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Bilan 2005.
Des bruits de détonation se sont fait entendre le 7 avril, le
30 avril et le 23 juillet, trois dates qui ont marqué cette
année. |
| Un terrorisme
informel |
Mais
on est loin des attentats liés aux organisations internationales.
Un retour des actes de violence en Egypte
après une assez longue accalmie ? Un terrorisme que l'on croyait
t
erminé sur les bords du Nil ? La première
date concerne le quartier d'Al-Azhar. Un étudiant à la faculté
de polytechnique, Ahmad Hassan Bachandi, porteur d'une charge
explosive s'est fait tuer dans cette rue commerçante et proche
du quartier touristique de Khan Al-Khalili, tuant avec lui
une Française et un Américain. A l'époque, les services de
sécurité se sont précipités pour affirmer qu'il s'agit d'un
acte purement individuel qui ne ferait en conséquence aucune
tache d'huile, mais à quelques semaines près intervient l'opération
dite « Abdel-Moneim Riyad » du nom de la place située juste
en face du Musée égyptien. Un autre jeune porteur aussi d'une
charge explosive, selon la version de la police, saute du
haut du pont en essayant d'échapper à ses poursuivants, des
policiers. Ihab Yousri trouve immédiatement la mort. C'est
uniquement là qu'on apprend qu'il est un ami à Bachandi. Le
puzzle se reconstruit petit à petit. A quelques dizaines de
minutes d'intervalle, sa sœur et sa copine tentent de tirer
sur un bus touristique place Sayeda Aïcha non loin de la Citadelle,
avant de se tuer l'une l'autre. Une semaine après, la police
déclare avoir arrêté le think-tanker de cette cellule familiale.
Il n'est que le propriétaire de l'atelier où on fabriquait
les bombes artisanales utilisées dans les opérations. Pour
l'instant, l'histoire s'achève ici.
Environ deux mois après, le pays est secoué
par un autre attentat qui reste de loin le plus sanglant.
A Charm Al-Cheikh, la station balnéaire et la cité chère au
président Moubarak. Ville dite de la paix pour son accueil
de dizaines de conférences et sommets de paix. Le bilan est
de 62 personnes. Des voitures piégées explosent à l'entrée
d'un hôtel, en plein milieu du parking et sur l'ancien marché,
les trois presque en même temps. Une opération qui rappelle
celle de Taba, même si cette dernière visait essentiellement
des Israéliens. A Charm, le contexte est différent. La police
pointe du doigt les bédouins de la péninsule du Sinaï, encercle
le mont dit Al-Halal pendant plusieurs mois de suite. L'opération
n'est pas facile. Des morts dans les deux camps. Ce n'est
qu'il y a deux semaines que l'affaire prend officiellement
fin avec la mort du dernier accusé au moment où il tentait
de s'enfuir de la montagne. Un nouveau type de terrorisme,
dit-on aujourd'hui si on le compare aux années 1990 avec cette
montée des mouvements islamistes armés qui avaient plongé
le pays dans un cycle infernal de violence et de vengeance.
Pour cette année 2005, on est bien loin d'attentats sophistiqués.
C'est-à-dire des actes qui démontrent qu'il existe bel et
bien une organisation derrière ou au moins une cellule qui
planifie, finance et exécute pour une idéologie particulière.
Le général Habib Al-Adeli, ministre de l'Intérieur, n'a pas
semble-t-il cherché au fil des années à nier une éventuelle
présence terroriste. Voire, il semble confirmer l'existence
d'un terrorisme informel puisque pour lui « ce phénomène existe
toujours, mais sous d'autres aspects ».
D'ailleurs, pour les services de sécurité,
« il vrai qu'on a réussi à exterminer les bases du terrorisme,
mais cela ne veut pas dire que nous sommes complètement à
l'écart. On le guette toujours ». Selon un responsable au
ministère de l'Intérieur, l'Egypte fait face aujourd'hui à
un nouveau genre de terrorisme dit aléatoire. Difficile donc
de le cerner puisqu'on ne connaît ni les membres, ni leur
financement, ni leur cause. Un constat ? Le pays fera-t-il
encore face à ce genre d'opérations dans les années qui viennent
? C'est le doute qui plane. « Je pense qu'il n'y aura pas
de suite à ces actes de violence car chaque attentat avait
ses propres circonstances sans aucune relation avec des groupes
terroristes internationaux comme Al-Qaëda », explique un haut
responsable à la sûreté de l'Etat. D'après lui, il faudrait
aller chercher les vraies causes qui ont poussé un jeune,
comme l'auteur de l'attentat d'Al-Azhar, à commettre ce crime.
