L’envoi d’un message à nos
frères musulmans à l’occasion de la fin de Ramadan
est devenu une tradition du Conseil pontifical
pour le dialogue inter-religieux. En 1991, au
moment de la première guerre du Golfe, ce message
d’amitié portait la signature de Sa Sainteté
le pape Jean-Paul II. Il parlait alors « d’un
dialogue sincère, profond et constant entre
catholiques et croyants musulmans, d’où pourront
jaillir une plus grande connaissance et confiance
mutuelles ». Aujourd’hui, ces mots sont encore
et assurément d’actualité.
Le 2 avril de cette année,
la vie du pape Jean-Paul II est arrivée à son
terme. De nombreux musulmans de par le monde
ont suivi de près, avec les catholiques et les
autres chrétiens, les derniers instants de sa
maladie et son décès. Des délégations officielles
composées de musulmans, de responsables politiques
et de chefs religieux, venues de nombreux pays,
étaient présentes sur la place Saint-Pierre
pour ses funérailles. Nombreux sont ceux qui
lui sont profondément reconnaissants pour ses
efforts au service de la paix. Un journaliste
musulman qui a eu l’occasion de rencontrer personnellement
le pape Jean-Paul II a écrit : « Je n’exagère
pas en disant que la mort du pape Jean-Paul
II est une grande perte pour l’Eglise catholique
en général, mais aussi et en particulier, pour
les relations entre chrétiens et musulmans.
Il ne sera possible de compenser cette perte
qu’en marchant sur ses traces et en continuant
sur la voie qu’il a indiquée, avec foi et courage,
lors de la rencontre d’Assise en 1986 ; Assise
où reposent les reliques de saint François,
le pionnier du dialogue islamo-chrétien chez
les catholiques ».
C’étaient la foi ancrée en
Dieu et la confiance en l’humanité qui avaient
poussé le feu pape Jean-Paul II à s’engager
dans le dialogue. Prenant pour fondement la
Déclaration Nostra oetate du Concile Vatican
II, dont nous célébrons cette année le quarantième
anniversaire, il a constamment cherché à s’adresser
aux frères et sœurs de toutes les religions,
avec respect et désir de collaboration. Alors
qu’il recevait les représentants des autres
religions présents à la célébration d’inauguration
de son pontificat, Sa Sainteté le pape Benoît
XVI, suivant l’enseignement du Concile Vatican
II et le chemin indiqué par Jean-Paul II, a
déclaré : « Je suis particulièrement reconnaissant
de la présence parmi nous de membres de la communauté
musulmane, et j’exprime ma satisfaction pour
le développement du dialogue entre musulmans
et chrétiens, tant au niveau local qu’international.
Je vous assure que l’Eglise désire continuer
à construire des ponts d’amitié avec les fidèles
de toutes les religions, dans le but de rechercher
le bien authentique de chaque personne et de
la société dans son ensemble ». Le pape, rappelant
ensuite les conflits, la violence et les guerres
de notre époque, a souligné le devoir, pour
chacun d’entre nous, particulièrement pour ceux
qui appartiennent à une tradition religieuse,
de travailler pour la paix. Il a dit : « Nos
efforts pour nous rencontrer et promouvoir le
dialogue constituent une précieuse contribution
à construire la paix sur des fondements solides
». Le pape Benoît XVI a conclu : « C’est pourquoi
il est impératif de s’engager dans un dialogue
authentique et sincère, construit sur le respect
de la dignité de chaque personne humaine, créée,
comme nous chrétiens le croyons fermement, à
l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn
1, 26-27) ».
Encouragés par les paroles
du pape, efforçons-nous de construire de bons
rapports avec les fidèles des différentes religions,
de promouvoir le dialogue culturel et d’œuvrer
ensemble pour plus de justice et pour une paix
durable. Chrétiens et musulmans, montrons qu’il
est possible de vivre ensemble dans la fraternité
véritable, en nous forçant toujours d’être les
instruments de la volonté de Dieu Miséricordieux,
qui a créé l’humanité pour qu’elle ne soit qu’une
seule et même famille.