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Dans
une avancée considérée comme importante en vue du règlement
de la crise ivoirienne, les factions rebelles ivoiriennes ont
annoncé qu’elles acceptaient d’entamer leur désarmement le 14
mai. Il s’agit là de la dernière tentative pour éviter une reprise
des hostilités dans ce pays divisé par la guerre civile.
Les
deux parties se sont, entre autres, entendues pour commencer
le retrait des armes lourdes du front dès le 21 avril, selon
une déclaration commune signée par le colonel en chef des armées,
Philippe Mangou, et le chef des Forces rebelles, le colonel
Soumaila Bakayoko. Le processus de désarmement aura lieu du
14 mai au 31 juillet.
C’est
suite à une rencontre tenue le week-end dernier — la première
en deux ans et demi — que les chefs de la rébellion et de l’armée
ivoirienne ont convenu du processus de désarmement. Ces discussions
sont intervenues après l’accord conclu le 6 avril à Pretoria
sous l’égide du président sud-africain Thabo Mbeki pour relancer
le processus de paix. Autre avancée, les ex-rebelles ivoiriens
sont revenus vendredi dans le gouvernement de partage du pouvoir,
qu’ils boycottaient depuis cinq mois après des bombardements
gouvernementaux sur leurs positions.
Mais
si la question du désarmement constitue un véritable progrès,
des actions concrètes vont devoir à présent être décidées sur
les conditions d’éligibilité à la présidence ivoirienne autour
desquelles s’est cristallisée la crise. C’est justement autour
de cette question que tout se joue. Un porte-parole du gouvernement
a annoncé dans un communiqué que le président Laurent Gbagbo
veillerait à la mise en œuvre de l’accord signé le 6 avril en
Afrique du Sud et s’assurerait de la tenue comme prévu de l’élection
présidentielle en octobre.
La
médiation du président sud-africain Thabo Mbeki a en effet ouvert
la voie à une candidature à la présidence d’un des principaux
opposants ivoiriens, une percée majeure dans la tentative de
règlement de la crise politico-militaire qui secoue le pays
depuis septembre 2002. Mbeki a demandé que tous les responsables
politiques ivoiriens signataires d’un accord de paix de 2003
puissent se présenter à la prochaine présidentielle, prévue
en octobre. Le médiateur sud-africain a enjoint au président
Laurent Gbagbo de mettre en œuvre dès que possible l’application
de sa décision, ce qui passe notamment, a-t-il expliqué, par
une utilisation des pouvoirs spéciaux que lui confère l’article
48 de la Constitution.
Tout
est donc désormais entre les mains du président ivoirien, qui
n’a toujours pas répondu officiellement à la lettre de Mbeki.
La décision du médiateur sud-africain ouvre ainsi la voie à
une candidature de l’ex-premier ministre, Alassane Ouattara,
un musulman du Nord, qui cristallise les haines et les rancœurs
d’une large partie de la classe politique et des partisans de
Gbagbo. Ces derniers l’accusent d’être le commanditaire de l’insurrection
armée lancée en septembre 2002 contre Gbagbo et qui a abouti
au contrôle du nord par la rébellion des Forces Nouvelles (FN).
Dès
l’annonce du contenu du courrier de Mbeki, le président Gbagbo
a convoqué une longue série de « réunions de concertation »
à la présidence. Ces réunions se termineront le 3 mai, laissant
supposer qu’une décision de la part de Gbagbo n’interviendra
pas avant les résultats de ces « consultations populaires ».
La
décision de Mbeki a placé Gbagbo en position délicate vis-à-vis
de son propre camp, car elle écarte de facto le retour à un
référendum constitutionnel sur l’épineuse question de l’éligibilité
avant la présidentielle d’octobre. Ce référendum était l’option
défendue d’arrache-pied, au nom de la Constitution, par Gbagbo
et ses partisans, mais était rejeté par les rebelles et l’opposition.
En effet, la question de l’éligibilité figure au cœur de la
crise politico-militaire en Côte-d’Ivoire ; Ouattara avait été
écarté de la course à la présidence en 2000 pour « nationalité
douteuse ». Cette mise à l’écart politique avait précipité l’accélération
de la crise et des tensions ethniques entre le sud et les populations
du nord. De son côté, le parti de Ouattara, le Rassemblement
Des Républicains (RDR), principal parti d’opposition avec le
Parti Démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI) de l’ex-président
Henri Konan Bédié, s’est félicité de cette décision. Mais le
RDR, malgré son « optimisme », se montre prudent sur la suite
du processus .
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