Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Inde-pakistan. Le président pakistanais Pervez Musharraf s’est rendu cette semaine à New Delhi, pour la première fois depuis quatre ans. Une visite censée promouvoir le processus de paix entre les deux puissances nucléaires.

Volonté de paix

Il s’agit de la première visite du président pakistanais, Pervez Musharraf, en Inde depuis le sommet d’Agra en juillet 2001, qui avait été un échec en raison du conflit au Cachemire que se disputent les deux pays depuis la partition en 1947. « C’est une visite historique après Agra. Il y a davantage de raisons d’optimisme en raison du climat, si l’on compare Agra à aujourd’hui c’est très différent. C’est un climat agréable, c’est un climat amical et le désir des deux parties est d’en faire un succès », a souligné le général Musharraf à son arrivée samedi en Inde.

Initialement, le chef pakistanais avait été invité par le premier ministre indien, Manmohan Singh, pour assister à un match de cricket opposant les deux pays, qui s’est tenu dimanche. Mais, sa visite s’est transformée en « un véritable sommet » au cours duquel les deux dirigeants ont tenté de faire avancer le processus de paix : « Les deux parties doivent saisir cette occasion unique d’aborder tous les problèmes bilatéraux, y compris le Cachemire », a ainsi estimé le général Musharraf.

Ainsi, le président pakistanais et le premier ministre indien ont discuté, en tête-à-tête, dans une « ambiance très chaleureuse » du dialogue de paix, y compris du Cachemire, au cœur de la rivalité entre les deux pays. « Les discussions ont porté sur un large éventail de questions et se sont déroulées dans une ambiance très chaleureuse », a dit un porte-parole du premier ministre indien, Sanjaya Baru.

Lors de la rencontre, les deux dirigeants ont affirmé leur volonté de « paix » en Asie du Sud et évoqué leur souhait de faciliter les contacts entre les populations des parties indienne et pakistanaise du Cachemire, divisées depuis près de 60 ans. New Delhi a mis sur la table une série de propositions, certaines vieilles, d’autres nouvelles portant sur davantage de rencontres, davantage de liaisons de bus, de contacts entre populations cachemiries en facilitant le tourisme entre les deux parties du Cachemire séparées par la Ligne de contrôle depuis près de 60 ans. L’idée de l’Inde est de rendre « les frontières de moins en moins importantes, et les récentes déclarations du président Musharraf ont été très positives à cet égard », a indiqué un haut responsable du ministère indien des Affaires étrangères, Shyam Saran. Quant au général Musharraf, il avait évoqué l’établissement d’une « frontière souple » au Cachemire. « Nous voulons des solutions à tous les problèmes entre nous ; le Cachemire est la question centrale, a déclaré M. Musharraf, j’espère que mes rencontres avec la direction indienne vont aider les deux pays à renforcer et donner de la vigueur au processus de paix pour répondre à notre responsabilité historique de résoudre les querelles et bâtir un meilleur avenir pour les générations futures », a-t-il ajouté.

Tout en se disant prêtes à faire avancer le processus, les deux parties ont néanmoins signifié que leurs positions sur les questions fondamentales resteraient « inchangées ». Ainsi, le général Musharraf a dit que faire de la Ligne de contrôle une « frontière définitive » était inacceptable. De son côté, le ministre indien des Affaires étrangères, Natwar Singh, a exclu toute « redéfinition des frontières et la partition ». Musharraf a aussi souhaité associer au processus de paix les dirigeants séparatistes cachemiris, mais l’Inde refuse toujours des négociations trilatérales.

Selon la presse indienne, New Delhi pourrait annoncer une nouvelle réduction de troupes au Cachemire, en gage de bonne volonté. L’Inde, qui accuse le Pakistan de soutenir matériellement les groupes rebelles séparatistes cachemiris luttant contre les forces fédérales depuis 1989, aurait quelque 200 000 hommes toujours positionnés dans le territoire.


Un contexte favorable

La visite du général Musharraf s’est déroulée dans un contexte assez favorable, dix jours après le lancement, le 7 avril, de la première liaison par bus reliant les parties indienne et pakistanaise du Cachemire depuis plus d’un demi-siècle, un événement considéré comme la plus grande avancée depuis le début du dialogue de paix en janvier 2004.

Relançant un peu plus les espoirs de paix, le chef de la principale guérilla du Cachemire pakistanais s’est dit prêt, samedi dernier, pour des négociations de paix à New Delhi et favorable à la circulation des bus entre les deux pays. « Si l’Inde nous invite, nous nous rendrons à la table des négociations. Nous croyons en un véritable processus de paix », a lancé Syed Salahuddine, chef du Hezb-ul Mujahedeen. Ce groupe, l’un des plus importants parmi la douzaine qui combattent depuis 1989 les troupes fédérales indiennes pour obtenir le rattachement de la partie indienne du Cachemire au Pakistan, avait déclaré en 2000 un cessez-le-feu unilatéral. Mais il l’avait rompu lorsque New Delhi avait refusé d’organiser des négociations trilatérales (Indiens, Pakistanais, Cachemiris). C’est une des demandes majeures des rebelles, mais l’Inde a toujours refusé les négociations trilatérales, estimant que cela reviendrait à mettre le Cachemire au même niveau que deux Etats souverains.

Autre signe de détente, New Delhi a décidé, samedi, de libérer, cette semaine, 156 pêcheurs pakistanais arrêtés dans les eaux indiennes, « dans un geste humanitaire ».

L’Inde et le Pakistan, qui se disputent le Cachemire depuis la partition de 1947 et sont entrés en guerre à trois reprises, dont deux à propos du territoire himalayen, ont entamé en janvier 2004 un « dialogue global » de paix. Mais ce dialogue était toujours resté lettre morte l

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631