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Arrestation. Trois personnes présumées avoir participé à l’attentat d’Al-Azhar ont été arrêtées cette semaine alors qu’un quatrième suspect est toujours en fuite.

Un acte amateur mais dangereux

 

« Le scénario de l’attentat d’Al-Azhar du 17 avril qui a fait 4 morts a été dévoilé ». C’est ce qu’affirment les forces de sécurité après avoir identifié les quatre responsables de l’attentat, dont trois ont été arrêtés et un est toutés, le rôle de ces quatre suspects se limitait à la planification et la préparation de l’opération qui a été exécutée par Hassan Bachandi, mort sur-le-champ. Les quatre suspects ont été identifiés grâce aux dernières communications téléphoniques faites par Bachandi avant l’attentat. Il s’agit de Akram Fawzi (35 ans), propriétaire d’un atelier de marbre à Moqattam, Tareq Ahmad (34 ans), propriétaire d’un magasin pour la réparation des ordinateurs à Choubra Al-Kheima (Grand-Caire) et ayant une licence en sciences, Réda Sayed (19 ans), étudiant à la faculté d’agriculture, Université du Caire, et habitant du quartier de Choubra Al-Kheima, et Achraf Youssef (27 ans, en fuite), chômeur ayant obtenu un diplôme d’enseignement moyen, habitant également à Choubra Al-Kheima.

D’après les aveux des trois accusés arrêtés, l’opération a été entièrement planifiée et financée par Akram Fawzi. Ce dernier a consulté des sites Internet qui expliquent la fabrication des bombes à l’aide de matières premières disponibles sur le marché et en a fait des copies sur cédéroms qu’il a distribuées au reste du groupe. Akram Fawzi, qui se considérait aussi comme l’imam du groupe, a collecté toutes les informations sur l’idéologie du djihad qui appelle au recours à la violence, notamment à la suite de l’occupation de l’Iraq et de la détérioration de la situation en Palestine. Ces informations ont également été transmises à l’aide de CD préparés par Akram Fawzi. Il voulait fonder une usine d’engrais chimiques à Minya pour servir de couvert aux activités de son nouveau groupe.

Tareq Ahmad, le deuxième accusé, était le responsable des armes. C’est donc lui qui a fabriqué la bombe dans un atelier de bois du quartier d’Al-Marg où les autorités ont découvert les matières premières ayant servi à la fabrication de la bombe utilisée dans le dernier attentat et pouvant servir à la fabrication de nouveaux explosifs. C’est aussi Ahmad qui avait acheté un pistolet qu’il a donné à l’accusé en fuite. Le troisième accusé, Réda Sayed, devait exécuter l’attentat, mais il en a été écarté après avoir subi une opération au cœur. C’est ainsi qu’il a proposé le nom de Bachandi, son voisin, pour le remplacer après s’être assuré que ce dernier partageait les mêmes idées intégristes. Quant à Achraf Youssef, qui n’a pas encore été arrêté, il était le responsable du recrutement des jeunes dans le groupe. C’est également lui qui a formé le kamikaze et qui l’a convaincu du fait que la bombe n’exploserait que 5 minutes après son activation. Selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat, Achraf Youssef est accusé dans un autre procès qui date de 2004 où est impliqué un groupe intégriste intitulé Takfir (Expiation).

Une question s’impose maintenant : s’agit-il d’un accident individuel ou les groupes intégristes armés sont-ils toujours actifs en Egypte ? Les responsables du ministère de l’Intérieur affirment qu’il s’agit d’un incident exceptionnel et que la situation actuelle ne peut aucunement être comparable à celle qui prévalait au début des années 1990 lorsque les groupes terroristes armés étaient très actifs. « Il ne s’agit pas là d’un grand groupe terroriste ayant une idéologie claire et une aile militaire pour mettre à exécution cette idéologie. C’est plutôt un groupe de jeunes ayant des idées extrémistes qui ont commis cet attentat », explique un responsable au ministère de l’Intérieur. Selon lui, il faut pourtant être très vigilant, car ce genre de groupuscules non organisés est plus dangereux car plus difficiles à détecter et surtout parce qu’ils utilisent les techniques modernes pour transmettre leurs idées intégristes. « Nous avons toutefois arrêté un nombre de groupuscules similaires intitulés Gond Allah (Soldats de Dieu) et Al-Waad (La promesse) », affirme le même responsable. Selon un responsable au Parquet, ce genre d’attentats est le résultat naturel de la situation actuelle dans le monde arabe. Et de conclure : « Ces jeunes veulent pousser la société à prendre conscience de leur présence et transmettre leur refus de l’ingérence politique étrangère dans le monde arabe ».

Chérine Abdel-Azim

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