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La vie mondaine
Le mirage de la raison et la régression
Par Magdi Garas
Président de l’Association Caritas

Nous sommes aujourd’hui au XXIe siècle et l’espèce humaine se trouve dans une période décisive de l’histoire de son évolution, en ces jours où les guerres se déclenchent dans notre monde, tantôt menacé et tantôt détruit. Mais petit à petit, l’humanité devient partout plus consciente de son unité. Elle doit assumer une mission qu’il est impossible d’accomplir sauf si tous travaillent pour réaliser une paix véritable dans un esprit progressiste. Il nous faut aujourd’hui abandonner nos vieilles idées pour méditer objectivement sur notre contexte et savoir comment remédier aux problèmes dans lesquels nous sommes plongés.

Avons-nous bien réfléchi aux obstacles qui entravent les ambitions humaines dans notre société ? Connaissons-nous bien les éléments qui nous manquent dans les domaines du savoir, de la liberté, du statut de la femme et des concepts religieux ? Le défi s’aggrave dans le domaine des libertés politique, culturelle et religieuse. La société du savoir se base essentiellement sur la propagation des connaissances et leur exploitation efficace dans tous les domaines de l’activité humaine : vie économique, société civile et vie privée. Par ailleurs, le savoir est devenu, sans rival, la force motrice des mutations économique, sociale et religieuse. Il y a un lien intime entre l’acquisition de connaissances et la capacité de produire dans la société. Les principes du savoir, dans notre société égyptienne en particulier et dans le monde arabe en général, affrontent des difficultés majeures dans divers domaines : éducation, enseignement, information, traduction.

Il y a de nombreux obstacles, dont le plus important est le manque de moyens dispensés aux individus, aux familles et aux institutions dont les activités sont forcément restreintes. Voyez donc les souffrances illimitées endurées par les Egyptiens, dont les besoins dans les domaines de l’enseignement, la santé et le logement ne sont pas satisfaits. Sans oublier les procédures bureaucratiques. Tout cela leur fait sentir qu’ils sont dans l’insécurité.

Les études indiquent que la méthode d’éducation dans les familles égyptiennes et dans la société arabe se caractérise par la domination, le système pyramidal et le protectionnisme. Tout cela entrave la motivation à l’indépendance, la confiance en soi et la compétence sociale. Cette éducation est opprimante et affaiblit la créativité et la capacité à prendre des décisions. La manière de penser est ainsi affectée. L’individu est alors habitué, depuis son plus jeune âge, à réprimer sa curiosité.

L’enseignement est un domaine épineux dans notre société égyptienne. Petits ou grands, tous souffrent du mauvais système d’enseignement. Malgré le progrès sur le plan quantitatif, la qualité de l’enseignement laisse beaucoup à désirer. C’est ainsi que l’objectif du développement humain consistant à améliorer les conditions de vie n’est pas atteint. Cette situation impose de graves défis aux philosophies pédagogiques, ce qui affecte les plans d’éducation. L’enjeu comprend les politiques pédagogiques, la compétence des professeurs et les programmes d’études. La production littéraire dans le monde arabe est pauvre. Ceci est attribué au nombre limité de lecteurs, vu la hausse du taux d’analphabétisme et le faible pouvoir d’achat du lecteur arabe. La production de livres dans le monde arabe ne dépasse pas 1,1 % de la production mondiale, bien que les Arabes constituent 5 % de la population mondiale. Seuls 1 945 livres ont été imprimés dans les pays arabes en 1996, soit 0,5 % de la production mondiale. 17 % des livres publiés dans les pays arabes sont des livres religieux, tandis que ce taux ne dépasse pas 5 % dans les autres pays. On se demande alors pourquoi cette montée religieuse ? Est-elle attribuée au changement dans tous les domaines de la vie ?.

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