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Haltérophilie . La sélection nationale participera, du 9 au 21 novembre, aux Championnats du monde au Qatar. Mais rééditer les exploits des deux dernières éditions s’avère difficile.
L’épreuve post-Ivanov

Un bruit assourdissant sort de la salle d’haltérophilie du Centre olympique du Caire. Signe d’un entraînement intense de la sélection nationale aux Championnats du monde qui débutent ce 9 novembre à Qatar. Il est presque impossible de reconnaître les entraîneurs des athlètes, parce que ceux qui étaient il y a encore quelques mois haltérophiles sont aujourd’hui entraîneurs. Car après le départ du directeur technique bulgare de la sélection nationale, Yorden Ivanov, en décembre 2004 (fin de contrat), la Fédération égyptienne a nommé de grandes figures nationales de la discipline pour le remplacer. Aux côtés des entraîneurs expérimentés Maher Amine et Mahgoub Nada, la Fédération égyptienne a désigné les jeunes Mohamad Osmane et Mahmoud Moussa Al-Dib. Ces derniers ont disputé les Jeux olympiques de Sydney 2000 et les Championnats du monde 2003 en tant qu’haltérophiles. « Le fait de nous retirer du jeu il y a quelques mois a beaucoup aidé pour les entraînements. Nous sommes encore très frais, donc en mesure de mieux communiquer notre expérience », déclare Mohamad Moussa Al-Dib. Mohamad Ihsane Attiya (+105 kg) est du même avis. « Nous sommes à l’aise avec les entraîneurs nationaux. Ils sont comme des frères. Ce sont nos amis, cela facilite notre travail. Au début, il était difficile de leur faire confiance à 100 %. Mais après le départ d’Ivanov, qui était un entraîneur international, et avec le temps, nous découvrons qu’ils sont bons à leur nouveau poste ».

Ces jeunes entraîneurs portent cependant un lourd fardeau. La sélection a connu une baisse de son niveau international au cours de l’année dernière. A la suite de l’arrivée d’Ivanov à la tête de l’équipe nationale, le 15 mai 2001, elle a enregistré d’énormes progrès et performances extraordinaires. L’Egypte a en effet décroché 35 médailles internationales et 5 records mondiaux seniors et cadets. Du jamais-vu. De plus, en remportant 3 médailles d’or aux Championnats du monde 2003, Nahla Ramadan a réalisé la meilleure performance et un exploit au niveau de toutes les disciplines sportives nationales, en devenant la première Egyptienne à monter sur la première marche du podium.

Ainsi, la mission du nouveau cadre technique ne s’annonce pas facile après le remarquable travail d’Ivanov.


Mauvaise préparation

Aujourd’hui, le problème le plus épineux de la sélection est sa mauvaise préparation. Depuis le départ d’Ivanov, elle n’a effectué aucun stage de préparation à l’étranger. La préparation des Mondiaux s’est limitée au Centre olympique du Caire, loin de tout contact avec des champions internationaux. « C’est là un défaut de l’entraîneur national. Lorsqu’Ivanov était à la tête de l’équipe, ses demandes étaient des ordres. Ainsi, les haltérophiles ont effectué un grand nombre de stages de préparation à l’étranger, ce qui a amélioré leur niveau », confie Mohamad Moussa Al-Dib.

Les entraîneurs nationaux cherchent néanmoins à faire tout leur possible pour prouver qu’ils sont à la hauteur de leur fonction. « Ces derniers mois, ils ont amélioré les records de plusieurs athlètes, surtout Mohamad Ihsane Attiya. Et ils ont aidé Nahla Ramadan à revenir après sa longue absence », déclare le président de la Fédération, Mohamad Mahmoud.

L’Egypte compte justement beaucoup sur Mohamad Ihsane. Ce dernier a réalisé de grands exploits en juniors, en remportant 3 médailles d’or aux Championnats du monde juniors 2003. Puis il n’a cessé d’améliorer ses records afin de réaliser son objectif principal, une médaille aux Championnats du monde seniors, en préparation pour la médaille olympique. En ce qui concerne la championne du monde en titre, Nahla Ramadan, elle n’a pas de grandes chances de conserver son titre. Depuis son échec aux Jeux Olympiques (JO) d’Athènes 2004, elle a traversé une mauvaise passe et s’est éloignée des salles d’entraînement. De plus, il y a un mois, elle s’est fait opérer de l’appendicite, ce qui a bien sûr affecté son niveau. « Mohamad Ihsane est capable d’intégrer le top 5. Alors que pour Nahla, si elle termine 5e, ce sera un bon résultat », déclare Mohamad Osmane, entraîneur de l’équipe hommes.

