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Comportements.
Les pollutions en tous genres vont grandissantes. Par
manque de sensibilisation, rien ne traduit la préoccupation
des Egyptiens de les combattre. Reportage.
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Il
est midi à Madinet Nasr, quartier de la classe moyenne du
Caire. Al-Ahram Hebdo y est allé chercher une définition
du concept d’environnement parmi les habitants et les commerçants.
Interrogé, Am Salah, vendeur de fruits et légumes, ouvre
de grands yeux et reste bouche bée. Après un instant de
réflexion, il commence à se plaindre : « La taxe sur la
propreté est trop élevée et le service laisse à désirer
! ». Il parle pendant 20 minutes mais ses propos sont hors
sujet.
A côté, Ali,
technicien informatique comme Salah, suit la conversation,
le sourire en coin. Il prend ensuite la parole. « L’environnement
c’est tout ce qui nous entoure, l’air que nous respirons,
l’eau que nous buvons, les aliments que nous consommons,
c’est la définition que nous avons apprise à l’école ».
Ali est sûr de lui en évoquant ces différentes pollutions
qui étouffent la capitale.
C’est ensuite
Aymane, 22 ans, qui est consulté. Il travaille dans l’épicerie
de son père. « L’environnement, c’est la vie tout entière.
C’est l’air, l’eau et le sol, c’est la nature avec ses
richesses, sa faune et sa flore », affirme-t-il. Mais
il ajoute que toutes les bonnes pratiques et les règles
apprises à l’école en cours d’arabe, de religion et de
chimie ne sont pas respectées. « L’individu, la société
et même le gouvernement ne respectent pas l’environnement.
La négligence est quasi totale, personne ne s’en inquiète.
Nous souffrons d’un manque de sensibilisation ainsi que
de cadres capables de régler les problèmes », poursuit-il.
Pour Sayed Abou-Srie, électricien, si les Egyptiens avaient
assimilé le concept de l’environnement on n’aurait pas
souffert de la sorte. « Chacun fait ce qu’il veut dans
ce pays sans se demander quels seront les résultats de
ces égarements », dit-il. Il est étonné de voir des gens
jeter leurs sacs-poubelles par les fenêtres de leur luxueuse
voiture. « Je ne sais pas comment ils peuvent agir comme
ça, alors que moi quand je mange une boîte de kochari
je n’ose pas la jeter dans la rue », poursuit-il. Plus
loin, dans une boulangerie, aucun des clients présents
ne peut donner une définition du mot environnement. En,
fait c’est le cas de la majorité des personnes rencontrées.
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Initiatives incontournables
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«
Le concept de l’environnement est cependant bien plus
connu chez les écoliers, étudiants et habitants des
quartiers bénéficiant d’activités de sensibilisation
ou de campagnes de nettoyage », commence Emad Adli,
directeur du Bureau Arabe pour les Jeunes et l’Environnement
(BAJE). Des initiatives qui sont pour lui incontournables.
Il rappelle alors des déclarations de l’Unesco sur l’importance
de l’éducation comme moyen de sensibilisation à l’environnement
: « La prise de conscience de la fragilité de l’environnement
et de sa détérioration exige une éducation qui permet
d’acquérir les connaissances, les comportements et les
compétences pratiques nécessaires pour participer de
façon responsable et efficace à la préservation et à
la solution des problèmes de l’environnement, et à la
gestion de la qualité de l’environnement » (Unesco,
1977). Pour cela, « il faut une prise de conscience
générale. Mais en Egypte seules 20 ONG concernées par
l’environnement sont actives ! », déplore Emad Adli.
D’où ses problèmes en tant que coordinateur national
du programme des petites subventions au Fonds mondial
pour l’environnement.
Ainsi,
les habitants d’un quartier comme celui de Madinet Nasr
n’ont jamais bénéficié de campagne de sensibilisation
organisée par une ONG. « Le problème est que le budget
des ONG en Egypte est basé sur les donations. Or, les
donateurs ne veulent financer que des projets destinés
aux plus défavorisés, et donc pas dans un quartier comme
Madinet Nasr », assure Adli. Quant à la présidence du
quartier, elle affirme ne pas avoir besoin des ONG pour
sensibiliser ses habitants. « Nous avons tout un département
dédié aux affaires de l’environnement, où nous recevons
des plaintes. Nos comités d’inspection visitent les
sites des infractions environnementales et distribuent
des contraventions », explique un responsable qui a
requis l’anonymat. Ici, c’est donc la sanction qui prévaut
contre la prévention.
« Face
à ce constat, les médias doivent à mon avis aller beaucoup
plus loin dans la sensibilisation. C’est la manière
la plus rapide et la plus efficace de transmettre le
contenu du concept de l’environnement et de sa protection.
Car il est temps aujourd’hui de savoir ce qu’est le
développement durable pour réaliser les objectifs du
Millénaire pour le Développement, décrétés en 2002 à
Johannesburg par l’Onu et à atteindre d’ici 2015 »,
conclut Emad Adli .
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Dalia
Abdel-Salam |
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