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| Bilan
2005 . Le boxeur Mohamad
Heykal, le champion du monde en squash Amr Chabana et la sélection
de Volley-ball, championne d’Afrique, sont les fiertés égyptiennes
de l’année. En football, c'est une année marquée en rouge par
un Ahli triomphant et un Mido qui s'illustre à Tottenham. Les
grandes déceptions auront été celles de Zamalek et du lutteur
Karam Gaber. |
| « Je suis
très satisfait de cette saison » |
Al-Ahram
Hebdo : Quel est votre sentiment après être élu meilleur sportif
de l'année par Al-Ahram Hebdo ?
Mohamad Abdel-Mawgoud
Heykal : Je suis très heureux et satisfait. Cette élection
vient au bon moment pour récompenser tous mes efforts de ces
dernières années, malgré mes échecs. Cette saison était merveilleuse,
pleine de succès. En début de saison, j'ai remporté la médaille
d'or aux Jeux méditerranéens d'Almeria (Espagne). J'ai alors
retrouvé ma confiance perdue depuis mon échec lors des Jeux
Olympiques (JO) d'Athènes 2004. Mais la performance la plus
précieuse non seulement pour cette année, mais pour toute
ma carrière, est celle réalisée aux Championnats du monde
de Miyanyang (Chine) qui se sont achevés le 20 novembre dernier
et durant lesquels j'ai obtenu la médaille de bronze. Cette
dernière a vraiment effacé tous mes échecs passés en Championnats
du monde et aux Jeux olympiques. Lors de ma première participation
aux Championnats du monde en 1998, j'avais terminé à la 5e
place. Et lors des JO de Sydney 2000 et d'Athènes 2004 je
suis passé à côté de la médaille olympique, éliminé en quarts
de finale. Donc à travers cette médaille j'ai prouvé que je
suis un bon boxeur. Et maintenant vient votre élection pour
confirmer cela.
— Durant votre
carrière, vous avez subi beaucoup d'échecs qui auraient pu
décourager n'importe quel autre athlète. Comment avez-vous
surmonté tout cela ?
— Vous avez raison.
Dès mes débuts j'étais un très bon boxeur et à chaque compétition
internationale je partais favori pour une médaille. Cela était
le cas lors des JO de Sydney, mais après avoir terminé 8e
j'étais très attendu à Athènes et tout le monde avait parié
sur moi pour la médaille olympique. Et l'échec cette fois-ci
fut pesant. En effet, après les JO d'Athènes j'ai passé de
très mauvais moments, j'ai même pensé arrêter le jeu. Mais
mon entraîneur, Abdel-Aziz Ghoneim, m'a beaucoup soutenu ainsi
que le président de la Fédération égyptienne de boxe, Ismaïl
Hamed. Ce dernier a augmenté mon salaire mensuel de 25 L.E.
par jour à 50 L.E. Ces deux hommes m'ont beaucoup soutenu
et encouragé. Ils m'ont persuadé que j'étais malgré tout le
meilleur boxeur égyptien et que je pourrais réaliser de grands
exploits, notamment mon rêve : la médaille olympique. J'ai
ainsi commencé une nouvelle étape dans ma carrière.
— Etes-vous
satisfait de cette saison ?
— Bien sûr, je
suis très satisfait de cette saison. La médaille de bronze
que j'ai obtenue aux Mondiaux de Chine est la meilleure performance
de toute ma carrière. Il est vrai que je ne pourrai pas oublier
le fait que je n'ai pas encore remporté de médaille olympique,
mais je suis satisfait car durant les Mondiaux j'ai battu
en 8es de finale le vice-champion olympique, Golovkin Genediy
(Kaz).
— Avant les
Mondiaux, vous avez souffert du manque d'intérêt de la part
du ministère de la Jeunesse. Vous n'avez effectué qu'un seul
stage de préparation à l'étranger durant toute l'année dernière.
Pensez-vous que cela peut changer ?
— La boxe égyptienne
a réalisé de grands exploits pour l'Egypte. Aux JO d'Athènes,
cette discipline a obtenu 3 médailles dont une d'argent et
deux de bronze, puis aux Championnats du monde j'ai remporté
une médaille de bronze. Tous ces résultats prouvent que cette
discipline est très prometteuse et possède plusieurs boxeurs
talentueux capables de réaliser de grandes choses. La boxe
doit donc recevoir plus d'attention de la part des responsables.
