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Administration. Le gouvernement examine la possibilité de permettre aux fonctionnaires de travailler à mi-temps afin d’alléger les charges financières du budget de l’Etat.

L’Etat veut réduire ses dépenses

Faire travailler les fonctionnaires à mi-temps est la nouvelle proposition étudiée par le gouvernement pour trouver des solutions aux problèmes qui frappent le système administratif de l’Etat. Selon les déclarations du gouvernement, cette solution a un objectif clair : remédier au problème du sureffectif dans les administrations publiques, qui représente une grande charge financière pour le budget de l’Etat. Les chiffres officiels ont révélé que ce dernier doit assurer annuellement 43 milliards de L.E. de salaires. Les chiffres des derniers rapports du ministère du Développement administratif sont encore plus graves. Selon ces rapports, le nombre de fonctionnaires n’a cessé d’augmenter au cours des 25 dernières années. Ces fonctionnaires, qui étaient au nombre de 931 000 en 1970, sont passés à 2 220 000 en 1980 et sont 5 670 000 actuellement.

Ahmad Chalabi, responsable au ministère du Développement administratif, explique que ce chiffre représente non seulement une charge sur le budget de l’Etat, mais qu’il est aussi à l’origine de la pléthore dont souffrent les services gouvernementaux et des grands problèmes administratifs. En fait, pour faire travailler tout le monde, la tâche qui peut normalement être achevée par un seul fonctionnaire est répartie sur cinq personnes. « Cette répartition n’a fait que compliquer de nombreuses procédures administratives car théoriquement, la bonne compétence administrative réside dans le recrutement d’un nombre restreint de fonctionnaires qui accomplissent la majorité du travail et obtiennent en échange un bon salaire. Et c’est à l’origine de la réussite du secteur privé », affirme Chalabi.

Ce sont ces problèmes qui ont poussé le gouvernement à étudier une proposition qui consiste à faire travailler les fonctionnaires à mi-temps en retranchant 60 % de leur salaire mensuel pour leur donner une chance de créer par exemple des projets ou d’obtenir une offre d’emploi dans le secteur privé. Mais cette proposition n’est évidemment pas obligatoire et ne sera pas établie dans tous les services gouvernementaux. Deux catégories de fonctionnaires seront concernées par cette initiative. « La première catégorie concerne les jeunes fonctionnaires, qui reçoivent un salaire modique et qui veulent garder leur place dans le service public et en même temps augmenter leurs revenus en créant des projets privés ou en se faisant recruter dans le secteur privé. La deuxième catégorie regroupe les fonctionnaires de plus de 50 ans dont le salaire ne peut plus être augmenté », explique Chalabi.

Les experts en gestion et administration sont divisés sur l’efficacité de cette proposition. Selon Hamdi Abdel-Azim, professeur de gestion et administration à l’Université de Hélouan, cette initiative ne sera pas efficace si elle n’est pas accompagnée de plusieurs facilités qui encouragent les fonctionnaires à travailler à mi-temps. D’autant plus que ceux qui en profiteront ne jouiront pas de certains privilèges, puisque les primes et les pensions de retraites diminueront. « Il faudrait donc encourager les fonctionnaires en leur fournissant d’autres privilèges, surtout que cette même expérience a été appliquée sur les femmes fonctionnaires et a échoué car celles-ci ont découvert qu’elles allaient perdre beaucoup d’avantages. Pourquoi cette initiative ne serait-elle pas accompagnée d’un système qui facilite aux fonctionnaires l’obtention de crédits auprès du Fonds social pour le développement pour créer des projets privés ? », propose Abdel-Azim.

Mais, pour un autre groupe de spécialistes, cette initiative n’est pas bien étudiée et vise uniquement à se débarrasser des fonctionnaires de l’Etat. « L’Etat prétend qu’à travers cette initiative, il vise à pousser un certain nombre de fonctionnaires à travailler dans le secteur privé. Or, le secteur privé est déjà incapable d’absorber les jeunes diplômés. Ce qui a aggravé le problème du chômage. N’oublions pas que la situation actuelle est due au fait que l’Etat a été obligé, ces vingt dernières années, de recruter annuellement un certain nombre de jeunes afin de remédier à l’incapacité du secteur privé d’absorber le grand nombre annuel de diplômés », indique Al-Sayed Eleiwa, professeur de gestion et administration à l’Université de Hélouan. Ali Hafez, spécialiste en la matière, va encore plus loin. Il pense que cette initiative s’oppose au principe de l’égalité des chances entre les citoyens. « Est-il logique d’encourager un fonctionnaire à travailler dans le secteur privé alors qu’il a déjà un emploi et que la plupart des diplômés sont au chômage ? », demande-t-il.

Ahmad Darwich, ministre du Développement administratif, vient de trancher le débat en annonçant qu’il est trop tôt pour discuter de cette proposition. Beaucoup d’autres sont actuellement examinées par une commission de spécialistes qui a été créée au début du mois de mars pour trouver des solutions aux problèmes dont souffre inlassablement le système administratif de l’Etat. La commission est censée terminer ses travaux en juillet et les propositions seront discutées durant la prochaine session parlementaire.

Mirande Youssef

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