Est-il arrivé à un point de désespérance qu'il n'a pas pu
surmonter ? Mais selon les observateurs, il faudrait aussi
remettre en cause la façon avec laquelle les forces de sécurité
agissent dans ce genre d'événements. « L'attentat de Charm
Al-Cheikh, par exemple, est dû à la mauvaise gestion des suites
des attentats de Taba qui a eu lieu en octobre 2004. C'est
une chute grave dans la performance de la police, surtout
dans les manières utilisées avec les bédouins qui ont une
mentalité difficile à comprendre et qui nécessite beaucoup
d'attention », avoue un ancien haut responsable de la police
sous couvert de l'anonymat.
Les observateurs sont presque unanimes à
affirmer que tant que les causes sont là, rien ne va changer
dans l'avenir. La situation régionale et la crise économique
en particulier. Mais un chercheur comme Ahmad Al-Moslémani
estime qu'« il y a un éveil politique dans le pays qui attire
davantage l'attention des Egyptiens ». Selon lui, 2006 serait
plutôt l'année des manifestations et des grèves et non celle
du terrorisme.
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| Chérine Abdel-Azim |
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La paix froide
se réchauffe
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| Un partenariat
stratégique entre l'Egypte et Israël a pris forme en 2005. |
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Après le textile, c'est le gaz. L'an dernier,
Le Caire et Tel-Aviv ont convenu d'un accord made in USA qui
permet à la production égyptienne d'accéder au marché américain,
sans quota ni droits de douane, à condition de renfermer au
moins 11,7 % de composants israéliens. C'était le premier partenariat
commercial et industriel stratégique depuis la signature, il
y a 25 ans, des accords de paix entre l'Egypte et Israël. 2005,
plus précisément le 30 juin, a témoigné d'un nouvel accord aussi
historique entre ces deux pays, qui entretenaient classiquement
des relations diplomatiques pour le moins fluctuantes. En vertu
de cette coopération, l'Egypte va fournir à Israël entre 1,7
et 3 milliards de m3 de gaz naturel par an. Le Caire s'engage
d'autre part à prolonger ce contrat et à fournir à Tel-Aviv,
dans ce cas de figure, pendant les quinze prochaines années.
Un accord qui porte sur un total d'environ 3 milliards de dollars.
Un rapprochement significatif qui n'a pas manqué de soulever
une immense vague de protestation en Egypte et qui a été au
service de quelques candidats à la présidentielle concurrençant
le président Moubarak.
Ceci explique peut-être pourquoi les responsables
égyptiens avaient préféré maintenir le flou sur l'affaire qui
se négociait depuis au moins 4 ans. Les détails du contrat ont
été ainsi dévoilés par la partie israélienne, mais aussi par
la presse arabe. A ce moment-là, les journaux même israéliens
avaient parlé d'assurances personnelles du président Moubarak
au premier ministre israélien Ariel Sharon de combler les besoins
israéliens en gaz naturel.
Les critiques, elles, allaient dans plus de
directions. La première voyait l'accord sous le regard protecteur
des Etats-Unis et donc dans le seul intérêt des Israéliens,
surtout que les Egyptiens avaient longtemps refusé de signer
un tel accord, estimant que le contexte politique n'y était
pas propice. Mais comme avec le Qiz, lorsque les Etats-Unis
refusaient de poursuivre les négociations avec l'Egypte sur
la création d'une zone de libre-échange, tant que Le Caire n'avait
pas signé l'accord avec Israël, le gaz naturel n'est pas vu
loin d'une similaire pression, surtout que le contexte politique
n'a certes pas changé. D’ailleurs, selon Emad Gad, rédacteur
en chef d'Israeli Digest, « l'Egypte tente d'élargir ses relations
avec Israël en se tenant à l'écart des problèmes politiques
». D'après lui, le gouvernement entérine ce genre d'ententes
pour des raisons strictement égyptiennes.
Mais de quel intérêt parle-t-on ? Les experts
jugent cette décision risquée, puisque l'Egypte, avec la croissance
de sa production en gaz naturel, a décidé d'opter pour l'exportation.
Des exportations, qui devraient permettre à l'Egypte de se classer
13e mondiale parmi les pays exportateurs de gaz naturel dont
les réserves assurées s'élèvent à 1 800 milliards de m3. Alors
que l'Etat hébreu, qui possède des réserves également assurées
en gaz naturel, préfère ne pas les épuiser et opte pour l'importation.
Après avoir écarté le gaz russe et palestinien, l'Etat hébreu
a préféré le gaz égyptien pour une question d'argent surtout
puisque le contrat dont il est question s'étend sur ces 15 ans
à un prix fixe ! Un contrat qui pourrait se prolonger encore
pour 5 ans de plus et va révolutionner la politique d'énergie
israélienne. Tel-Aviv passera ainsi de l'utilisation du brut
et du charbon à l'utilisation du gaz naturel, une source d'énergie
plus propre et moins chère qui produirait environ 70 % de l'électricité
israélienne. 2006 verra alors encore des accords aussi stratégiques
notamment pour Israël ? Les experts ne l'écartent pas. La prochaine
étape serait peut-être l'eau .
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| Samar Al-Gamal |
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