Dès mon retour de Chine, le ministère de la Jeunesse m'a promis
un salaire mensuel de 2 000 L.E. Ma situation va s'améliorer,
mais c'est encore insuffisant.
— Que vous
faut-il pour remporter une médaille olympique ?
— Pour atteindre
mon objectif et mon rêve, la médaille olympique, j'ai besoin
d'un statut professionnel. L'entraînement en Egypte ne convient
pas à mon niveau, car les meilleurs boxeurs égyptiens sont
ceux qui se trouvent en sélection nationale et comme je les
connais par cœur, l'entraînement avec eux n'est pas utile.
Pour améliorer mon niveau, j'ai besoin d'effectuer des stages
de préparation à l'étranger afin de fréquenter les meilleurs
athlètes du monde. Et je dois disputer plusieurs tournois
internationaux car en sport de combat, ce sont les matchs
qui améliorent le niveau. Je crois que pour réaliser cela
il faut que les sponsors se mêlent au jeu. Si je jouis d'un
statut professionnel, je promets de remporter une médaille
olympique à Pékin en 2008.
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Chabana, la valeur sûre
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Amr
Chabana est un des rares joueurs égyptiens à avoir réalisé un
exploit non seulement sur le plan national, mais aussi sur le
plan international. Chabana, qui dès son plus jeune âge faisait
montre d'un talent exceptionnel en squash, mais qui jouait juste
pour son plaisir, remporte le titre de champion du monde catégorie
individuelle en 2003 pour la première fois de l'histoire du
squash de l'Egypte. Et cette année, à 26 ans, il inscrit son
nom en lettres d'or dans l'histoire en remportant ce titre pour
la deuxième fois. « C'est un joueur hors pair, il possède un
jeu parfait, il était prévisible qu'il arrive un jour à ce niveau
», souligne Mohamad Menchawi, vice-président de la Fédération
internationale de squash, qui explique que seules deux anciennes
légendes pakistanaises du squash, Jahanguir Khan et Jansher
Khan, respectivement dans les années 1980 et 90, ont pu réaliser
cet exploit de remporter le titre de champion du monde deux
fois. Depuis la création des championnats du monde individuels
en 1976 et notamment depuis la disparition de Jansher Khan,
aucun autre joueur n'avait remporté ce titre à deux reprises.
Alors pourquoi
Chabana ne trône-t-il pas sur le classement mondial me direz-vous
? Les experts du squash vous répondront que son défaut revient
en partie au fait que c'est un champion à tempérament changeant.
C'est vrai, Chabana a battu tous les joueurs du circuit, il
ne connaît pas le mot « peur » et possède une excellente technique
de jeu et une condition physique remarquable. Cependant, il
peine à maintenir son niveau. Et sa carrière s'en est sensiblement
ressentie. A titre d'exemple, son classement au mois d'octobre
dernier était de 4e mondial au classement PSA (Association des
joueurs professionnels de squash). Fin octobre, il devait participer
au British Open, le tournoi le plus important de l'année, mais
pour des raisons incompréhensibles, il décide de ne pas partir,
ce qui a de nouveau fait baisser son classement jusqu'à la 7e
place au mois de novembre. « Remporter le titre de champion
du monde me donnera beaucoup de points qui influenceront énormément
mon classement du mois de janvier. Si j'avais maintenu mon classement
de 4e, il est évident que j'aurais pu trôné sur le classement
mondial. Je joue sans beaucoup planifier ». Avec ces mots, Chabana
résume bien son handicap qui l'empêche d'arriver au sommet.
« Je crois que Chabana dorénavant pèsera un peu plus ses décisions,
il travaillera maintenant pour réaliser le rêve de l'Egypte
d'avoir un champion du monde en squash et en même temps un numéro
un au classement mondial PSA », espère Talha Hussein, entraîneur
de Chabana. Ce dernier l'a beaucoup aidé dans la dernière période
à profiter au mieux de ses capacités et à utiliser ses avantages
techniques, car avant cela, il ne dépendait que de lui-même
et ne possédait pas d'équipe technique.
