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s’agit de la première visite du président pakistanais, Pervez
Musharraf, en Inde depuis le sommet d’Agra en juillet 2001,
qui avait été un échec en raison du conflit au Cachemire que
se disputent les deux pays depuis la partition en 1947. « C’est
une visite historique après Agra. Il y a davantage de raisons
d’optimisme en raison du climat, si l’on compare Agra à aujourd’hui
c’est très différent. C’est un climat agréable, c’est un climat
amical et le désir des deux parties est d’en faire un succès
», a souligné le général Musharraf à son arrivée samedi en Inde.
Initialement,
le chef pakistanais avait été invité par le premier ministre
indien, Manmohan Singh, pour assister à un match de cricket
opposant les deux pays, qui s’est tenu dimanche. Mais, sa visite
s’est transformée en « un véritable sommet » au cours duquel
les deux dirigeants ont tenté de faire avancer le processus
de paix : « Les deux parties doivent saisir cette occasion unique
d’aborder tous les problèmes bilatéraux, y compris le Cachemire
», a ainsi estimé le général Musharraf.
Ainsi,
le président pakistanais et le premier ministre indien ont discuté,
en tête-à-tête, dans une « ambiance très chaleureuse » du dialogue
de paix, y compris du Cachemire, au cœur de la rivalité entre
les deux pays. « Les discussions ont porté sur un large éventail
de questions et se sont déroulées dans une ambiance très chaleureuse
», a dit un porte-parole du premier ministre indien, Sanjaya
Baru.
Lors
de la rencontre, les deux dirigeants ont affirmé leur volonté
de « paix » en Asie du Sud et évoqué leur souhait de faciliter
les contacts entre les populations des parties indienne et pakistanaise
du Cachemire, divisées depuis près de 60 ans. New Delhi a mis
sur la table une série de propositions, certaines vieilles,
d’autres nouvelles portant sur davantage de rencontres, davantage
de liaisons de bus, de contacts entre populations cachemiries
en facilitant le tourisme entre les deux parties du Cachemire
séparées par la Ligne de contrôle depuis près de 60 ans. L’idée
de l’Inde est de rendre « les frontières de moins en moins importantes,
et les récentes déclarations du président Musharraf ont été
très positives à cet égard », a indiqué un haut responsable
du ministère indien des Affaires étrangères, Shyam Saran. Quant
au général Musharraf, il avait évoqué l’établissement d’une
« frontière souple » au Cachemire. « Nous voulons des solutions
à tous les problèmes entre nous ; le Cachemire est la question
centrale, a déclaré M. Musharraf, j’espère que mes rencontres
avec la direction indienne vont aider les deux pays à renforcer
et donner de la vigueur au processus de paix pour répondre à
notre responsabilité historique de résoudre les querelles et
bâtir un meilleur avenir pour les générations futures », a-t-il
ajouté.
Tout
en se disant prêtes à faire avancer le processus, les deux parties
ont néanmoins signifié que leurs positions sur les questions
fondamentales resteraient « inchangées ». Ainsi, le général
Musharraf a dit que faire de la Ligne de contrôle une « frontière
définitive » était inacceptable. De son côté, le ministre indien
des Affaires étrangères, Natwar Singh, a exclu toute « redéfinition
des frontières et la partition ». Musharraf a aussi souhaité
associer au processus de paix les dirigeants séparatistes cachemiris,
mais l’Inde refuse toujours des négociations trilatérales.
Selon
la presse indienne, New Delhi pourrait annoncer une nouvelle
réduction de troupes au Cachemire, en gage de bonne volonté.
L’Inde, qui accuse le Pakistan de soutenir matériellement les
groupes rebelles séparatistes cachemiris luttant contre les
forces fédérales depuis 1989, aurait quelque 200 000 hommes
toujours positionnés dans le territoire.
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La
visite du général Musharraf s’est déroulée dans un contexte
assez favorable, dix jours après le lancement, le 7 avril, de
la première liaison par bus reliant les parties indienne et
pakistanaise du Cachemire depuis plus d’un demi-siècle, un événement
considéré comme la plus grande avancée depuis le début du dialogue
de paix en janvier 2004.
Relançant
un peu plus les espoirs de paix, le chef de la principale guérilla
du Cachemire pakistanais s’est dit prêt, samedi dernier, pour
des négociations de paix à New Delhi et favorable à la circulation
des bus entre les deux pays. « Si l’Inde nous invite, nous nous
rendrons à la table des négociations. Nous croyons en un véritable
processus de paix », a lancé Syed Salahuddine, chef du Hezb-ul
Mujahedeen. Ce groupe, l’un des plus importants parmi la douzaine
qui combattent depuis 1989 les troupes fédérales indiennes pour
obtenir le rattachement de la partie indienne du Cachemire au
Pakistan, avait déclaré en 2000 un cessez-le-feu unilatéral.
Mais il l’avait rompu lorsque New Delhi avait refusé d’organiser
des négociations trilatérales (Indiens, Pakistanais, Cachemiris).
C’est une des demandes majeures des rebelles, mais l’Inde a
toujours refusé les négociations trilatérales, estimant que
cela reviendrait à mettre le Cachemire au même niveau que deux
Etats souverains.
Autre
signe de détente, New Delhi a décidé, samedi, de libérer, cette
semaine, 156 pêcheurs pakistanais arrêtés dans les eaux indiennes,
« dans un geste humanitaire ».
L’Inde
et le Pakistan, qui se disputent le Cachemire depuis la partition
de 1947 et sont entrés en guerre à trois reprises, dont deux
à propos du territoire himalayen, ont entamé en janvier 2004
un « dialogue global » de paix. Mais ce dialogue était toujours
resté lettre morte l
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