Ces Mondiaux de Qatar seront donc l’occasion pour les nouveaux jeunes entraîneurs nationaux de faire valoir leurs compétences. « Le ministère de la Jeunesse nous a promis de financer le contrat de n’importe quel entraîneur, que ce soit Ivanov ou un autre. Donc on évaluera le travail du cadre technique national après ces Mondiaux », déclare Mahmoud Choukri, conseiller technique de la sélection et ancien président de la Fédération égyptienne.

Doaa Badr
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« Je connais bien les athlètes, je sais les diriger »
Passé du jeu à l’entraînement, Mohamad Osmane s’exprime sur sa nouvelle nomination à la tête de la sélection nationale.

Al-Ahram Hebdo : Vous êtes l’entraîneur de la sélection nationale. Quelles sont vos réalisations depuis votre arrivée à ce poste en début d’année ?

Mohamad Osmane : Nous avons pris en charge la sélection nationale à la suite du départ du directeur technique de l’équipe, le Bulgare Yorden Ivanov, au début de l’année. Nous avons commencé notre travail par les Championnats arabes de Jordanie, en mai dernier, où nous avons obtenu la première place. Puis nous avons disputé les Jeux méditerranéens d’Almeria où l’équipe a décroché 15 médailles, dont 7 en or. Durant ces derniers mois, nous avons expérimenté une autre méthode d’entraînement. Selon le programme d’Ivanov, l’athlète était obligé de lever le maximum de poids à chaque entraînement. Maintenant, nous encourageons la variété de poids, l’athlète lève parfois 90 % de son poids maximum, parfois 80 % et d’autres fois le maximum de poids. C’est une autre école d’entraînement basée sur l’augmentation de la force. Durant cette période, nous avons amélioré les records des athlètes. Par exemple, le record de Mohamad Ihsane (+105 kg) était de 235 kg. Aujourd’hui, il soulève 245 kg.

— Pensez-vous pouvoir rééditer l’exploit des derniers Championnats du monde et les 3 médailles d’or obtenues par Nahla Ramadan ?

— Cette mission ne sera pas facile. Le départ d’Ivanov a sans doute affecté le niveau de la sélection nationale. En effet, nous avons un lourd fardeau à porter. Car remplacer Ivanov est une mission très difficile. Il est un entraîneur d’un très haut niveau qui a réalisé de grands exploits. Il est vrai que j’ai appris beaucoup de la part d’Ivanov, lorsque j’étais haltérophile et maintenant j’applique sa méthode. Par exemple lorsqu’il était à la tête de la sélection, les athlètes ont joui d’une bonne préparation, car la Fédération répondait favorablement à toutes ses demandes concernant les stages de préparation et les tournois internationaux. Aujourd’hui, les Egyptiens n’ont pas bien préparé les Mondiaux, et la vedette de l’équipe, Nahla Ramadan, championne du monde en titre, n’est pas en bonne forme. C’est pourquoi la mission ne sera pas facile, mais je reste optimiste. Nahla pourra retrouver sa forme durant la compétition et Mohamad Ihsane pourra réaliser un exploit à Qatar. En effet, chaque membre de l’équipe nationale a l’espoir de remporter une médaille.

— L’année dernière, ces athlètes étaient vos coéquipiers. Cela a-t-il influé sur votre nouvelle fonction ?

— Lorsque j’étais haltérophile, j’étais le capitaine de l’équipe. Et mes coéquipiers me considéraient comme leur grand frère. J’ai joué le rôle d’intermédiaire entre les athlètes et l’entraîneur. Cette situation a facilité mon travail en tant qu’entraîneur. Il n’y a pas de problèmes entre nous, car je fais partie de leur équipe. Comme je connais bien les athlètes, je sais les diriger. Malgré cela, je crois que la présence d’un entraîneur international, tel Ivanov, jouerait un grand rôle et serait un atout pour la sélection nationale.

 

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