Joueur rusé et
très rapide, il possède des coups très puissants et change de
style de jeu aisément selon ses adversaires, ce qui déstabilise
ces derniers. Il est capable de battre n'importe quel joueur
du monde même s'il le rencontre pour la première fois, car il
lit dans le jeu de son adversaire rapidement et sait comment
se défendre de ses points forts. Chabana promet donc encore
de nous rapporter de jolis résultats et mériterait d'être la
légende égyptiende squash. |
Ahli, l'équipe des records
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Le
football a brillé de mille feux ... rouges, l'équipe d'Ahli
ayant réalisé les plus grands succès de cette année. Les Rouges
ont en effet réalisé une exceptionnelle saison en terminant
champion d'Egypte, et multipliant les records (17 victoires
consécutives en championnat sans défaite cette saison). Bien
partis pour remporter le Championnat national, solidement placés
en tête du classement, les Rouges ont transporté leurs succès
hors des frontières du pays puisqu'ils sont aussi les nouveaux
rois d'Afrique après avoir remporté le titre de la Ligue des
champions aux dépens de l'Etoile du Sahel (Tun, 0-0, 3-0). Le
milieu vedette de l'équipe, Mohamad Barakat, qui est perçu comme
le meilleur joueur d'Egypte, est grand favori pour décrocher
le titre de meilleur joueur de la Ligue d'Afrique, de même que
le directeur technique Manuel José Da Silva (Por) est favori
pour le titre de meilleur coach. L'équipe est donc en pleine
forme et plusieurs de ses éléments tels que Essam Al-Hadari,
Waël Gomaa, Mohamad Chawqi, Hassan Moustapha, Mohamad Abou-Treika,
Mohamad Barakat et Emad Metaab constituent l'ossature de la
sélection nationale. Ce n'est pas tout, Ahli a aussi enregistré
un nouveau record mondial d'invincibilité en ayant disputé 55
matchs, toutes compétitions confondues, sans aucune défaite
pour ainsi dépasser la performance de Santos (Brésil, 54 matchs)
enregistrée dans les années 1970.
Seule ombre au
tableau : leur mauvais résultat lors du Championnat du monde
des clubs, où ils ont terminé en queue de classement. Ce fut
une grande déception pour cette équipe qui se voyait déjà inscrire
son nom dans les annales du football égyptien en remportant
une compétition mondiale. |
Le volley-ball à maturité
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Ce
fut une année en or pour la sélection de volley-ball. Les Pharaons
ont réussi à remporter la CAN (Coupe d'Afrique des Nations)
en novembre dernier qui échappait aux Egyptiens depuis deux
éditions. Et ce titre de champion d'Afrique est doublement fructueux
puisque, grâce à lui, l'équipe s'est qualifiée pour représenter
le continent africain lors de la première édition de la Coupe
des confédérations début décembre, et était assurée de remporter
automatiquement 50 000 dollars même au cas où elle perdrait
toutes ses rencontres. Et les Pharaons ont gagné leur pari puisqu'ils
sont rentrés avec 50 000 dollars, outre 25 000 dollars de plus
car ils ont terminé à la cinquième place.
Selon les experts,
le vrai atout de l'équipe réside dans le fait que les jeunes
joueurs, qui représentent une majorité au sein de l'équipe,
ont acquis une grande expérience. Lors de la CAN notamment,
où ils ont battu de grandes équipes de volley-ball dont la plupart
des éléments sont des professionnels en Europe, en Afrique du
Sud et au Nigeria par exemple. Ensuite, ils ont profité d'un
contact gratuit avec les sélections d'Europe, des Etats-Unis
et du Brésil entre autres lors de la Coupe des confédérations.
Lors de ces compétitions, l'Egypte a fait montre d'un grand
talent technique et collectif. Une performance qui a mis les
joueurs au-devant de la scène et qui a fait pleuvoir les offres
de professionnalisme. |
Mido s'illustre à nouveau
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Après
deux mauvaises saisons en Europe, l'attaquant international
égyptien de Tottenham (Ang), Ahmad Hossam dit « Mido », semble
avoir retrouvé sa forme cette année. En effet, Mido s'est illustré
comme l'auteur de la meilleure performance des joueurs égyptiens
évoluant en Europe. Prêté de la formation italienne AS Rome
à Tottenham lors du dernier mercato pour une durée de 18 mois,
Mido a commencé à séduire lors de la saison dernière. Et cette
saison, l'international égyptien a fait parler de lui dans le
championnat anglais avec 7 buts marqués en 15 rencontres, devenant
ainsi le buteur de son équipe et 8e meilleur buteur du premiership.
