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Retraite anticipée . Après avoir vivement critiqué ce système, le ministre de l’Investissement a récemment décidé de poursuivre son application pour accélérer les privatisations.

Le gain l’emporte sur le social

Mahmoud Mohieddine, ministre de l’Investissement, qui s’était distingué en critiquant ouvertement le système de mise en retraite anticipée des travailleurs des entreprises du secteur public, revient sur ses propos et décide de poursuivre l’application de ce système tant décrié.

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Investissement en juillet 2004, Mohieddine avait, en effet, attaqué à différentes occasions le système de la retraite anticipée, allant jusqu’à le qualifier de « retraite destructive » à cause de son impact social très négatif. « Les conséquences négatives du système de la retraite anticipée sont bien trop nombreuses et il faudra le revoir », avait-il alors affirmé. A ce moment-là, Mohieddine fondait ses critiques sur une étude du Centre de la planification qui n’a toujours pas été rendue publique, mais le nouveau ministre avait lui-même révélé certains résultats de cette étude et annoncé, il y a quelques mois, que 75 % des travailleurs mis à la retraite anticipée se sont retrouvés en situation précaire.

Le ministère s’était donc attelé à trouver une alternative plus viable au système de la retraite anticipée. Et, dans ce cadre, une proposition avait été alors faite de partager le pécule que les travailleurs reçoivent à leur mise en retraite anticipée en deux parties : la première partie serait remise directement aux travailleurs et la seconde déposée dans une banque où elle générerait des intérêts mensuels.

Mais jusqu’à aujourd’hui, ni cette proposition ni aucune autre n’ont été approuvées. « Le comité chargé de modifier le système de la retraite anticipée existe toujours et continue à se réunir chaque semaine. Mais pour répondre à la demande des entreprises, nous allons poursuivre l’application de la retraite anticipée telle qu’elle a été appliquée auparavant jusqu’au moment où on trouvera une solution », explique une source du ministère. Il semble donc qu’accélérer le programme de privatisation qui stagnait depuis plusieurs années avant l’arrivée de Mohieddine demeure la priorité numéro un du nouveau ministre. Ainsi, il a décidé qu’il n’attendra pas une alternative apparemment difficile à trouver au système actuel de retraite anticipée et dont la suspension a pour premier effet de retarder encore la privatisation des entreprises ployant sous le poids des sureffectifs.

Outre le fait d’accélérer la vente des entreprises publiques, le ministre cherche à liquider les entreprises déficitaires dont le nombre de travailleurs est relativement peu important, c’est-à-dire celles qui comptent moins de 500 employés.

Il est à noter que le sureffectif dans les différentes entreprises du secteur public est estimé à une moyenne de 25 %. Depuis que la retraite anticipée a commencé à être appliquée il y a dix ans, 204 000 travailleurs ont été mis en retraite anticipée, soit 20 % des travailleurs du secteur public de l’époque. Mis à la retraite avant l’âge de 60 ans, les travailleurs recevaient en compensation un pécule qui variait entre 14 000 et 35 000 L.E., mais leur pension mensuelle après la retraite se réduisait au quart de ce que reçoit un travailleur retraité à l’âge de 60 ans. Dans la majorité des cas, le pécule emporté était très vite dépensé, et les travailleurs se retrouvaient dans un dénuement total et dans l’impossibilité de trouver un nouvel emploi.

Marwa Hussein

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