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Rupture politique
Par Salama A. Salama
Tous ceux qui s’intéressent à la réforme de la vie politique et à l’instauration de la démocratie en Egypte sur des principes corrects de pluralisme ont favorablement accueilli le processus de réforme que le néo-Wafd a amorcé. Les dernières élections législatives ont bien failli provoquer une crise grave menaçant l’unité du parti et suscitant l’inquiétude de ceux qui connaissent la valeur du Wafd dans la vie politique égyptienne. En effet, nombreux sont ceux qui ont confiance en la capacité de ce parti quant à redresser la situation politique.

Il était naturel que la volonté de réforme prenne le dessus sur les tendances de despotisme et d’intransigeance. Les décisions qui ont causé de larges fissures entre les cadres du parti ont été annulées et c’est l’esprit démocratique et la soumission à l’opinion de la majorité qui l’ont emporté en accord avec l’esprit libéral inhérent à l’ancien Wafd, principal parti d’avant la Révolution de Juillet 1952.

Il est absolument nécessaire cependant de dire que le néo-Wafd, comme tous les autres partis, a besoin d’être libéré de nombreuses contraintes et restrictions qui ont sévi tout au long des dernières années, pour en faire une copie conforme au parti au pouvoir. De fait, certains cadres avaient occupé les mêmes sièges durant de longues décennies. Tout au long des dernières années, aucun système démocratique interne n’avait été adopté pour réformer les fondements archaïques du Wafd, à l’opposé des jeunes partis soucieux quant à eux d’intégrer le monde moderne.

De nombreuses personnes se sont réjouies de la crise du néo-Wafd dont les prémices avaient commencé lors des élections présidentielles pour culminer aux législatives. Il y a même eu des tentatives de certains cercles proches du PND de semer la zizanie dans les rangs du parti. Ceci étant, il faut avoir à l’esprit que la consécration d’un régime politique unique et absolu n’aide pas la création d’un système pluraliste et démocratique d’une part et nuit fondamentalement au parti au pouvoir qui perd toute crédibilité pour devenir la cible des opportunistes, comme l’ont montré les dernières législatives, d’autre part.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à la séparation du PND et de l’Etat, c’est-à-dire créer une distance entre les appareils du parti et les institutions de l’Etat. Le premier pas à entreprendre est de dissocier le poste de président de la République de la direction du parti. Car en effet, il est grand temps d’entamer la procédure du « divorce » politique. Le PND devra compter sur lui et entrer en concurrence avec les formations d’opposition loin de ce bouclier que représentent l’institution présidentielle et son héritage !

Il est vrai que le président Moubarak tient toujours à assurer qu’il est président de tous les Egyptiens, abstraction faite de leurs tendances ou opinions. Ceci était clair dans le dernier discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle session parlementaire. Cela nécessite une traduction pratique qui ancrerait les principes de la démocratie et de la vie partisane en Egypte. C’est une responsabilité que seul le président de la République peut assumer !.

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