Il devance ainsi des attaquants de renommée comme l'attaquant
ivoirien de Chelsea, Didier Drogba, et son coéquipier l'attaquant
argentin Hernan Crespo.
Cette excellente
performance lui a permis d'être l'attaquant numéro 1 dans le
club devant l'attaquant anglais Jermain Defoe et l'Irlandais
Robbie Keane. Ce qui a poussé le club anglais à présenter une
offre d'achat de 7,2 millions de dollars à l'AS Rome. Mais cette
offre a été rejetée par le club italien.
Les Egyptiens attendent
donc beaucoup de Mido en sélection nationale lors de la prochaine
Coupe d'Afrique des nations. |
La débâcle de Zamalek
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Le
grand succès des Rouges s'est inévitablement fait aux dépens
de leur rival de toujours, Zamalek. L'équipe blanche, qui constitue
avec Ahli le pilier du football égyptien, a enregistré la pire
performance de son histoire. Les anciens champions d'Egypte
ont terminé à la sixième place du classement de la saison dernière,
résultat jamais enregistré, et cette année ils ne semblent guère
en meilleure forme. L'équipe est troisième du classement à 4
points du leader Ahli, qui a trois matchs de retard. Après avoir
été éliminés de la Ligue d'Afrique et de la Ligue arabe, les
Blancs sortiront de cette saison encore la tête basse.
Et les dégâts ne
se limitent pas seulement à l'équipe de football ni aux affaires
techniques. En effet, le public et les observateurs ont été
témoins ces 8 derniers mois du feuilleton sordide des scandales
au sein du club. Depuis les élections du conseil d'administration
en mars dernier, le club a vu le président Mortada Mansour entraîné
dans des querelles avec son vice-président, Ismaïl Sélim, et
beaucoup d'autres membres du conseil. Mansour a aussi connu
des différends avec la Fédération de handball et son président
Hassan Moustapha, ce qui a coûté à Zamalek le titre de la dernière
Coupe d'Egypte et la suspension de l'équipe. Dans une telle
atmosphère, il était normal que toutes les activités au sein
du club s'effondrent.
Finalement, le
ministre de la Jeunesse, Mamdouh Al-Beltagui, a tenté de mettre
fin à ce drame en nommant une nouvelle direction pour une période
transitoire d'un an. Cette dernière décision constitue peut-être
l'espoir de sortir le club de la tourmente. |
Karam Gaber déçoit
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Le
champion olympique de la catégorie 96 kg de lutte gréco-romaine,
Karam Gaber, a déçu le public égyptien cette année. En effet,
on ne lui pardonne pas d'avoir déclaré forfait à la dernière
minute aux Championnats du monde qui se sont achevés le 2 octobre
dernier en Hongrie. Avant les Mondiaux, notre champion olympique
avait déclaré qu'il y participerait et qu'il visait la médaille
d'or cette fois. Car durant les 2 dernières éditions des Championnats
du monde, Gaber n'avait obtenu que la médaille d'argent. Le
public égyptien l'attendait donc de pied ferme, plein d'enthousiasme,
et espérait voir le meilleur sportif égyptien en 2004 disputer
de grands Mondiaux. En effet, après la performance extraordinaire
(médaille d'or) de Gaber aux JO d'Athènes 2004, les Egyptiens
commençaient à s'intéresser à cette discipline qui est devenue
plus populaire grâce à lui. « J'ai déclaré forfait car je n'étais
pas bien préparé pour une telle compétition. L'année dernière,
je n'ai effectué aucun stage de préparation à l'étranger. La
Fédération égyptienne de lutte n'a pas appliqué son programme
de préparation », s'était défendu Gaber. Il s'était par ailleurs
attiré d'autres foudres en annonçant qu'il allait prendre une
autre nationalité et quitter l'Egypte. Mais aujourd'hui, Gaber
semble avoir résolu ses problèmes avec la Fédération égyptienne
et a repris l'entraînement en Egypte.
|
Dossier
réalisé par
Chourouq Chimy
Doaa Badr
Mohamad Mosselhi
Karim Farouk
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