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Squash . Amr Chabana est désormais 4e du classement mondial PSA. Du jamais-vu pour un Egyptien. Entretien.
« Atteindre le sommet n'est qu'une question de temps »

Al-Ahram Hebdo : Depuis combien de temps travaillez-vous à intégrer le top 5 mondial PSA (Association des joueurs professionnels de squash) ?

Amr Chabana : Je suis peut-être le seul joueur du circuit à n'avoir jamais visé de classement précis. Je ne fais que m'entraîner pour améliorer mon niveau et être à égalité de performance avec les meilleurs joueurs du monde. Début 2004, et après avoir réussi fin 2003 à remporter le titre de champion du monde, j'ai décidé de contrôler mon tempérament et mes résultats irréguliers. C'est-à-dire de maintenir mon niveau et ne jamais en baisser. Depuis cette date, je réalise de bons résultats. Alors qu'avant, vous pouviez me voir finaliste d'un tournoi et une semaine après éliminé des premiers tours d'un autre tournoi. Maintenant, ce n'est plus le cas.

— En 2004, votre classement variait entre la 5e et la 7e place. Comment avez-vous réussi à franchir le cap du top 5 ?

— Les 2 derniers mois avant le début du mois de Ramadan j'ai remporté 3 tournois internationaux : l'Open d'Héliopolis en Egypte, celui de St-Louis aux Etats-Unis et l'Hungarian Open. Je ne les avais jamais remportés avant. Ce qui a été une bonne chose pour mon classement mondial. Par contre, je n'ai pu terminer que finaliste du Windy Open et Dayton Open, aux Etats-Unis, mais j'ai réalisé un exploit en terminant finaliste du British Open. Une première pour un joueur égyptien. Autant d'indices démontrant mes progrès et que mon nouveau style de jeu et mon programme d'entraînement physique sont sur la bonne voie.

— Vous avez été champion du monde. Quel titre visez-vous désormais ?

— J'ai en effet déjà remporté le titre de champion du monde. C'est un titre légendaire pour tout joueur. Mais arriver à dominer le classement mondial pendant un certain temps, c'est prouver que vous êtes le meilleur et que vous pouvez vaincre n'importe qui. C'est beaucoup plus difficile que de devenir champion du monde.

— La voie est-elle libre pour atteindre le sommet du classement mondial ?

— Atteindre le sommet n'est qu'une question de temps. Ce n'est pas un but facile à réaliser, car le squash d'aujourd'hui est ouvert. Tout joueur est en mesure de battre le n°1 mondial. En ce qui me concerne, par exemple, j'ai déjà battu à plusieurs reprises le Français Thierry Lincou, actuellement 1er mondial. Mais cela ne veut pas dire que je suis plus fort que lui. Le niveau des joueurs du top 10 et plus précisément du top 5 est très proche. Ce qui rend les places interchangeables.

— Que pensez-vous des joueurs qui vous précèdent au classement PSA ?

— Ils sont forts, talentueux et expérimentés. Je n'ai de problèmes qu'avec le n°1 mondial. Une importante différence de points nous sépare, ce qui prendra un an de tournois pour la combler. Quant au Canadien Jonathon Power, 31 ans et actuel n°2 mondial, il est plus expérimenté que moi. Son problème est qu'en raison de son âge sa condition physique et sa rapidité baissent. Pour l'Australien Anthony Ricketts, 3e mondial, il est rapide mais son squash n'est pas meilleur que le mien. En fait, il est presque certain que je dépasserai ces deux derniers au classement de décembre prochain.

— Comment jugez-vous la performance de vos coéquipiers égyptiens ?

— Je suis optimiste concernant mes coéquipiers du top 20 : Karim Darwich, actuel n°10 mondial, et Mohamad Abbass, 19e mondial. Ils sont forts mais il leur manque l'expérience. Quand les joueurs âgés se retireront, ils graviront les échelons du classement. Mais je suis inquiet pour les plus jeunes générations. Le nombre des nouveaux pratiquants égyptiens a beaucoup augmenté, mais les joueurs talentueux sont inexistants !

— Quels sont vos grands rendez-vous avant la fin de l'année ?

— Je compte beaucoup sur le Qatar Classic Open et les Championnats du monde qui auront lieu en novembre et décembre. Le total des prix de ces deux tournois a triplé, c'est-à-dire que le taux de points accumulés a aussi triplé. Si j'arrive à terminer au moins finaliste de ces tournois, je finirai l'an 2005 avec un classement de 2e mondial.

Propos recueillis par
Chourouq Chimy
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