Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Points de vue

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Vers un Etat palestinien en 2006 ?
Par Mohamed Sid-Ahmed
Netanyahu a été nommé à la tête du Likoud pour succéder à Sharon qui a fondé un nouveau parti, Kadima (en avant).

Selon les résultats des élections finales tenues le 19 décembre, Netanyahu a remporté 44 % des voix des électeurs du Likoud, alors que le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, n’en a obtenu que 33 % devant le président de la faction la plus extrémiste au Likoud, Moschi Feaglan, qui a obtenu 15 %, tandis qu’un 4e candidat, qui est le ministre israélien de l’Agriculture, a obtenu 9 %. C’est ainsi que Netanyahu est revenu à la tête du Likoud qu’il avait présidé de 1993 à 1999.

La campagne électorale provoquée par le renoncement de Sharon à la présidence du Likoud et la fondation de Kadima n’a pas duré longtemps. En effet, Shalom, qui avait été obligé de soutenir le retrait décidé par Sharon des forces israéliennes de Gaza, n’a cependant soutenu Netanyahu qu’avec de fortes réserves. En effet, Shalom accuse Netanyahu d’aller en avant dans une politique économique qu’il estime excessivement libérale.

D’autre part, Netanyahu qui s’oppose fortement à la politique de retrait des colonies, estime que celle-ci fera du Likoud une rallonge de Kadima. Netanyahu annonce aussi qu’à l’intérieur du parti œuvrent toujours des alliés de Sharon qui préparent le parti à devenir un instrument au service de la politique de Kadima. Netanyahu dit : « Nous devons rendre le Likoud à lui-même avant de le préparer à conduire le pays ».

Ici, le principal perdant est Sylvan Shalom qui s’est engagé à ne pas se retirer avec Sharon du Likoud, contrairement au ministre de la Défense, Mofaz. La mission est difficile puisque la formation que Netanyahu a héritée de Sharon est fragile. Elle ne possède que quelques rares caractéristiques du Likoud qui était principalement rassemblé autour de Sharon en tant que personne.

Selon les sondages, il n’est pas prévu que le Likoud, sous la présidence de Netanyahu, attire un grand nombre de personnes. Ce parti était représenté en 2003 par 38 députés à la Knesset et ne s’attend pas à plus de 10 ou 12 sièges. Et ce alors que les membres de Kadima sont entre 30 et 40 membres auxquels sont ajoutés 20 membres du Parti travailliste sous la direction du leader syndical Yigal Amir.

On remarque à ce propos que la droite extrémiste est divisée à l’intérieur du Likoud entre 2 directions, Netanyahu, le leader de la tendance la plus extrémiste, et Feaglan. Cette situation diminue le poids de chacun séparément. On remarque aussi que le ministre de la Défense, Mofaz, contrairement à Shalom, s’est joint à Sharon dans le parti Kadima. Ce qui constitue encore plus de soutien pour ce parti. Ce qui pourrait pousser Shalom à refaire lui aussi ses comptes.

De même, le journal Haaretz signale que certains électeurs du Likoud pourraient s’encourager à réintégrer le parti qui est maintenant loin des centres de prise de décision avec ses tendances d’extrême droite. Et ce au lieu d’adhérer à d’autres partis de droite comme le Parti national religieux ou l’Union nationale. Mais ceci ne change pas grand-chose dans le parti dirigé par Netanyahu et qui restera un parti d’importance moyenne perdant son caractère de plus important des partis représentatifs de droite.

Sharon après l’attaque cérébrale

Sharon est complètement rétabli de l’attaque cérébrale de la semaine passée. Mais ceci ne signifie pas qu’il doit être totalement rassuré. De plus, cette crise de santé sera prise en considération quand il sera question de juger de son aptitude à gérer le pays. Il a été atteint de cette embolie avant les élections législatives lors de conditions très critiques à l’intérieur d’Israël et dans toute la région.

En réalité, la Feuille de route n’est pas seulement menacée par des facteurs en rapport avec les ennemis des Palestiniens. Maintenant, Arafat est mort, assassiné ou non. Selon les Israéliens et les Américains aussi, sa disparition de la scène créait des conditions plus favorables pour parvenir à un règlement. Et en fin de compte, il ne reste que la Feuille de route, ce projet international de paix au Proche-Orient qui devait permettre la création d’un Etat palestinien avant la fin de l’année 2005. Mais Israël n’a pas tenu ses promesses. S’il est vrai qu’il s’est retiré de Gaza en septembre dernier, la Cisjordanie presque en entier est encore sous occupation, l’armée israélienne y agit comme bon lui semble et le document perd ainsi tout son sens.

La Feuille de route a été formulée par 4 parties : Les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et l’Onu qui constituent le Quartette qui a tenté de profiter des erreurs commises auparavant afin de ne pas les répéter. Ce Quartette international s’est basé sur 3 idées principales. Premièrement, réclamer de déployer des efforts simultanés de la part des deux parties en conflit pour éviter de proposer des conditions qui imposeraient des obstacles face à d’autres efforts. Partant, les Palestiniens devaient renoncer à leurs organisations armées, et les Israéliens devaient geler les opérations de colonisation. Deuxièmement, créer un mécanisme de contrôle sous la direction du Quartette pour évaluer les progrès réalisés. Troisièmement, déterminer un calendrier en 3 étapes pour effectuer certaines procédures dans l’objectif de réinstaurer la confiance entre les partis en conflit (jusqu’à juin 2003), puis créer un Etat palestinien aux frontières temporaires (de juin à décembre 2003), et enfin des frontières définitives où seraient gérés les sujets les plus cruciaux dans le conflit, c’est-à-dire Jérusalem, les réfugiés, les colonies israéliennes, etc. Cette dernière étape devait prendre fin le 31 décembre 2005. Or, rien de tout cela ne s’est réalisé. Cependant, ces clauses sont toujours employées comme références dans les discours officiels. Les efforts doivent être déployés dans le sens d’une application de la part d’Israël, dans le contexte des élections du 28 mars 2006.

Si la Feuille de route est considérée comme un projet acceptable malgré son échec en comparaison avec n’importe quel projet, c’est parce qu’il est agréé par toutes les parties. Il n’y a pas de substitut. Puis Sharon ne l’a accepté qu’après des modifications qui l’ont rapproché de ces idées pour devenir différent de l’esprit du projet initial. Il lui a imposé des conditions préalables, comme le désarmement des organisations palestiniennes.

Tout au long de l’année passée, Sharon a réussi à neutraliser le Quartette et à attirer les regards vers son projet concernant Gaza sans prendre en considération si ce projet est conforme ou non à la Feuille de route. Au contraire, le retrait qui renforce la sécurité d’Israël va inéluctablement à l’encontre du retrait qui réalise un minimum d’indépendance pour le peuple palestinien. C’est pour cela que Mahmoud Abbass appelle à renoncer aux 2 premières idées de la Feuille de route et de passer directement à la troisième, c’est-à-dire passer au règlement final. Et ce alors que Sharon refuse catégoriquement de tenir des négociations autour du règlement final. La position de Mahmoud Abbass est totalement contraire. Complètement différente. Il refuse de désarmer les organisations palestiniennes par la force. Il pense qu’un accord autour des questions essentielles est le seul moyen de convaincre ces organisations que les négociations valent mieux que la lutte armée.

Haut de page
Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631