’internautes ont visité le site ... Tandis que ces informations sont carrément inaccessibles dès qu’il s’agit de maisons d’édition ordinaires », précise Abou-Raya.

Au-delà de la grande diffusion garantie normalement par tout système électronique, les fondateurs de Kotobarabia sont stimulés surtout dans leur projet, qui vise tout arabisant de par le monde, par la mauvaise distribution du livre arabe, par le coût de la fabrication du livre en papier, sans compter le coût du transport des livres d’une ville à l’autre. Ils tentent également d’aller au-delà des problèmes de la liberté d’expression, puisque le livre, dans son format en papier, est souvent la proie de la censure, de la confiscation, ou de l’interdiction aux frontières de nombreux pays arabes.

Dina Kabil
 

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